Chebeya : vers l’ouverture d’une instruction complémentaire ?

0
35
La deuxième audience du procès des assassins de Chebeya à la Haute Cour Militaire(HCM) s’annonce déjà chaude, le mardi 17 juillet prochain à la Prison Centrale de Makala(PCM). Et pour cause ! Un des prévenus condamnés par contumance, le major Paul Mwilambwe toujours en fuite, a récemment fait des déclarations renversantes affirmant avoir été témoin de l’assassinat de l’activiste des droits de l’homme, Floribert Chebeya, le 1 juin 2010.
 Ce policier prétend, dans ses propos faits au journaliste belge Thierry Michel via internet, que le donneur d’ordres était le général John Numbi Banza Tambo, Inspecteur général de la police congolaise, et dit savoir où est enterré le corps de Fidèle Bazana. 
Que vaut ce témoignage de Paul Mwilambwe ? Va-t-il influer sur la suite de cette affaire Chebeya ? L’auditeur général ou le président de la HCM peut-il s’en saisir afin d’ouvrir une enquête préliminaire ? Quelle suite judiciaire sera donnée à cette affaire ? Ces questions ainsi que tant d’autres trouveront certainement des réponses claires au début de la semaine qui va commencer. 
 
D’ores et déjà, il convient de noter que les avocats des parties civiles envisagent de demander un complément d’enquête. A en croire le coordonnateur du conseil des parties civiles, Me Mukendi Wa Mulumba, ces déclarations de Paul Mwilambwe justifient amplement un complément d’instruction. « Nous comptons bien le demander le mardi prochain, lors de l’audience du procès en appel des assassins de Floribert Chebeya et de son chauffeur Bazana. La justice devrait prendre en compte les informations du policier Mwilambwe qui a donné avec précision l’emplacement de la tombe de Fidèle Bazana », a-t- il indiqué. Puis d’ajouter que leur souhait étant de voir le général Numbi être entendu non plus comme témoin mais comme prévenu, les révélations faites par le journaliste Thierry Michel leur ont fourni l’occasion de changer le cours du procès. 
Pour leur part, les avocats de la défense ont indiqué sereinement que tout discours tenu hors-circuit judiciaire n’a aucune valeur juridique. « C’est un coup de théâtre d’un cinéaste. La justice ne devrait pas prendre en compte les informations du policier Mwilambwe car ce dernier n’a été entendu ni sur procès-verbal, ni fait une déposition devant un officier du ministère public, un magistrat ou un officier de police judiciaire. Un journaliste n’est pas un personnel judiciaire, ces propos n’ont aucune valeur juridique… » a expliqué Me Charlène Yangazo, soupçonnant une manipulation en représailles à l’expulsion de Thierry Michel. 
Pour elle, pour prendre en considération ce témoignage, ou mieux le rendre crédible, l’intéressé doit voir un magistrat, un officier du ministère public ou aller directement au tribunal comme renseignant ou prévenu.  
Somme toute, l’opinion tout entière reste suspendue aux lèvres du président de la HCM ainsi que de l’auditeur général, autrement dit procureur militaire, afin de voir s’ils vont ouvrir de leur propre chef une instruction complémentaire en envoyant une commission rogatoire afin d’interroger le cinéaste belge, ou même le fameux policier Paul Mwilambwe, actuellement refugié dans un pays africain.   
 
Tshieke Bukasa

LEAVE A REPLY

*