Chebeya : le vrai procès n’a pas encore eu lieu La famille Bazana réclame le corps de son fils

0
38

 

L’An II de l’assassinat des défenseurs des droits de l’homme Floribert Chebeya et Fidèle Bazana a été commémoré dans la douleur et la méditation le vendredi 2 juin au cimetière de Benseke Futi/ Nouvelle Cité, dans la commune de Mont Ngafula. Trois temps fort ont marqué la cérémonie organisée au site où repose pour l’éternité  le Directeur exécutif de la Voix de Sans Voix, Floribert Chebeya.
Il y a eu d’abord le recueillement puis le dépôt des gerbes de fleurs sur la tombe de l’illustre disparu, et enfin les mots de circonstance.
Les représentants du ministre de la Justice, de la Délégation de l’Union Européenne, du Centre Carter, du Haut commissariat de Nations Unies pour les Droits de l’Homme, les compagnons de lutte et les membres de familles de Chebeya et Bazana, deux activistes des droits lâchement assassinés à la veille de la célébration du Cinquantenaire de l’Indépendance de la République Démocratique du Congo, ont déposé leurs gerbes de fleurs sur la tombe de Chebeya ,tout en souhaitant que la terre des ancêtres lui soit douce et légère, pour que ce combattant de la liberté qui a donné sa vie pour la défense des droits des opprimés vive à jamais dans la mémoire collective.
Aussitôt après, la sœur aînée de Chebeya a pris la parole pour exiger la réouverture du procès des assassins de son défunt frère cadet. Elle s’est dite convaincue que le premier jugement n’a condamné que les exécutants de ce crime odieux tout en protégeant les commanditaires.
Un des frères de Fidèle Bazana a réclamé la restitution du corps de leur fils assassiné le même jour que Chebeya, car le défunt a aussi droit à une sépulture. Il a déploré le fait que le gouvernement, malgré toutes les promesses de faire la lumière sur l’affaire, n’a manifesté aucune volonté de retrouver le corps de Bazana, comme si la vie d’un Congolais n’avait aucune valeur dans son propre pays.
Pour sa part, l’Ong la Voix des Sans Voix, par la voix de son Directeur exécutif adjoint, Rostin Manketa, a fait savoir   que la communauté mondiale des défenseurs des droits de l’homme n’a jamais été satisfaite du verdict rendue par la Cour militaire de Gombe et continue à lutter pour que justice soit rendu à Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, en vue de mettre fin à l’impunité qui a élu domicile au sein de la société congolaise.
Tout en réclamant aux autorités du pays de laisser la justice faire librement son travail, pour que toutes les parties au procès soient fixées sur le chronogramme des audiences en appel, ce compagnon de Chebeya a fustigé le fait que le principal suspect de ce crime d’Etat, le général  John Numbi, continue de jouir de sa liberté.
Cet activiste des droits de l’homme a déploré le gel du dossier en appel au niveau de la Haute Cour Militaire, pour des raisons politiques, étouffant la vérité et l’indépendance de la justice.
Le président du RENADHOC, Fernandez Murhola, a assuré ses camarades de la VSV de la ferme détermination des activistes des droits de l’homme de faire éclater la vérité et de mener le bon combat pour mettre fin à la république des intouchables, notamment par la condamnation de tous les assassins de Chebeya et Bazana.
Le représentant du collectif des ONG des droits de l’homme a loué la bravoure des activistes des droits de l’homme pour obtenir la tenue du procès des assassins de Chebeya et Bazana, en dépit du scénario monté de toutes pièces par un officier de la police congolaise qui voulait ternir l’image de Chebeya, un homme fidèle, en qualifiant son meurtre de crime passionnel.
Il a appelé à la solidarité de tous ses camarades pour le triomphe de la justice et plaidé pour que Chebeya soit élevé au rang de héros national.
 
ERIC WEMBA 
 

LEAVE A REPLY

*