Comité de politique monétaire : l’inflation est sous contrôle !

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Le dernier trimestre de chaque année a toujours été caractérisé par des tensions inflationnistes sur les marchés des biens et services. Ces tensions susceptibles d’entraîner un dépassement de l’objectif d’inflation, ont retenu toute l’attention des membres du Comité de politique monétaire qui se sont  réunis hier après-midi à la Banque centrale du Congo, dans le cadre de la 10 ème réunion ordinaire. Sous la direction de son vice-président, le directeur général Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, chargé de la politique monétaire et des opérations bancaires, le comité de politique monétaire élargi a noté que sur ce segment du marché des biens et services, le rythme hebdomadaire de formation des prix s’est stabilisé autour de 0,24 % au cours de quatre dernières semaines, dégageant des taux d’inflation mensuel de 0,6 % et en cumul annuel de 6,41 %. On en déduit que la prolongation de cette tendance situerait le taux d’inflation à 8 % à fin décembre contre un objectif annuel révisé de 9,9 %. 

            Lors de l’examen de la situation macro-économique, une certaine stabilité a par ailleurs,été constatée sur les principaux marchés, après de légères perturbations observées vers la fin du mois de septembre.

            Mais en tout état de cause, l’analyse de toutes ces tendances inflationnistes n’entraîne pas des inquiétudes. A ce sujet, le directeur général en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires se veut rassurant : « l’inflation est sous contrôle ». Il a fait observer à ce sujet que le cycle des tensions inflationnistes est pris en compte dans les projections faites par cette structure-conseil du gouvernement.

Si le premier trimestre a été caractérisé par des crises, a laissé entendre Kayembe wa Kayembe, le second trimestre a cédé la place à une certaine stabilité, tandis que le troisième trimestre est marqué par de petites pressions dues aux facteurs endogènes et exogènes.

            Face à cette saisonnalité des tendances inflationnistes, les membres du Comité de politique monétaire élargi se disent prudents. Nous dirons mieux vigilants par rapport au caractère imprévisible de certaines crises qui ne viennent pas de l’intérieur, mais souvent de l’extérieur.

            Sur le marché des changes, le comité de politique monétaire a enregistré de légères fluctuations des taux de change avec des dépréciations inférieures à 0,2 % sur les trois segments des marchés. Par ailleurs, le marché de change est demeuré globalement offreur de septembre à octobre.

Autre motif de satisfaction : la marge de positivité du taux directeur est restée stable, autour de 14 points au cours de 11 dernières semaines. Par contre, le taux moyen pondéré réel des billets de trésorerie a poursuivi sa progression à la faveur d’une hausse du taux nominal. C’est ce qui a fait dire à Jean-Louis Kayembe wa Kayembe qu’à la date du 20 octobre, le taux moyen pondéré réel des billets de trésorerie s’est établi à 11 points contre respectivement 1,9 et 9,2 points au 22 septembre 2010 et au 6 octobre.

            Sur le marché monétaire, il a fait remarquer qu’une ponction de 99,3 milliards de FC a été réalisée par les instruments de la politique monétaire, dont 57,3 milliards de FC via les BTR, 34,2 milliards de FC par la réserve obligatoire et 7,8 milliards par le biais des recouvrements des refinancements.

            Le Comité de politique monétaire a examiné l’évolution de la situation monétaire par rapport aux objectifs révisés du Programme économique du gouvernement. Sa satisfaction a été justifiée par le fait que le comportement de principaux repères quantitatifs, est conforme aux orientations du PEG, notamment le taux d’inflation, la base monétaire et la masse monétaire.

            Recommandations du CPM au gouvernement : l’exécutif doit poursuivre des politiques prudentes et coordonnées sur les plans budgétaire, monétaire et de change, en vue de préserver la stabilité observée sur les principaux marchés.

            En ce qui concerne la politique monétaire, le taux directeur et le coefficient de la réserve obligatoire sont maintenus respectivement à 22 % et 7 %, se sont réjouis les membres du CPM, avant de préconiser que la régulation de la liquidité se fasse essentiellement par les appels d’offres des billets de trésorerie, tandis que dans le cadre de la politique de change, les achats de devises ne pourraient être envisagés qu’en cas de risque de non réalisation du critère du PEG II relatif aux avoirs extérieurs nets.

                                                                                             J.R.T.

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