Cohésion nationale : le Katanga, mauvais élève de la classe

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Un des objectifs poursuivis par l’organisation des Concertations nationales (07 septembre-05 octobre 2013) était de booster la cohésion nationale. Alors que dans plusieurs provinces de la République, des efforts sont amorcés dans ce sens par des leaders politiques et d’opinion, c’est un son de cloche discordant qui provient du Katanga. En effet, dans cette province, l’heure est aux coups bas entre acteurs politiques, qui se recrutent paradoxalement au sein de la Majorité présidentielle, entendez la famille politique du Chef de l’Etat.

La cohésion provinciale faisant gravement défaut, l’on se demande comment cette province pourrait prétendre participer à la construction de la cohésion nationale. Les observateurs notent que des personnalités qui sont en campagne électorale permanente, avec les moyens de l’Etat, cherchent à faire le vide au Katanga, en prévision des échéances électorales de 2016. Depuis un certain temps, elles vouent aux gémonies leurs frères et sœurs katangais qu’elles accusent de nourrir des ambitions pour la Primature, considérée comme la porte ouverte sur la magistrature suprême dans deux ans.

Pourtant, le projet de mise en place d’un gouvernement de cohésion nationale, à piloter par l’actuel Premier ministre en fonction ou un autre, selon le pouvoir discrétionnaire du Président de la République, Joseph Kabila, découle d’une résolution des Concertations nationales. Jusqu’à preuve du contraire, la majorité lui reste acquise à l’Assemblée Nationale. Par conséquent, l’entérinement de la candidature de l’oiseau rare de son choix ou la reconduction de Matata ne devrait poser aucun problème. De même, les grandes lignes du chronogramme politique à exécuter par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) ont été définies par le même forum.

Aussi, est-on étonné de voir des personnalités aussi pondérées que Baudouin Banza Mukalay et Jean-Claude Masangu être diabolisées à longueur de journée par certains de leurs frères Katangais au motif qu’elles entretiendraient des agendas cachés pour 2016.  Le faux débat engagé autour de la Primature et des élections de 2016 cacherait, en réalité, la peur de voir ce deux poids lourds de la scène politique et intellectuelle katangaise faire une démonstration de force au rendez-vous électoral de 2016.

On rappelle que depuis 30 ans, Baudouin Banza Mukalay a scellé un mariage de cœur et de raison avec l’électorat katangais. Même à l’époque du MPR, Parti-Etat, il ne comptait que des amis dans tous les camps politiques. A ce titre, il représente une carte gagnante pour la Majorité présidentielle au Katanga. Quant à Jean-Claude Masangu, dont l’étoile brille d’un éclat particulier après un long et fructueux mandat à la Banque Centrale du Congo sanctionné par une honorable retraite, il pourrait lui aussi peser lourd dans les urnes, au cas où il serait tenté par un mandat électif, pour le compte de la famille politique du Chef de l’Etat.

Au lieu de s’agiter autour de ces deux fils du Katanga capables d’apporter des dividendes politiques sûrs à la Majorité présidentielle aux élections locales, municipales, provinciales, sénatoriales et autres, leurs ennemis politiques devraient abattre leurs cartes et clarifier leurs ambitions politiques.

A l’allure où la tension monte au Katanga, il y a lieu d’en appeler à un rappel à l’ordre, par l’autorité morale, de tous ceux qui fondent leur marketing politique sur la diabolisation des autres. Car, sans un recadrage rapide des troupes, le manque de cohésion provinciale risque d’être exporté à Kinshasa et de fragiliser son combat politique.                       Kimp

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