Colonel Mutanzini : « Le droit de cuissage date du Moyen Age… »

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L’atelier sur les violences sexuelles et celles associées au VIH Sida  organisé par  «C Change» du 16 au 20 septembre 2013   à Mont Ngafula à l’intention des journalistes kinois a pris fin le week end passé.   La ministre du Genre  s’est fait représenter à l’hôtel En Vrac par Esther Kamuanya. Dans son mot de clôture, elle a demandé aux journalistes  de mettre en pratique les connaissances apprises tout au long de l’atelier. Elle les a invités à se documenter auprès du ministère du Genre.   Les participants ont été gratifiés des brevets de participation.

La Communication pour le changement social et comportemental « CCSC » et le    « Rôle des médias dans la lutte contre l’impunité des violences sexuelles », développés respectivement par Kasai Mado formatrice à «C Change» et le 1er Avocat Général à la Haute Cour Militaire « HCM »    ont également attiré l’attention des participants.

 Pour Kasai Mado , la  CCSC examine le rôle que la communication peut jouer dans le changement social. Elle repose sur trois piliers : le plaidoyer, la mobilisation sociale et la communication pour le changement comportemental.

Et comprend les étapes suivantes : comprendre le concept, définir et concevoir la stratégie de communication, créer des interventions et du matériel pour le changement……

Un travail fouillé

 Le colonel Toussaint   Mutanzini a développé les points suivants :  racines sociologiques des « Vs » ou violences sexuelles, aperçu de ces agressions dans quelques coutumes congolaises…..

D’entrée de jeu, il  a fait état  de la pérennité des violences sexuelles dans le temps et l’espace.

         «Le droit de cuissage «date du Moyen Age. Le vocable « femmes de confort »  était une invention de la hiérarchie militaire japonaise dans les années 1940 et 1945. Elle  consistait à « importer » des Chinoises et des Coréennes  pour permettre aux soldats japonais  de satisfaire leurs appétits sexuels. La presse  a  fait écho de  l’affaire DSK- Nafissatou Diallo. Il y a le phénomène récurrent des « cotes sexuellement transmissibles »…, a-t-il déclaré.

La femme joue un rôle subalterne dans la société dès le bas-âge. Elle est considérée par certains hommes  comme un objet de plaisir ou une main-d’œuvre bon marché.

Quant aux  agressions sexuelles basées sur le genre, il a épinglé :   les violences verbales (proverbes méprisants), domestiques (sévices corporels, viols conjugaux, accouchements rapprochés…) et institutionnelles ( incapacité juridique de la femme mariée…), les supplices des veuves, ( expropriation, sororat, ….)

Tableau peu flatteur

Aucun coin du pays n’est épargné par des pratiques rétrogrades, a-t-il indiqué.  Et d’égrener les cas suivants

–        Le viol incestueux  chez les Basanga et

–        L’offrande des jeunes vierges  au Mwat Yav au  Katanga

–        Le mariage forcé de la veuve au Kasai.

–        Le « kitswil » chez les Yansi au Bandundu

–        Le « ekipemelo » et le « nkokisa »  chez les Bowa ( Province Orientale

– Le « matabisi » chez les Mongo ( Equateur)

– Le «sapengbania» chez les Zande (Province Orientale)

– Le «kikumbi» dans le Bas- Congo.

Cette énumération n’est pas limitative

Photos à l’appui, il  a expliqué des cas des femmes qui ont eu à subir des  agressions sexuelles  qui ont occasionné des prolapsus utérins, des fistules vésico-génitales. Les violences sexuelles perpétrées avec brutalité  provoquent parfois l’incontinence des selles et des urines chez les femmes.

Abordant le chapitre de la criminalisation des Vs, il a épinglé la loi numéro  06/ 018 du 20 juillet 2006; la loi numéro 06/ 019 du 20 juillet 2006; le Statut de Rome de la CPI (génocide,  crimes de guerre et contre  l’humanité…..)

   L’excision du clitoris interdite par la loi est passible de  de 2 à 5 ans de SPP, le « kitswil », le « nkokisa », le « sapengbania de 1 à 12 ans de SPP……

         Il   a relevé  quelques disfonctionnements au niveau de la justice, à savoir l’évasion des personnes condamnées, la complaisance dans l’octroi de la liberté provisoire et de la libération conditionnelle aux personnes reconnues coupables des Vs.

Il a fait savoir que la   presse est appelée à vulgariser les textes des lois en la matière,  sensibiliser les populations sur les conséquences des Vs  et les pratiques surannées. Elle doit faire le monitoring  sur les Vs……

Jean-Pierre Nkutu 

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