Circulation, l’enfer a un nom : Kinshasa

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C’est une semaine cauchemardesque que les habitants de Kinshasa viennent de vivre. Depuis lundi dernier, ils sont confrontés à une situation inhabituelle caractérisée par une réduction drastique des voies de communication ou de dégagement. De manière aussi brutale qu’imprévisible, toutes les voies se retrouvent embouteillées. Où que vous soyez et où que vous alliez, vous vous retrouverez face à un immense bouchon dans lequel vous allez passer, avec un peu de chance, deux voire trois ou quatre heures.

Dans une ville où les conducteurs des taxis et taxis-bus utilisent généralement deux à trois litres de carburant, on réalise rapidement le drame qui va se produire : des pannes sèches à n’en point finir et d’autres causes nouvelles de dérèglement de la circulation routière. Une victime raconte :

«Je me trouvais à la Place Victoire en quête d’un moyen de transport pour me rendre au centre-ville. Contrairement à l’habitude, j’ai attendu une heure puis deux et enfin trois. Pas de transport en vue. Tous les taxis disponibles faisaient le célèbre demi-terrain au motif qu’ils ne pouvaient aller plus loin au risque d’entrer dans un bouchon et de tomber en panne sèche. Soudain, un bus arrive. Le receveur crie : « Ville, Ville, Ville via Kintambo ». Alors qu’on se précipitait pour monter à bord, le receveur précise : « ticket 2000 FC ». La nouvelle glace d’effroi les «poches légères» qui s’écrient : « Ce moyen de transport-là n’est pas pour nous ». Après des heures passées à  attendre un moyen de transport introuvable, je me suis résolu à regagner la maison ».

 

Un autre témoin révèle :

«Je me trouvais dans une voiture sur Victoire. Je me suis engagé sur l’avenue  Kasa-Vubu pour me rendre au centre-ville. Arrivé au pont Kasa-Vubu, j’ai aperçu une centaine de véhicules en stationnement. Je me dis que la solution se trouvait peut-être du côté d’Assossa. Mais arrivé sur place,  ma déception fut grande de trouver la voie fermée. Je décidais alors d’emprunter l’avenue 24 novembre. Nouvelle surprise : elle était fermée à la circulation. Me trouvant déjà au rond-point Bandal, je décidais de continuer jusqu’à Kintambo-Hôpital pour rejoindre la ville par la bretelle de GB. Arrivée sur ce tronçon, je me suis écrié : « Bonjour, les dégâts ». Il y avait un bouchon monstre et j’y suis resté prisonnier pendant deux heures et demie. Imaginez mon état psychologique et mental au moment où, finalement, je suis arrivé en ville et après avoir raté tous mes rendez-vous d’affaires !».

La situation décrite par ces témoins directs est devenue, depuis le lundi 31 mai, le lot quotidien des habitants de la capitale. Qui, face à ce problème d’embouteillages et d’absence des moyens de transport, ne savent plus à quel saint se vouer.

Cette situation déplorable à plus d’un titre est le résultat d’une planification discutable des travaux de rénovation routière dans la capitale. Alors qu’on était en droit d’attendre la concentration des efforts sur certains axes prioritaires en vue d’accélérer l’achèvement des travaux, il est surprenant de constater la volonté qui se manifeste de tout faire en même temps et au même moment. Conséquence : les conducteurs des travaux ne peuvent éviter la fermeture des rares voies de communication encore fonctionnelles, soumettant ainsi les usagers à un stress intolérable et à une gymnastique périlleuse pour relayer les quatre coins de la capitale. La situation est plus dramatique encore pour les vendeuses des marchés obligées de quitter le toit conjugal à quatre  ou cinq heures du matin au plus tard si elles veulent atteindre leurs points de vente et éviter de perdre leurs journées dans les embouteillages.

Le souhait de tous, après toutes les journées d’enfer vécues la semaine dernière, est que des correctifs soient apportés à l’organisation mise en place car on ne peut pas, en même temps, vouloir une chose et son contraire. Il s’agit ici de souligner l’intérêt et l’importance du travail qui ne peuvent se matérialiser que dans la mesure où chacun peut se présenter à temps à son poste de travail ou à ses rendez-vous. Mais cela ne peut s’obtenir qu’à la faveur d’une révision de la programmation des travaux de rénovation qui doit plus que jamais viser l’efficacité et la qualité. 

Tanya Takufa Mayina (Stg Ifasic)

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