Chebeya et Bazana tués par une association des malfaiteurs

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Sous la coordination du bâtonnier Jean Joseph Mukendi Wa Mulumba, les avocats des parties civiles(les familles Chebeya, Bazana et les ONG des droits de l’homme) ont ouvert, hier jeudi 31 mars 2011 à la Prison centrale de Makala, le bal des plaidoiries en faveur de leurs clients dans le procès « Chebeya ». De manière ordonnée, ils ont tour à tour présenté les victimes, Floribert Chebeya, secrétaire exécutif de la Voix des Sans Voix(VSV) et son chauffeur, Fidèle Bazana, membre de cette ONG; exposé les faits et circonstances de ces assassinats ; analysé diverses infractions ; démontré la constitution d’une association des malfaiteurs ; critiqué le rapport de l’équipe mixte des médecins hollandais et congolais ; établi la préméditation des crimes etc. Somme toute, cet exercice qui a commencé hier, se poursuit le lundi 4 avril prochain, avec le réquisitoire du Ministère public et éventuellement une réplique de la défense.

Concernant cette première journée des plaidoiries tant attendues, l’accusation s’est longuement appesantie sur l’infraction d’association des malfaiteurs et le rôle joué par chaque membre du groupe. A cet effet, Me Peter Ngomo Milambo a d’entrée de jeu informé l’assistance que c’est au courant du mois de mai 2010 que le prévenu colonel Daniel Mukalay a formé une bande à laquelle d’autres prévenus (Christian Ngoy, Paul Milambwe, Georges Kitungwa, François Ngoy, Michel Mwila, Jacques Mugabo et Blaise Mandiangu) se sont affiliés dans le but d’assassiner Floribert Chebeya et Fidèle Bazana. Toutes ces personnes se connaissent car ayant œuvré ensemble au niveau de la force aérienne à l’époque où l’Inspecteur général de la Police nationale(PNC), John Numbi Banza Tambo, était encore aux commandes de cette unité en qualité de Chef d’Etat-major.

Ceux-ci, regroupés au sein du bataillon Simba, détenaient une quantité inconnue d’armes et autres effets de guerre, et ne rendaient compte à une quelconque hiérarchie de la police ou de l’armée. « Les saisies d’armes ont été opérées dans les domiciles de certains membres de cette bande notamment auprès des prévenus Daniel Mukalay, Christian Ngoy et Paul Milambwe  où l’on a même découvert des armes dont aucune des unités ni des FARDC, ni de la PNC n’est dotée ! » a clamé Me Milambo.
Pour accomplir leur forfait, l’avocat affirme qu’ils ont irrégulièrement réquisitionné la Jeep 238 de la police canine qu’ils ont retournée 4 jours après, au lieu de 24h. Sur le plan financier, l’accusation révèle que c’est le colonel Mukalay qui prenait en charge tous les frais. A titre exemplatif, il s’est illustré à prendre en charge le développement des photos de la police scientifique lors de la découverte du corps de Chebeya à Mitendi le 2 juin 2010 ; il a pris en charge la collation de l’équipe de la Police technique et scientifique(PTS) et l’achat du carburant pour la Jeep de la PTS, etc.

Du rôle de chaque membre

Faisant noter qu’au regard des éléments du dossier, le général Numbi apparait comme un membre actif de cette association des malfaiteurs, l’accusation s’est employée à de décliner le rôle de chaque membre de la bande. Pour elle, le colonel Mukalay Wa Mateso Daniel s’était livré au suivi et à la récupération hors circuit administratif de la lettre signée par le général John Numbi en date du 27 mai 2010 afin de tendre un piège à Chebeya. « Il a plusieurs fois insisté auprès de son secretaire Yav Kot d’aller prendre une lettre signée par le général Numbi à l’intention de Chebeya, alors que la chargée de l’administration à l’Inspection générale de la PNC, Tshamuangana, ignorait la signature de ce document. Néanmoins, il ne pouvait pas savoir seul que cette lettre était déjà signée s’il n’a pas été en contact avec sa hiérarchie… »
Après avoir reçu finalement la lettre, il a envoyé un sociétaire actif, Michel Mwila, pour la déposer en rencontrant personnellement Chebeya afin de ne pas se tromper sur sa personne lorsqu’il se rendra à l’IG.

Quant au prévenu Georges Kitungwa, il a été chargé de suivre toute l’enquête de la Police scientifique. Il donna même l’instruction à Nkuna de ladite police de ne faire aucun rapport au Procureur Général de la République sans son aval. Pour leur part, Michel Mwila et François Ngoy Mulongoy, ont respectivement servi d’appât et pour effacer des traces. Enfin, Blaise Mandiangu, proche d’un fugitif suspect, Christian Ngoy Kenga Kenga du bataillon Simba, avait demandé à son chef intérimaire Henry Ndati de brûler toutes ses SIM pour effacer ses conversations entre lui et son chef en fuite. « Ils ont agi en connaissance de cause en sachant qu’ils constituaient une bande de malfaiteurs… » a conclu Me Milambo.

Tshieke Bukasa

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