Colloque sur les originaires et non originaires de la RDC : l’identité nationale au cœur du débat

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  Les facultés des Sciences sociales de l’Université de Kinshasa et de
l’Université Catholique du Congo organisent conjointement, depuis hier
mardi 11 juin 2013, un colloque  sous le thème « la problématique des
originaires et des non originaires en République Démocratique du Congo
». Cette rencontre de deux jours se tient à l’hôtel Sultani, à
Kinshasa/Gombe.
Dans son mot d’ouverture, le ministre de l’Enseignement Supérieur,
Universitaire et Recherche Scientifique, a esquissé les grandes lignes
de la théorie de l’identité dans le contexte politique de notre pays.
Il a noté que la RDC se trouve dans la phase de recherche de la bonne
gouvernance. Ce processus implique la lutte contre les antivaleurs.
A son avis, il faudrait  évoquer replacer les notions de l’unité et
de la cohésion nationale dans la droite ligne de l’hymne national et
le discours de Patrice Emery Lumumba tenu le 30 juin 1960j jour de
l’indépendance. Les phrases choisies sont celles qui évoquent l’unité,
la cohésion, l’amour et s’opposent à la division symbolisée par le
tribalisme, le régionalisme.
La quintessence de la question liée à l’identité des Congolais était
donnée par le professeur Elikya Mbokolo. Au cours de sa conférence
magistrale, il a revité les grands moments de l’histoire du Congo.
Actuellement, la différence entre « originaires » et « non originaires
» d’un territoire pose problème, a-t-il indiqué. L’histoire et notre
culture sociale peuvent nous démontrer que la question connait une
mauvaise articulation entre l’Etat colonial et post-colonial d’une
part et le sentiment  identitaire des communautés locales en quête
d’une certaine sécurité d’autre part.
Il faudrait noter que la question de l’identité est à la fois
individuelle, plurielle et situationnelle. Ce concept
multidimensionnel est des fois  contradictoire. Il fait appel à la
notion d’inclusion pour ceux qui ont une même identité (par exemple
les luba)…. celle de l’exclusion pour ceux qui ne partagent pas la
même identité, les mêmes origines (les luba du Kasaï-Oriental et ceux
du Kasaï-Occidental).
Ce colloque a pour objectif principal de pousser les scientifiques
chargés de l’analyse et traitement des telles questions à réfléchir
sur cette problématique ayant plusieurs volets. La première phase est
celle de la réflexion académique de Kinshasa. Car, l’on constate que
la question de l’identité au Congo s’est traduite en critère pour
définir l’ordre des priorités  dans la distribution de tout avantage
social, économique et politique. Or, cette manière de faire les choses
entraîne les Congolais dans une logique sociale suicidaire.
Les organisateurs envisagent d’élargir le champ en organisant
prochainement ce même colloque dans les provinces. Puisque la
problématique des originaires et non originaires en R.D.Congo est une
réflexion qui ne peut pas être purement académique mais qui s’inscrit
dans la tâche d’un intellectuel engagé à servir son pays et à
éradiquer les antivaleurs. Pour les organisateurs, ce colloque doit
plus toucher aux problèmes socio-politiques qui se trouvent à la base
de discours d’exclusion, alors que ces problèmes sont parfois réels
mais exigent une autre solution que celle des violences et
d’exclusion.
Dorcas NSOMUE

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