Clôture du Forum économique international de Kinshasa : corruption, ennemie n°1

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La crème scientifique réunie dans la capitale congolaise pendant deux
jours de cogitations et de profonde réflexion, à l’occasion du Forum
économique international de Kinshasa, a dressé vendredi 7 juin 2013,
au Grand hôtel Kinshasa, à l’issue de ses travaux, son diagnostic de
la situation économique de la RDC, identifié quelques maux majeurs qui
rongent dangereusement le pays, et délivré une panoplie de
recommandations au gouvernement. Parmi les problèmes majeurs qui
entravent la bonne marche du pays, et doivent désormais préoccuper
l’exécutif au plus haut chef, tous les intervenants relèvent la
mauvaise gouvernance, la corruption, le mauvais ciblage des priorités,
la dilapidation des ressources financières publiques et l’impunité.
C’est cela la fiche « médicale » du grand malade qu’il faut vite
interner en urgence et soigner en priorité.
Le Premier ministre qui a su apprécier la qualité des réflexions
constructives et pragmatiques menées, mais aussi celle des
intervenants venus de divers horizons, s’est dit satisfait des
solutions innovantes proposées aux défis du développement exceptionnel
de notre pays. Il s’est alors félicité de l’expertise professionnelle
de haut niveau mise à contribution au forum de Kinshasa, pour élever
la productivité, accroître la richesse de façon exponentielle pour le
bien-être de la population longtemps meurtrie par les affres de
guerres et la mauvaise gouvernance.

Répondre aux besoins cruciaux de nos populations longtemps meurtries.
Soucieux de répondre alors aux besoins cruciaux de nos populations
las d’attendre des miracles, Augustin Matata Ponyo s’est résolument
engagé à mettre en œuvre des réformes préconisées par les
participants, en priorité, celles liées à la gouvernance, ensuite, en
poursuivant les réformes de première génération destinées à pérenniser
la consolidation de la stabilité du cadre macro-économique. Et enfin,
le gouvernement va accélérer les réformes de seconde génération, pour,
a-t-il dit, faire profiter à la population, les bénéfices de la
croissance économique par une meilleure gouvernance.
Le Premier ministre qui croit savoir que l’idée principale de ce
forum se résume en l’utilisation des ressources naturelles comme une
plateforme de développement et non, comme une source de rente, entend
la matérialiser, en mettant en place une autorité intersectorielle de
haut niveau qui coordonnera les négociations et s’assurera que la
gestion des ressources naturelles s’aligne et serve notre prospective
économique à long terme et notre vision d’un Congo émergent en 2030.
Afin de pérenniser le travail de fond abattu durant ces deux jours, il
préconise aussi de mettre en place une structure de suivi-évaluation
dont la composition sera décidée par le comité organisateur du forum
qui devra lui faire de propositions concrètes de la création d’un «
Think tank », chargé de mener la réflexion sur les choix économiques
actuels et futurs qui représentera le vivier pouvant permettre aux
Congolais de participer au débat sur les politiques publiques. Selon
lui, ce «  Think tank » pourrait servir notamment de courroie de
transmission entre les attentes du gouvernement et les recommandations
de ce forum. Augustin Matata en a profité pour annoncer l’organisation
prochaine de la deuxième édition du Forum économique international de
Kinshasa, prévue les 8 et 9 mai 2014. Le thème sera communiqué au mois
de juillet 2013, pour permettre aux personnes intéressées de se
préparer, afin de contribuer de façon efficace et productive pour
notre pays, la RDC.
Pour terminer, le Premier ministre a remercié le directeur des
opérations de la Banque mondiale et toute son équipe, pour
l’accompagnement dans tout le processus d’organisation de cette
conférence, ainsi que pour sa participation au cofinancement de cette
conférence.

Plus de perspicacité et de vigilance dans la signature des contrats miniers
Auparavant, le rapporteur général, le professeur Tagoma a donné la
quintessence des travaux de cette conférence et les recommandations
formulées au gouvernement congolais, par les participants, qui pour la
plupart ont retenu l’attention particulière du chef de l’exécutif.
S’agissant de gouvernance et de la macro-économie, les participants
recommandent la nécessité de consolider et ajuster l’Accord de Sun
City, afin de rencontrer le contrat social et l’équilibre politique
formalisé dans la Constitution de 2006. Intensifier les mesures de
redevabilité et de transparence telles que l’initiative pour la
transparence des industries extractives et aller au-delà de la
réconciliation pour aborder la question de l’utilisation des revenus.
Renforcer les capacités pour des négociations efficientes et efficaces
des contrats miniers avec les sociétés privées. Une assistance
technique des partenaires au développement dans la préparation des
contrats est envisagée. Développer un programme de réhabilitation des
infrastructures basé sur des critères objectifs et utiliser des
procédures compétitives et transparentes dans la mise en œuvre de ce
programme. Construire des parcs industriels sur les pools de
croissance en vue de créer une dynamique économique interne de sorte à
hisser le pays sur la voie de l’émergence et du développement durable.
Lutter et réduire le pouvoir des positions rentières qui sont à la
source de l’évasion et de la fraude fiscale.

Renforcer la capacité de l’Etat à mieux identifier le niveau des rentes minières

Au sujet de la sécurisation des recettes issues des ressources
naturelles, les conférenciers préconisent au gouvernement
d’intensifier la recherche géologique, afin d’améliorer les
connaissances sur les réserves du pays en ressources naturelles.
Prendre en compte l’évolution de la technologie dans les prospectives
des ressources naturelles et dans le processus de la découverte.
Utiliser la concurrence structurée ( appel d’offres, vente aux
enchères comme règles de base) pour bien sélectionner les entreprises
et connaître les règles ( code minier) en avance, c’est-à-dire avant
toute négociation. Accroître la capacité de négociations de l’Etat
dans les contrats miniers, pétroliers, forestiers… Promouvoir une
gestion des recettes publiques tenant compte des générations futures (
épargner assez des ressources pour des générations futures). Assurer
une coordination efficiente entre les règles, les institutions et les
citoyens, afin de susciter, entretenir et accélérer la croissance.
Aux questions de la gestion des ressources naturelles et de
l’éradication de la pauvreté, le Forum économique international de
Kinshasa a également recommandé au gouvernement.

 

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