La coalition des ONG relève des entraves à l’exécution des engagements

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Le processus de mise en œuvre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba signé le 24 février 2013, par plusieurs parties prenantes dont les gouvernements congolais, rwandais, et ougandais, les rebelles du M 23, la Monusco, l’Union africaine, la CIRGL, la CEPGL et autres témoins de l’événement, a de nouveau été passé au peigne fin, par la coalition des ONG de la société civile, membres du groupe de travail pour le suivi et évaluation.

Dans leur souci de contribuer au retour de la paix, les experts de cette coalition ont décortiqué les engagements souscrits par tous les signataires et relevé le niveau de leur exécution depuis plus de 18 mois. D’une part, ils ont reconnu quelques avancées enregistrées jusqu’ici, avant d’écumer les entraves majeures qui bloquent la mise en accord de cet Accord-cadre et retardent la restauration de la paix et de la sécurité à l’Est de la RDC.

Au cours de leur point de presse organisé hier mercredi 17 septembre 2014, au siège de la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme, les ténors des ONG membres de ce groupe de travail de la société civile, ont dévoilé les résultats de leurs cogitations et terminé leur second rapport d’évaluation par une série des recommandations. Ce rapport d’évaluation à mi-parcours suffisamment argumenté, mais très critique, a été lu par Emmanuel Kabengele, coordonnateur national du Réseau de réforme du secteur de sécurité et justice.

Faisant lecture de ce rapport, Emmanuel Kabengele a d’abord mis en exergue les limites de la «  liturgie de la parole » au nom de laquelle philosophie les actes ne suivent pas, alors que le respect des engagements passe par leur exécution.

Tout en notant quelques avancées, il relève que ces efforts peuvent être qualifiés de concrets et susceptibles de susciter des espoirs. Quant à l’analyse du degré de mise en œuvre des engagements, les rédacteurs de ce rapport font savoir qu’il y a encore un long chemin à parcourir. Sur six principaux engagements pris par le gouvernement congolais, ils constatent que quatre connaissent un début de réalisation, tandis que deux demeurent de simples prévisions dans la feuille de route du Mécanisme national de suivi.

S’agissant du premier engagement relatif à la réforme du secteur de sécurité, Emmanuel Kabengele s’est félicité pour les étapes franchies dans le processus de réforme de la Police nationale congolaise. Il a déploré les pesanteurs qui alourdissent la réforme de l’armée, caractérisées par la faible quote-part financière du gouvernement qui, à son avis, soulève des inquiétudes quant à la volonté politique réelle de voir cette réforme aboutir.

Les parties prenantes

placées devant leurs

responsabilités

            Au sujet du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion des groupes armés nationaux et étrangers encore actifs dans la partie orientale, les membres de la coalition des ONG notent des contradictions dans l’approche à gérer ce dossier, notamment entre la Monusco et le gouvernement congolais. Emmanuel Kabengele a relevé la multiplication des ultimatums lancés contre les FDLR, alors qu’elles continuent à jour un rôle nocif à l’Est de la RDC.

            La réforme de la justice marche à pas de tortue.  A titre exemplatif, il a cité le cas de la Cour constitutionnelle non encore installée, alors que ses neuf membres ont été nommés par le président de la république depuis deux mois. La Cour de cassation et le Conseil d’Etat se retrouvent dans une situation presque analogue. Et la Cour suprême de justice continue à exercer les attributions de ces trois juridictions, en dépit des limites techniques et logistiques qu’elle manifeste et sans être en mesure de satisfaire aux attentes de la population.

            Les organisations membres du groupe de travail ont documenté des cas de kidnapping récurrents dans plusieurs localités et villes de l’Est du pays, notamment à Butembo et Beni, province du Nord-Kivu, des attaques contre les populations civiles, des caches d’armes et l’activisme des groupes armés, sans oublier les affrontements entre le 18 et le 24 août 2014, ayant opposé les Fardc et une coalition Séléka – Mbororo – LRA, ainsi que le siège de la localité d’Akaswahili, dans le Bas-Uelé par les éléments de l’Armée de résistance du seigneur LRA/ARS de Joseph Koni.

            Pour ce qui est de la décentralisation, le troisième engagement, beaucoup reste à faire, afin de permettre à la province de jouer son rôle d’autorité tutélaire des entités territoriales décentralisées. Ce qui devait permettre d’apporter des correctifs aux expériences administratives antérieures.

            Pour parvenir à l’instauration d’un climat apaisé, condition essentielle pour la tenue ou la poursuite du cycle électoral 2013 – 2016, le groupe de travail de la société civile réitère son appel au représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, de mettre en œuvre le mandat lui confié aux termes de la résolution 2098 du Conseil de sécurité, celui d’assurer les bons offices pour la tenue d’un dialogue ouvert à toutes les parties prenantes en RDC.

            Ce second rapport s’est achevé par une série des recommandations, notamment au niveau des Etats de la région, à la communauté internationale, au gouvernement congolais, à la CIRGL, à la SADC et aux principaux partenaires internationaux, ainsi qu’aux envoyés spéciaux.

            Signalons qu’au laboratoire des ONG de la société civile avaient œuvré le RRSSJ, Renadhoc, NSCC, CEGO, LE, ACIDH, ACAJ, VSV, Sofepadi, Osisa, National endowment for democracy, Eastern Congo initiative et la coordination de la société civile du Nord-Kivu.

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