CNDP : le «Plan B» !

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Après avoir longtemps achoppé sur les concepts de « brassage » et « mixage » sous le Régime 1+4 (2003 – 2006), la réforme de l’armée congolaise est de nouveau mise à mal par celui de l’ « intégration ». Formule imaginée et négociée au début de l’année 2009, dans la foulée des accords de cessez-le-feu entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo et un conglomérat de bandes rebelles dont celle du CNDP (Conseil National pour la Défense du Peuple), elle est en train de montrer ses limites une année après sa mise en application. 

            En effet, l’euphorie suscitée par l’acceptation par les officiers et hommes de troupes de cet ex mouvement rebelle, après le limogeage de leur ancien homme fort, le général Laurent Nkundabatware, d’être placés sous le commandement de l’Etat-major général des FARDC, est en train de céder le pas au doute.

 Au fil du temps, le général Bosco Ntanganda et ses soldats donnent la nette impression de se positionner comme une armée indépendante de l’armée nationale, avec pour base opérationnelle le Nord-Kivu.

            Car, depuis leur prétendue intégration au sein des troupes régulières, officiers et militaires issus du CNDP n’ont jamais bougé de cette province qu’ils occupent depuis l’époque de la belligérance, sous le label du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie). Il y a à se demander si l’on a affaire aux soldats des FARDC ou à ceux du Nord-Kivu. On se souvient que ce sont les mêmes compatriotes en uniforme qui, entre 2003 et 2006, avaient dit niet à toute opération de « brassage », obtenant du pouvoir à cinq têtes du gouvernement de transition la faveur d’être « mixés » au Nord-Kivu et après le soi-disant « mixage » ne pas être affectés ou mutés en dehors de cette province.

Le scénario actuel, avec le refus de mêmes officiers et militaires d’être déplacés du Nord-Kivu, fait penser à l’existence d’un « Plan B » du CNDP. Cet agenda caché ne peut qu’être lourd de menaces pour l’avenir de la paix non seulement dans cette partie de la République mais aussi pour l’ensemble du pays. 

La patrie en danger 

            Bosco Ntanganda et ses hommes sont présents dans tous les rouages des FARDC au Nord-Kivu. Bien dotés en armes et munitions, opérant plus sous leur ancien commandement que celui de la 8me Région Militaire, installés dans des territoires qu’ils connaissent comme le font de leurs poches, on les dit capables de déclencher une nouvelle rébellion et de faire très mal à l’armée régulière. Dans le dispositif sécuritaire actuel du Nord-Kivu, ils sont capables de frapper n’importe où et à tout moment. Leur refus catégorique d’obtempérer à la décision de la hiérarchie militaire leur enjoignant de rejoindre, chacun, son nouveau lieu d’affectation en dehors du Nord-Kivu, est révélateur d’un état d’esprit tourné vers l’insoumission.

En principe, tous ces officiers et soldats indisciplinés auraient dû déjà être placés à la disposition de la justice militaire. On sait que le ministre de la Défense et le Chef d’Etat-major général des FARDC menacent de prendre des sanctions contre ces brebis galeuses. Reste à savoir si le CNDP fait attention à ce qui se dit à Kinshasa.

La patrie est sérieusement en danger avec ce « cheval de Troie » que l’armée nationale est en train de transporter dans ses bagages depuis janvier-février 2010. La Monusco a déclaré, mercredi dernier lors de son point de presse hebdomadaire, prendre très au sérieux les menaces du CNDP de dénoncer les accords signés avec Kinshasa, au motif que le gouvernement congolais ne respecterait pas ses engagements. Tout peut donc désormais arriver à partir du Nord-Kivu, notamment une nouvelle guerre de « libération » ou « agression ».

Les Congolais veulent savoir…

            Le ministre congolais de la Communication et des Médias, Lambert Mende, a déclaré récemment que l’heure n’était plus au chantage, mais au respect de la Constitution et des lois de la République. Le même membre du gouvernement avait fait savoir, il y a peu, que le partage des responsabilités et postes concernait la branche politique et non pas militaire du CNDP.

            Mais, à considérer l’insistance des responsables du CNDP, civils comme militaires, sur la mauvaise foi de Kinshasa dans l’application de leur « deal agreement », les Congolais aimeraient savoir si, en dehors de ce qui leur est présenté sur un « Ecran géant », notamment la reddition sans condition des troupes du CNDP et le ralliement de ses responsables politiques aux institutions de la République, il n’y aurait pas des choses cachées derrière les rideaux. On serait fort curieux de connaître les « segments » non exécutés des « engagements » pris de commun accord et dont ne cesse de se plaindre cet ex-mouvement rebelle. On aimerait connaître les mobiles réels du cantonnement des officiers et soldats de Bosco Ntanganda au Nord-Kivu.

            Tant que ce dossier ne serait pas clarifié, les Congolaises et les Congolais auraient toutes les raisons de ne plus dormir tranquille et de craindre pour l’avenir de l’unité, de la paix et du développement de leur pays. La psychose de la naissance d’une nouvelle républiquette qui ne dit pas son nom est là.

                                                                                  Kimp.

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