Climat des affaires : les suggestions de l’Anapi

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Le premier cinquantenaire de l’indépendance de la RDC a vécu. Plusieurs pages de l’histoire politique, économique et socio-culturelle du Congo démocratique ont été tournées le 30 juin 2010. C’est l’heure des bilans dans tous les secteurs d’activité. Conscients des enjeux du prochain cinquantenaire, les responsables de principaux services publics se sont imposés un temps d’arrêt, pour jeter un coup d’oeil critique dans le rétroviseur, afin de déceler les faiblesses du passé, analyser les actions du présent, et entrevoir les perspectives d’avenir.

Sur le plan des investissements directs étrangers, quelques pas ont été franchis. En effet, sous l’impulsion de l’Agence nationale pour la promotion des investissements, créée en 2003, et avec la promulgation du code des investissements, l’amélioration du climat des affaires est devenue une priorité. Entre autres réformes introduites dans la législation congolaise, grâce aux plaidoyers de l’Anapi, on peut citer la suppression de quatre formalités de création des entreprises, la suppression du visa de législation, la décentralisation des offices notariaux et la réduction du coût de l’immatriculation au nouveau registre de commerce.  

            De janvier 2003 au 31 décembre 2009, a révélé le D.G de l’Anapi. le professeur Mathias Buabua wa Kayembe au cours du point de presse organisé vendredi 6 août au siège de son institution, a fait savoir que le guichet unique de l’Anapi a participé à la création de 110 entreprises. Quant au volume des investissements agréés dans notre pays, il a indiqué que les 811 dossiers enregistrés par ses services, ont permis aux investisseurs d’injecter plus de 13 milliards de dollars dans l’économie congolaise. Cela représente la création de 115.229 emplois directs et plus de 300.000 emplois indirects. Pour un taux global de réalisation de plus au moins 80 %. Ce sont là des indices de performances qui dévoilent le travail de titan abattu en six ans, par l’Agence nationale pour la promotion des investissements, grâce aux financements lui alloués par des partenaires extérieurs.

            Le nouveau challenge de cet office pour le prochain cinquantenaire, repose sur plusieurs objectifs. En priorité , il s’agit d’attirer vers la RDC, un flux considérable des investissements directs étrangers, susciter une plus grande vocation d’investir dans le chef des entrepreneurs congolais et à court terme, œuvrer davantage pour l’amélioration du climat des affaires, tout en sauvegardant les acquis.

            Si en 2002, la contribution de l’Anapi à l’évolution du PIB national se situait à 3,5 %, après la mise en place de cet instrument de la politique gouvernementale en matière de promotion des investissements, on a enregistré un PIB de 5,8 % en 2003, 6,6 % en 2004 et 6,7 % en 2007. 

Un potentiel énorme qui ne demande qu’à être exploité

            Dressant un état de lieux dans divers secteurs, le responsable numéro un de l’Anapi a déploré l’absence des études de projets dans les infrastructures, l’absence du cadre légal sur le partenariat public-privé, les difficultés d’accès à la terre dans l’immobilier, les problèmes d’obtention de l’autorisation de bâtir, l’absence des cartes géographiques de principales villes de la RDC, et l’absence d’une politique de viabilisation des quartiers.

            Quant au secteur industriel, il a épinglé particulièrement l’inexistence de terrains dédiés aux zonings, l’absence de sources d’approvisionnement en eau potable et en électricité, et la taxation élevée des intrants industriels et biens intermédiaires.

            Il a ensuite mis un accent particulier sur le domaine agricole qui représente 120 millions d’hectares de terres arables dont 4 millions de terres irrigables et contribue à concurrence de 40,3 % du PIB en 2006.

            Face à ces contraintes, l’Anapi préconise entre autres stratégies, améliorer les routes de desserte agricole, réduire les taux d’imposition des intrants et équipements agricoles, renforcer la capacité des agriculteurs, la modernisation de l’agriculture par les nouvelles méthodes d’irrigation et le recours aux machines, et l’agrément des projets porteurs au code des investissements.

Les réserves de la RDC dans le secteur minier représentent un potentiel énorme. A ce sujet, il a fait observer que 34 % des réserves mondiales du coltan, 10 % des réserves mondiales de cuivre, 4.820.060 tonnes de cobalt, 4.055.403 tonnes de zinc,

            140 millions de tonnes de diamants, 20 milliards de tonnes de fer, 22.500.000 tonnes de chrome-nickel et 3.095.458 tonnes d’or. L’avenir de la reconstruction de la RDC dans le secteur minier, comme il faudrait le souligner, repose sur l’application du code minier, la transformation sur place des minerais et le renforcement du mécanisme de certification d’origine.

            Au problème récurrent d’extraversion de l’industrie congolaise de transformation, on envisage de développer les filières de l’industrie minière et métallurgique, celle des matériaux de construction, celle de la fabrication des produits pharmaceutiques et l’alimentaire.

            Toutefois, c’est le secteur de l’habitat qui suscite bien d’espoirs dans notre pays. En effet, ce vaste marché pourrait s’étendre dans tous les grands centres urbains, pour combler le déficit global de logement estimé à 2.400.000 pour la période de 1999 à 2010, soit 240.000 logements à construire pour couvrir les besoins.

Il en est de même du secteur énergétique qui représente un potentiel hydro-électrique évalué à environ 106.000 MW, soit 37 % du potentiel africain, et près de 6 % du potentiel mondial.

            Avec le développement de nouvelles technologies, il y a lieu que soient exploitées d’autres formes d’énergies renouvelables, telles que l’éolienne, le solaire, le biogaz et le biocarburant.

            La même vision vaut aussi pour les NTIC, un secteur en plein essor en RDC, grâce à l’action de l’Anapi. Le taux de pénétration qui se situait à 0,3 %, est passé à 18 % entre 2001 et 2009. Ce secteur, a conclu le DG de l’Anapi, regorge d’énormes opportunités d’investissements en RDC.

            Un regard particulier sur le secteur de l’hôtellerie et du tourisme, montre que qu’il y a des possibilités de développer diverses formes d’industrie touristique. On ne peut que déplorer l’absence du plan de développement du secteur, le délabrement des infrastructures de base et touristiques, l’insécurité dans quelques régions touristiques, les tracasseries administratives, les services précaires et coûteux et la faible affluence des touristes.

            Les challenges pour le prochain cinquantenaire présentent ainsi de nombreux enjeux auxquels doit faire face l’Anapi, il faudrait que suive l’allocation des moyens conséquents pour l’accomplissement de ses missions.

       J.R.T.

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