Commémoration du 16 février 2015 : Christopher Ngoy à Makala avec un dossier vide

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A l’occasion de la commémoration de la « Journée des massacres des chrétiens qui manifestaient pour réclamer la démocratie dans leur pays », lesquels s’étaient produits  en date du 16 février 1992, les représentants d’environ 116 Organisations Non-Gouvernementales des Droits de l’Homme (ONGDH) se sont rendus à la Prison centrale de Makala de Selembao) dans la commune pour rendre visite à plusieurs détenus d’opinions, parmi lesquels figure leur collègue Christopher Ngoy Mutamba. Ce dernier venait d’y être transféré le 12 février 2015 – alors qu’arrêté le 21 janvier 2015, il  venait de passer environ 22 jours dans les geôles des services de sécurité – et d’autres responsables politiques.

Dans leurs efforts, pendant 20 jours, pour connaître le lieu de sa détention qui demeurait jusque là secret, ces responsables ont été reçus en date du 10 février 2015, par le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité auquel ils ont expliqué le caractère arbitraire de la détention en secret de leur collègue. Leur hôte du jour leur a assuré sa prédisposition à établir un partenariat responsable avec les ongdh dans la perspective de l’humanisation des services de sécurité vis-à-vis des citoyens. Il a insisté particulièrement, selon les ongdh, sur le fait qu’il ne peut ni encourager l’anarchie, ni tolérer un Etat policier.
A ce sujet, les responsables des ongdh telles que la VSV, l’Asadho, l’Acaj, l’AETA, l’ANMDH, la L.E., des Toges Noires, du Cenadep, de l’OCDH ou encore de la NSCC ont affirmé dans un communiqué remis à la presse le même jour qu’elles saluent l’esprit d’ouverture du Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et de la Sécurité constaté lors de l’audience leur accordée et adhère à la perspective d’humanisation des services de sécurité qu’il entend imprégner à son ministère. En outre, le communiqué souligne que c’est en tenant compte de cette prédisposition positive de leur hôte qu’ils ont, au cours de leur rencontre au siège de la VSV en date du 12 février 2015, décidé de poursuivre les discussions avec lui et de postposer la marche programmée pour le lundi 16 février 2016 à une date ultérieure, afin de donner une chance aux échanges constructifs pouvant déboucher sur la libération de leur
collègue.
En examinant toutefois le dossier judiciaire de leur collègue remis entre les mains du Parquet général de Kinshasa/Matete, ils ont constaté qu’il est vraiment vide. Ainsi ils ne cessent de dénoncer son arrestation arbitraire et sa détention illégale. Ils rejettent en bloc toutes les accusations arbitraires avancées par la Police pour justifier cette arrestation. En outre, le communiqué signale que ses avocats n’ont pas eu accès aux éléments du dossier pour examiner avec la Cour s’il existe des indices sérieux de culpabilité pouvant justifier sa détention à la prison de Makala. Le Ministère public n’a pas non plus présenté ces indices. Cela conforte les ongdh à penser que ce dossier demeure vide même au niveau du Parquet. Malgré ce fait, elles regrettent que les juges aient décidé tout de même de confirmer la détention de Christopher Mutamba à Makala ; un comportement qu’elles estiment faire craindre une parodie de
justice sur fond d’une criminalisation des défenseurs des droits humains et opposants politiques pour faire taire toute opinion contraire à celle du pouvoir en place.
RSK