Climat des affaires : la RDC toujours mal classée

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Après les mauvaises notes lui décernées récemment par Reporters Sans Frontières en matière d’atteinte à la liberté de presse et Transparency International en ce qui concerne le non respect des droits de l’homme, la République Démocratique du Congo se trouve également fort mal classée pour le climat des affaires. Selon le dernier classement mondial concernant le « Doing Business », notre pays occupe le 175me rang mondial sur un total de 183 Etats observés. 

            Le « bulletin scolaire » congolais est truffé de « rouges » dans pratiquement toutes les matières qui entrent dans le climat des affaires : 1) Facilité pour faire des affaires ; 2) Création d’entreprise ; 3) Octroi du permis de construire ; 4) Transfert de propriété ; 5) Obtention des prêts ; 6) Protection des investisseurs ; 7) Paiement des impôts ; 8) Commerce transfrontalier ; 9) Exécution des contrats ; 10) Fermeture d’entreprise. 

Les défis du gouvernement

            Pour les gouvernants comme pour le peuple congolais, ce n’est pas une surprise. Tout le monde sait que le climat des affaires n’est pas bon au pays. Le Chef de l’Etat avait fait ce constat amer l’année dernière devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès et enjoint le gouvernement à s’investir dans des mesures correctives urgentes en vue de son amélioration progressive. De leur côté, la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International ainsi que les bailleurs de fonds regroupés au sein des Clubs de Paris et de Londres en avaient fait un des préalables à l’Atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés).

            L’Exécutif national, il faut l’avouer, s’est effectivement engagé dans la voie du changement, en décidant de simplifier les formalités liées à la  création de société, à la délivrance du registre de commerce et du numéro d’identification nationale, à la mutation des titres de propriété, aux taxes douanières et fiscales, à la protection juridique des opérateurs économiques, à la signature et à l’exécution des contrats, aux marchés publics, à la liquidation des sociétés, à l’autorisation de bâtir, au commerce transfrontalier, etc.

            Les mesures d’allègement des procédures relatives à la promotion des projets des investissements sont là, de même que celles d’accompagnement des affaires déjà existantes. Seulement voilà. Leur application rencontre des embûches multiples sur le terrain, en raison des pesanteurs politiques, sociales et administratives sans nombre qui interfèrent contre la volonté gouvernementale.

            La corruption, la concussion, l’impunité, la recherche du gain facile dans le chef de certains décideurs politiques (ministres, gouverneurs de provinces) et fonctionnaires ainsi que la multiplicité des « services » qui opèrent dans le secteur économique formel ne favorisent nullement l’amélioration du climat des affaires.

L’on parle de tolérance-zéro depuis un temps sans que cela ne fasse reculer les antivaleurs qui bloquent les candidats à l’investissement et découragent les hommes d’affaires présents sur le territoire congolais. La valse des décisions controversées au sujet des contrats, surtout miniers et pétroliers, n’est pas pour améliorer la fiche de cotation de la République Démocratique du Congo dans le cercle fermé du « Doing Business ». 

Gué-guerre Fec- Gouverneurs : un mauvais signal

            Présentement, un bras de fer à l’issue incertaine oppose la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) aux gouverneurs de province. En dépit de la décision du Premier ministre de geler les « Edits illégaux » portant création de nouvelles taxes en provinces, en attendant la fixation de la nomenclature des taxes « nationales et provinciales » conforme au nouvel ordre institutionnel en vigueur depuis février 2006, les exécutifs provinciaux font de la résistance. On assiste pour le moment à une rébellion larvée du pouvoir provincial contre le pouvoir central.

            La persistance d’une parafiscalité asphyxiante pour les affaires en RDC constitue un très mauvais signal vis-à-vis du monde des affaires tant au pays qu’à l’étranger. Les investisseurs expatriés tentés de mordre au discours du gouvernement sur l’amélioration du climat des affaires sont entrés dans un profond doute. 

Un avertissement sans frais

            Le classement mondial sous examen en ce qui concerne les « paradis » économiques et fiscaux d’une part et l’enfer des affaires d’autre part est un avertissement sans frais pour notre pays. Ceux qui nous observent veulent sans doute nous faire savoir que si nous continuons dans la mauvaise voie, nous courons tout droit vers notre perte. C’est l’occasion ou jamais de nous ressaisir et de cesser de faire comme si les Congolais vivaient sur une autre planète, sans lois ni ordre. Les règles du commerce international sont claires. Nos gouvernants n’ont pas d’autre alternative que de les appliquer correctement, comme c’est déjà le cas chez certains de nos voisins, s’ils tiennent vraiment  à la création des richesses, à la reconstruction nationale, à la lutte contre la pauvreté, au développement intégré, au bonheur collectif. Le pays serait-il maudit pour occuper toujours la queue dans ce qui est positif ?

Kimp

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