Cité dans un énième incident fâcheux : Trésor Kapuku retenu à Kinshasa

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Trésor KAPUKU est encore retenu à Kinshasa par la hiérarchie. C’est donc le vice-gouverneur du Kasaï Occidental qui va désormais assumer l’intérim. Tel est le message que  Hubert MBINGO M’Vula a adressé aux officiels de l’armée, de la police nationale et aux militants de son parti le PPRD avant-hier mardi dès sa descente de l’avion qui le ramenait à Kananga, en provenance de la capitale politique. Cela, a-t-il précisé, à la suite d’une décision arrêtée par le professeur Adolphe LUMANU, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur.
         Pourquoi le gouverneur titulaire est-il retenu à Kinshasa ? Nul ne le sait. Toujours est-il que Trésor KAPUKU se trouve comme par hasard mêlé depuis plusieurs mois à des incidents qui finissent par tomber dans la rue pour alimenter la chronique sociopolitique de cette province qui a vu naître en 1964 la toute première Constitution de type fédéraliste du pays.
            Outre un incident somme toute mineur ayant éclaté au niveau de l’aéroport de Kananga en l’opposant au chef d’escale d’une compagnie aérienne privée, coupable d’avoir fait asseoir son épouse sur une chaise en plastique  sur le trajet Kananga-Mbuji Mayi, il faut retenir celui de Luandanda, une localité proche du village d’origine de ses parents. En effet, venu à la tête d’une forte délégation des notabilités de ce coin pour assister aux festivités de réjouissance populaire de l’ordination d’un fils du terroir, le nom du gouverneur Trésor KAPUKU avait été mêlé, à tord ou à raison, à des bagarres entre deux groupes antagonistes dont le bilan s’est soldé par le décès d’un de ses gardes du corps, des destructions méchantes et surtout des voies de fait sur le chef de ce village. A l’époque, Trésor KAPUKU avait été accusé d’abus du pouvoir pour avoir tenté de remplacer l’actuel chef de ce village par quelqu’un de son obédience. Toutes ces scènes filmées comme par hasard par un cameraman amateur avaient fait le tour de la République et même de la diaspora congolaise éparpillée à travers les quatre points cardinaux de la planète. Dieu merci, les choses sont vite rentrées dans l’ordre et le gouverneur donnait l’impression de s’en être tiré sans tâche.
 
Récidiviste ou maladroit ?
            Mais voilà que la hiérarchie vient aujourd’hui de le retenir à Kinshasa. Une situation qui fait jaser tous les salons politiques de la capitale politique et probablement ceux du chef-lieu de la province. Où les commentaires vont bon train et chacun des camps protagonistes rivalise d’ardeur pour en tirer le plus d’effet possible selon que l’on arbore telle ou telle couleur politique.
            Selon des sources proches du ministère de l’Intérieur, il semble que le dernier incident concerne une bagarre qui aurait éclaté dans un hôtel de la place au sujet du retard ou refus de paiement des notes de consommation à charge d’un confrère invité par le gouverneur titulaire pour couvrir des manifestations devant se dérouler à travers certaines localités de la province. Le gouverneur aurait utilisé des agents de la police pour malmener ou corriger, c’est selon,  le gérant de l’hôtel qui aurait commis le crime de refuser de loger le confrère en question car ce dernier n’aurait pas apuré les frais de son premier séjour. Tenu informé, le propriétaire de cet hôtel aurait piqué une colère qui l’a poussé à déposer une plainte en bonne et due forme à charge du gouverneur Trésor KAPUKU devant les instances compétentes qui, à leur tour, auraient saisi la hiérarchie politico administrative centrale. Au cas où cette version s’avérait vraie et fondée, le séjour forcé du gouverneur risque de se prolonger pour laisser du temps aux juges compétents de vider ce litige conformément aux prescrits de la loi.
            On rapporte aussi qu’une motion de défiance aurait été déposée devant l’assemblée provinciale toujours à charge du gouverneur titulaire. Trésor KAPUKU, doit-on le rappeler, n’est pas à sa première motion de défiance. Trois mois après son installation au lendemain de sa brillante élection à ce poste tant envié en janvier 2007 avait été l’objet d’une motion de défiance déposée cette fois-là par le président de l’assemblée provinciale et il avait été sauvé de justesse par la Cour Suprême de Justice sur la base d’une erreur de procédure. Est-ce que la baraka qui l’avait tiré de ce trou sera-t-elle encore une fois au rendez-vous ? Nul ne le sait, l’avenir proche nous le dira.

Fidèle Musangu 

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