CKTV se tourne vers le Président de la République

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16 janvier 2015-16 janvier 2016 : cela fait une année depuis que la chaîne privée Canal Kin Télévision(CKTV) a vu son signal coupé par TELECONSULT, société gestionnaire du centre d’émission de Binza, où sont logés les émetteurs de bon nombre de chaînes de télévision. Pour commémorer cet anniversaire douloureux, le staff technique de CKTV, sous la conduite de son Directeur Général, Moïse Musangana, a animé un point de presse hier mardi 19 janvier à Fatima, pour faire l’état des lieux dans ce dossier toujours pendant au niveau des instances compétentes.  Saisissant cette opportunité, Moise Musangana a formulé le vœu de voir les autorités du pays, en particulier le Président de la République, en sa qualité de garant de la Nation, rétablir le signal pour ainsi consolider la démocratie.

Dans son adresse, le patron de CKTV a rappelé que sa chaîne et la Radio Télévision Catholique Elikya (RTCE) étaient fermées le même jour et à la même heure, sous prétexte qu’elles auraient diffusé dans leurs
journaux télévisés du 16 janvier 2015, des propos en rapport avec la loi électorale, invitant la population à investir le Palais du peuple.

Dix jours après, soit le 26 janvier 2015, le ministre intérimaire de la Communication et Médias, en l’occurrence le Vice-premier ministre et ministre des PT-NTIC, Thomas Luhaka, avait transmis le dossier de CKTV-RTCE au président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), pour examen. C’était à la suite des mesures conservatoires prises par les autorités locales sur l’exercice de la liberté de la presse en RDC, afin de préserver l’ordre public.

Sur invitation du CSAC, CKTV et RTCE, représentées par leurs directeurs des informations, avaient comparu le 04 février 2015 par devant le secrétariat d’instruction du CSAC afin de présenter leurs moyens de défense en rapport avec les infractions retenues contre leurs chaînes.

Statuant sur cette question lors de sa plénière du 19 février 2015, a-t-il poursuivi, le CSAC, en sa qualité d’instance de régulation des médias, s’était révélé incapable de trancher suite à des pesanteurs politiques. Et jusque-là, a indiqué Moïse Musangana, aucune suite n’a jamais été réservée aux requêtes de CKTV. « Ce dossier, que l’on croyait purement déontologique et éthique, prenait dès lors un relief politique… il eût fallu donc que le cardinal Monsengwo fasse sa requête auprès du Président de la République, en marge des consultations politiques de juin 2015, pour que la RTCE soit rouverte», a souligné ce haut cadre de CKTV.

Par la suite, le ministre de la Communication et Médias avait adressé au CSAC une lettre concernant la levée conservatoire de la mesure frappant RTCE. Vu que la situation de CKTV n’était pas résolue alors que les deux chaînes étaient frappées par la même peine, Moise Musangana a soutenu avoir adressé une correspondance au ministre Mende de la Communication et Médias, pour lui rappeler le dossier de sa chaîne qui demeurait toujours sans suite. L’explication donnée par celui-ci était que la grille des programmes n’était pas conforme au cahier de charges. « C’est un non sens, d’autant plus que les deux télévisions avaient présenté de manière  conjointe leurs moyens de défense devant le CSAC et les ont cosignés ».

Par ailleurs, Moïse Musangana a estimé que si les faits infractionnels qu’on reproche à sa chaîne avaient été établis par le CSAC, la suspension ne pouvait pas dépasser trois mois, conformément à l’article 59 alinéa 3 de la loi organisant le CSAC.

Etant donné que toutes les voies légales de recours  sont épuisées, renseigne-t-il, CKTV a saisi le Président de la République, garant de la Constitution et du bon fonctionnement du pays, pour obtenir gain de cause. « Nous osons croire que parallèlement à la mesure d’amnistie en perspective du dialogue politique,  le Président de la République ne ménagera aucun effort pour rétablir CKTV dans ses droits », a-t-il conclu, tout en estimant que ce serait justice pour une soixantaine d’agents de cette chaîne, y compris leurs familles, condamnés au
chômage et abandonnés à leur triste sort.

Le D.G de CKTV a également sollicité la solidarité de la profession et des ONG des droits de l’homme et de défense de la liberté de presse.
Perside DIAWAKU