« Chien de garde », vrai rôle de la Société civile !

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            Domaine de la vie sociale civile organisée, volontaire, largement autosuffisante et autonome de l’État, voici ce qu’est la « Société civile ».  Lors des élections, par exemple, elle se mobilise, notamment à travers l’éducation de l’électorat. Bref, c’est le corps social, par opposition à la classe politique. Au regard de cet esquisse de définition, peut-on croire à l’existence d’une Société civile digne de ce nom en RDC ?

            La question ne peut trouver une réponse positive au sein de l’opinion publique congolaise de plus en plus convaincue parce que la Société civile d’aujourd’hui a perdu ses repères d’antan, de l’époque des pionniers tels que Dr Numbi Mukanku, Pierre Lumbi, François Kandolo, Bavela, Bampende, etc. Sans moyens, ces « géants » avaient  mené le vrai combat de l’intérieur de la RDC.

            Ils avaient rendu la Société civile crédible, en lui donnant une mission, une éthique, un discours et une structure. A l’aube de la démocratie zaïroise, ils avaient être mené un combat au niveau de l’instauration d’une vraie culture politique, de la correction de la faillite morale dont souffrait la société congolaise, de la défense de l’intérêt général et du respect de la légalité. La marche des Chrétiens du 16 février 1992 restera à jamais une des plus belles réussites de ces personnages qui avaient mobilisé les églises dans le processus démocratique de notre pays.

            Ceux d’aujourd’hui, doivent aussi commencer par des petites choses tels que apprendre aux jeunes le respect de la loi et des bâtiments publics, les vertus du travail bien fait et mérité, convaincre les étudiantes de ne pas coucher avec les profs pour passer de classe, encourager le mariage mixte pour créer une nation, revaloriser la fonction enseignante, apprendre aux fonctionnaires de travailler huit heures par jour, convaincre les Congolais à vivre honnêtement, etc.

Notre société civile d’aujourd’hui n’a pas d’actions concrètes sur le terrain, à l’exception des conférences sur les droits de l’homme et des déclarations publiques.

            La tendance chez certains activistes aujourd’hui dénote plus d’une volonté de se positionner pour un poste ministériel ou autre sous la houlette de la société civile, au lieu de jouer effectivement un rôle  de « Chien de garde », de « Garde-fou » de la légalité institutionnelle (pas seulement des droits de l’homme) et un contre-pouvoir.

            Loin de nous l’idée de décourager les bonnes volontés au sein de la société civile, nous voulons surtout l’exhorter à travailler durement et à être surtout réaliste dans ses initiatives. « Il y a vingt ans, les pionniers déjeunaient avec nous dans des paillottes et paroisses. Aujourd’hui, leurs successeurs dînent avec des industriels, des politiciens et autres décideurs», a fait remarquer une vieille maman, participante à la marche du 16 février 1992.

 

Tshieke Bukasa

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