Ces femmes  de cœur  qui accompagnent Dr Mukwege : les ‘’mamans chéries’’

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Il n’est plus à présenter.  Tout le monde connait   Dr  Dénis Mukwege, ce gynécologue  et philanthrope congolais qui soigne et apporte son soutien à toutes les femmes et jeunes filles victimes des violences sexuelles à l’hôpital de Panzi, dans la banlieue de Bukavu, au Sud-Kivu. Ce que le public  connait moins,  c’est que ce médecin est assisté dans cette tâche par plusieurs techniciens qui l’aident à accomplir son travail. Parmi ces personnes,  on compte des médecins,  infirmières, des psychologues et avocats. Cependant, il y a une catégorie du personnel qui n’est pas très connues et qui abat un travail de titan dans l’ombre.  Les malades les appellent affectueusement les ‘’mamans chéries’’. En effet, ce sont des assistantes sociales d’un nouveau genre qui ont pour mission  d’accompagner les malades tout au long de leur séjour à l’hôpital pour les soins mais aussi pour les aider à se réinsérer dans la
société.
En gros, leur travail consiste, après l’intervention chirurgicale, à  la prise en charge  de certains   malades qui arrivent parfois seules à l’hôpital pour leur  accompagnement à la fois  pour de soins corporels qu’affectifs.  Dans un entretien à bâtons rompus avec Le Phare,  le week-end dernier, Docteur Neema Rukungu, responsable de ces femmes, a fait savoir que  « les mamans chéries » sont des sages-femmes ou des « mères Theresa » ,  qui ont développé des qualités de mères et qui sont à même d’apporter au malade, non seulement de petits services domestiques comme l’aide à prendre son bain, à se changer,  manger,  mais s’investissent dans l’encadrement psychologique,  voire dans son insertion socio-économique ».
Même s’il y a des psychologues spécialisés au sein de l’hôpital, a-t-elle renchéri,  ce sont  ces assistantes,  les ‘’mamans chéries’’ qui redonnent davantage le sourire à ces femmes meurtries grâce à la distance sociale qui les rapproche des malades. Elles savent parler aux malades, les conseiller et  les assister. Les  malades qui arrivent à Panzi sont traumatisées et ont souvent difficile à s’ouvrir et à  s’accepter. Mais grâce aux ‘’mamans chéries’’, elles peuvent encore expérimenter l’amour autour d’elles et reprendre espoir.
Ces braves assistantes sociales sont de simples femmes, inconnues de la société et qui n’ont pas fait de  hautes  études de médecine ou de psychologie. Ce sont elles qui aident l’hôpital de Panzi à avoir  des  résultats qui font parler du Dr Mukwege à travers le monde entier. Ce succès des ‘’maman chéries’’ se fonde particulièrement  sur l’instinct maternel qui anime la femme africaine, qui n’a souvent  pas besoin  de beaucoup de moyens, ni de protocole pour assister son semblable dans le besoin.
Les ‘’mamans chéries’’ ont accompagné  Dr Mukwege dans les soins à accorder aux malades et ont cumulé des expériences à travers de nombreuses rencontres qu’elles ont faites avec 40.000 femmes qui ont déjà défilé à l’hôpital de Panzi. Elles ont des témoignages et des histoires à raconter aux nouvelles venues pour leur dire que c’est possible de recommencer la vie. Le projet SVS (Survivantes de violences sexuelles) à l’hôpital de Panzi compte à ce jour neuf assistantes sociales. Le modèle de prise en charge des malades à l’hôpital de Panzi qui a donné des résultats escomptés commence à intéresser le monde de la médecine sur le plan international, au point de s’exporter, a-t-elle conclu.

VAN