Chebeya fait des victimes à Righini

0
32
La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) exprime ses vives protestations contre la recrudescence des actes autres menaces d’intolérance, intimidations et autres menaces par le pouvoir en place à l’égard des faiseurs d’opinion en l’occurrence les défenseurs des droits humains, journalistes, membres de la Société civile, défenseurs judiciaires… Hier c’était, entre autres, l’assassinat mardi 01 au mercredi 02 juin 2010, de Floribert Chebeya Bahizire, Directeur Exécutif de la VSV, lorsqu’il est allé répondre à l’invitation de l’Inspecteur Général de la Police Nationale Congolaise (PNC), suivi de la disparition du chauffeur et membre effectif de la VSV, monsieur Fidèle Bazana Edadi, de monsieur Salvator Muhindo assassiné à Beni.
Aujourd’hui, c’est l’enlèvement, depuis jeudi 21 juillet 2010, vers 12h00, de monsieur Omari Bili, Coordonnateur de l’ONG Solidarité pour la Promotion Sociale et la Paix (Soprop)/Kinshasa et l’infirmière de cette ONG , madame Coco Selipa.
En effet, huit (8) hommes armés en tenue civile ont débarqué à bord de trois (3) véhicules dont un mini bus de marque Toyota Liteace, une voiture Mazda et une jeep à vitres fumées au siège de l’ONG précitée, sise avenue Tshibangu, quartier Righini/Salongo, dans la commune de Lemba.
Se réclamant tantôt inspecteurs de santé tantôt membres de la commission « Tolérance zéro », ces hommes ont brandi, sans donner la possibilité de lire, un document qualifié d’ordre de mission » avant de procéder à la perquisition du Centre Médical de Réhabilitation et Réinsertion des Victimes de la Torture et autres violences du Soprop.
Ces présumés inspecteurs, agissant sous ordre d’un certain commandant Morgan se sont déployés  dans l’enceinte de l’ONG cherchant à rencontrer le responsable de Soprop
Déjà, dès l’entrée principale du bureau, y trouvant affiché sur la valve une photo de M. Froribert Chebeya Bahizire ; ces visiteurs insolites ont manifesté beaucoup d’intérêt en posant des questions sur ladite photo. Ils ont également pointé du doigt l’ambulance ayant transporté le corps de Floribert Chebeya Bahizire jusqu’au Stade Vélodrome, le jour de la levée de son corps à la morgue de l’hôpital Général de Référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo) pour l’exposition.
Par la suite, ces « inspecteurs » se sont introduits dans les salles de la maternité. Au sortir, ils diront qu’une toilette était sale et ont sommé M. Omari BILL et Mme Coco SELIPA de les accompagner au Commissariat de la police de la commune de Matete. Les membres de SOPROP sont embarqués sans ménagement dans leurs véhicules garés à l’extérieur avant de les acheminer au Commissariat de la Police, District de Mont Amba, dans la même commune.
Ils ont brutalisé M. Omari BILL et Mme Coco SELIPA jusqu’à arracher leurs téléphones portables et autres effets personnels. Le commissaire Emile, S2 du Sous-Commissariat de la police de Righini, qui voulait s’enquérir de la situation, est menacé par commandant Morgan.
Dans son rapport adressé à sa hiérarchie, commandant Morgan a justifié l’acte d’enlèvement « comme une tentative d’incitation de la population au soulèvement du fait que des photos de feu Floribert CHEBEYA BAHIZIRE, Directeur Exécutif de la VSV étaient affichées sur les murs du bureau de SOPROP »..
Sans les entendre sur Procès-Verbal (PV), les deux (2) victimes seront séparément placées en détention dans des cellules après les avoir molestées. Par ailleurs, Maître Serge MUHINGA et Christophe BENDERA, respectivement avocat et chef de programme de SOPROP qui ont suivi les victimes jusqu’à Matete par moto, ont été également appréhendés et jetés au cachot. Ils ont aussi subi le même sort avant de se voir ravir les effets personnels en leur possession.
Vers 19h30, toutes les victimes sont relâchées sous fortes pressions avec ordre de se présenter, vendredi 23 juillet 2010 à 10h00, au bureau du colonel Saïd, chef de renseignement du district du Mont Amba.
La VSV tient à attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur l’acharnement par la Police Nationale Congolaise (PNC) contre les acteurs de la Société Civile. Ceci relance avec acuité l’instrumentalisation et la politisation des forces de l’ordre public et des services de sécurité contre la population par le pouvoir en place en RDCongo.
Eu égard à ce qui précède, la VSV invite :
– l’Auditeur Général des Forces Armées de la RDCongo (FARDC) et l’Avocat Général de la République à se saisir d’urgence de ce cas flagrant d’enlèvement, séquestration et mauvais traitements en vue d’interpeller les auteurs et commanditaires afin qu’ils répondent de leurs actes devant la loi ;
– le gouvernement congolais à mettre fin aux actes anti-démocratiques matérialisés par de graves ‘tracasseries, menaces, harcèlement, intimidations, enlèvements, arrestations arbitraires, détentions illégales, disparitions forcées… dont sont victimes les défenseurs des droits humains. 
Fait à Kinshasa, le 26 juillet 2010
La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV)

LEAVE A REPLY

*