Chebeya : près de1 000 pièces dans le dossier

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Remonter la filière par le biais des suspects pour dénicher l’auteur intellectuel de cet assassinat qui a ôté la vie à l’un des brillants activistes des droits de l’homme en RDC, à savoir feu Floribert CHEBEYA : voilà le vœu de la communauté internationale et des Congolais qui seront très nombreux à suivre le procès qui démarre ce matin à la Cour Militaire de la garnison de la Gombe.

            Huit suspects, qui se recrutent au sein de la Police Nationale en qualité d’officiers supérieurs dont le Colonel Daniel MUKALAYI, seront devant la barre en face de la partie civile composée de l’Etat congolais, de l’Ong Voix des Sans Voix et de deux familles des victimes, notamment celle de Chebeya et celle de Bazana.

            Selon des bribes entendues dans les couloirs de la prison de Makala où sont internés les huit suspects, plusieurs chefs d’accusation ont été retenus, à savoir l’association des malfaiteurs, l’enlèvement, les coups et blessures, l’assassinat, tortures, etc. Des charges d’une telle gravité que la moindre des sanctions ne pourrait que conduire les juges à prononcer la peine capitale si les prévenus ne parviennent pas à les détruire lors des multiples audiences publiques qui s’annoncent chaudes, émouvantes et palpitantes, a indiqué au Phare l’un des avocats de la partie civile.

            Ces charges sont contenues dans près de 1.000 pièces versées au dossier, dont entre autres, les procès-verbaux d’audition des suspects et des membres des familles ainsi que d’autres personnes intéressées, des procès-verbaux de constat des lieux du drame, les différents rapports provenant des services spécialisés, le rapport d’autopsie établi par les trois médecins hollandais. Auxquels il faudra joindre les témoignages et autres documents confidentiels que les avocats de deux parties au procès ne manqueront pas de déposer tout au long de l’instruction devant la barre. On sait aussi que dans ce genre des procès, il arrive souvent que les prévenus se rétractent au motif que certaines de leurs dépositions faites devant le ministère public auraient été obtenues sous tortures et autres menaces.

            Un détail non négligeable : c’est l’absence de la veuve Chebeya qui se trouve depuis le début du mois de septembre dernier au Canada en compagnie de ses enfants. Et pourtant, ses dépositions sont capitales pour la suite de ce procès car c’est elle qui avait indiqué que son mari avait répondu à un rendez-vous avec le général-major John NUMBI Banza Tambo à l’inspection générale de la Police Nationale située à côté du Palais du Peuple.  Elément qui est à la base de la suspension provisoire de ce dernier qui, on le sait, a toujours clamé son innocence en niant n’avoir jamais eu un quelconque rendez-vous avec le défunt.          Castro

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