Chasse contre les meurtriers de Mlle Judith Mbwidi

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Les promenades nocturnes dans les rues du district de Tshangu, tout comme faire des activités domestiques tard dehors, dans des parcelles non clôturées, sont depuis belle lurette, déconseillées. Et ce, pour cause de l’insécurité qui a gagné cette partie de la ville. Généralement, on ne sait pas qui va vous visiter en ce moment-là et on ignore ce qu’il peut vous causer comme tort. En outre, on ne peut prophétiser sur la personne  qu’on va rencontrer aux heures indues, sur une avenue baignant dans l’obscurité, dans l’un des quartiers de ce district. Si ce ne sont pas des meutes de kuluna enragés et équipés des armes blanches qui vous agressent, ce sont des hordes des malfaiteurs armés et sans cœur qui vous braquent et dont on dit qu’ils seraient dans la plupart des cas, des éléments incontrôlés, opérant tantôt en tenue, tantôt en accoutrement civil.

 A Kimbanseke, ces derniers jours, l’heure est à la mobilisation des jeunes sans emploi depuis le meurtre de Mlle Judith Mbwidi Mpala. Consigne donnée : appréhender tout suspect surpris dans une  parcelle où il n’habite pas. En cas de résistance, le neutraliser d’abord avant d’alerter tout le quartier. Dans cette ambiance de suspicion généralisée, comme on le voit, le pire peut arriver aux noctambules invétérés, si la police ne reprend pas vite ses prérogatives de patrouiller dans les rues de cette partie de Kinshasa, afin de sécuriser les habitants et leurs biens. Judith Mbwidi Mpala, cette jeune fille, la vingtaine dépassée, a été tuée samedi passé, entre 1 et 2 heures du matin, dans la parcelle familiale sise avenue Mongo n°170, quartier Malanda.
Réveillée tôt pour s’approvisionner en eau potable dans ce quartier où toute la journée, les robinets sont à sec, Mlle Mbwidi Mpala a déposé plusieurs bassins et seaux vides au point d’eau et attendait. Il était une heure. Elle n’était pas seule dehors. Car, son père Mbwidi Musiadi et son grand-frère Mbwidi Bukayi, âgé de 26 ans, les yeux lourds de sommeil, assistaient à cet approvisionnement. Le filet d’eau était si fin qu’il était entrecoupé par un écoulement irrégulier en gouttes, au point qu’il fallait des heures et des heures pour faire le plein de toutes ces réserves d’eau.


 Au quartier Malanda, comme dans d’autres quartiers de Kimbanseke, comme il faudrait le souligner, sans ce sacrifice, la pénurie d’eau devient très critique. Le ravitaillement ne se fera que dans le seul puits creusé dans un coin de la parcelle et qui ne garantit pas de l’eau potable. Sur avenue Mongo, quelques rares piétons passent. Pas d’inquiétude, pensent Mlle Judith Mbwidi, son père et son grand-frère encore debout vers 2 heures du matin.
 Mais voilà que surgissent trois malfaiteurs dont deux en tenue Fardc et l’un en civil. Profitant de l’absence de clôture, ils entrent en catastrophe dans la parcelle et trouvent la jeune fille au robinet.  Ce qui surprendra tout le monde est que sans exiger quelque chose, l’un de ces intrus tire sans sommations sur tout ce qui bouge. Trois coups de feu crépitent dans la parcelle, déchirant le silence de la nuit. Mortellement atteinte, Judith Mbwidi est décédée peu après, tandis que de cette fusillade, son père s’en est tiré avec une balle à l’épaule gauche, et son grand-frère Mbwidi Bukayi, avec un projectile au bras gauche. Pendant que les victimes pleuraient la jeune fille, les bandits qui n’avaient rien réclamé, incapables de supporter le spectacle de leur crime, ont tout de suite évacué le lieu, rasant les parcelles au pas de course, pour éviter que l’alerte soit lancée et qu’ils soient pourchassés.
 Ce crime, pour certains observateurs, ne répond à aucun critère du banditisme classique qui pousse les malfaiteurs à exiger du butin. Le meurtre de la demoiselle s’apparente plutôt à un règlement des comptes et la fusillade sur son père et son frère, serait justifiée par le dessein d’abattre des témoins gênants. Mais en tout état de cause, les enquêtes ouvertes au niveau de la police, permettront certainement de donner un brin de lumière sur cet acte de banditisme incompréhensible jusqu’ici.


                                                                     J.R.T.

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