Chute de Goma : langage des sourds au Palais du peuple

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L’opposition politique n’a pas pris part au débat consacré à la chute de  la ville de Goma, dans la province du Nord-Kivu,  lors de la plénière d’hier mardi  20 novembre à l’Assemblée Nationale.

A la base de ce boycott, il y avait la motion d’information de Mashako Mamba portant sur la situation  qui prévaut à l’Est du pays après la chute de Goma. Pour les députés de l’opposition, l’ancien ministre de la Sante et de l’Enseignement supérieur et universitaire  n’était pas qualifié pour donner l’information  sur la chute de Goma à la Représentation nationale, pour la bonne et simple raison qu’il ne gère pas au quotidien les affaires du pays.

            Maitre Mayo  de l’UNC a haussé le ton pour déclarer  que seul le Premier Ministre Matata était compétent pour éclairer l’Assemblée  nationale sur le revers subi par notre armée dans le chef- lieu de la province du Nord-Kivu. Ce proche de Kamerhe taxé cette motion de Mashako de pure masturbation intellectuelle pour distraire l’opinion.

Il a soutenu que face à la gravité de la situation, le Premier ministre devait,  conformément au règlement intérieur de la chambre basse du Parlement,  répondre à une question d’actualité que devait lui adresser un député pour rendre compte au peuple congolais, à travers ses élus, de la gestion de la situation militaire à l’Est.

            Clément Kanku  et José Makila ont jugé inopportun le débat sur la chute de Goma, en l’absence des  responsables des institutions  qui ont le devoir constitutionnel de sauvegarder l’intégrité du territoire. Nul ne pouvant se prévaloir de sa propre turpitude, ces deux députés de l’opposition ont estimé que leurs collègues de la majorité qui,  dans un passé récent, avaient refusé tout débat public sur la guerre de l’Est, étaient rattrapés par leur péché originel.

            Emboitant le pas aux députés de l’opposition, Lokondo de la majorité Présidentielle s’est dit convaincu que la procédure adoptée par le président de l’Assemblée nationale pour ouvrir le débat sur le dossier sécuritaire du Nord-Kivu était en contradiction avec le règlement intérieur.

            Il a fait remarquer que la complexité de la situation à l’Est  exigeait la présence physique du Premier ministre,  tout en proposant que le président de l’Assemblée nationale, qui participe aux réunions interinstitutionnelles, donne des informations sur la chute de Goma en lieu et place d’un député qui n’ a que des bribes d’informations à l’instar d’autres collègues.

Les députés de la majorité ont pour la plupart accusé leurs collègues de l’opposition de profiter de la  situation difficile que connait le pays à l’Est pour faire un chantage politicien, au moment où le peuple congolais a besoin de la cohésion nationale pour faire face à l’agression rwandaise.

            Après ce dialogue des sourds, l’opposition, par la bouche de Maitre Mayo, a finalement pris la résolution de claquer la porte face à volonté d’Aubin Minaku de laisser se poursuivre le débat, en l’absence du Premier ministre. Le débat s’est tout de même poursuivi en dépit de ce boycott. La plupart des intervenants ont dénoncé l’appui du Rwanda et de l’Ouganda au M23, la passivité de la Monusco face à l’avancée de la rébellion et les atermoiements de la communauté internationale au chapitre des sanctions à infliger aux pays agresseurs de la RDC. Certains ont appelé toutes les couches sociales congolaises à se mobiliser et à prendre les armes pour la libération de la patrie. Des extrémistes ont même promis de renvoyer la guerre d’où elle est venue.

            Les députés de l’opposition qui ont vidé  l’Hémicycle, ont pris à témoin le peuple sur la responsabilité du pouvoir en place qui, de son point de vue, traite avec légèreté la  situation à l’est. Dans les couloirs du Palais du peuple, Bitakuira et  Fayulu ont annoncé le déclenchement de la procédure constitutionnelle de  mise en accusation du Chef de l’Etat pour haute trahison.

 

ERIC WEMBA 

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