Certains candidats optent pour la terre brûlée

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De vives tensions règnent dans plusieurs coins du territoire national en cette période électorale. Leur singularité est qu’elles se caractérisent par des relations conflictuelles entre filles et fils de mêmes villages, de mêmes secteurs, de mêmes territoires et de mêmes districts. Les commanditaires de ce climat de haine clanique, tribale ou ethnique ne sont personnes d’autres que des candidats à la députation nationale, le plus souvent installés à Kinshasa.

Au-delà des campagnes permanentes de diabolisation qu’ils mènent contre leurs adversaires – mieux- ennemis politiques, ils ont mis sur pied des milices chargées d’intimider leurs électeurs potentiels.

Il ne se passe pratiquement plus une semaine sans que de paisibles compatriotes en âge de voter soient victimes des voies de fait, des cas d’incidents criminels de leurs maisons, de pillages de leurs champs voire d’attentats à leur vie. Au Bandundu, les points les plus chauds sont Bandundu/ville, Masi-Manimba, Kikwit et Gungu. Au Kasaï Occidental, les zones rouges s’appellent Ilebo, Kananga, Mweka et Dimbelenge. Au Kasaï Oriental, le Sankuru ressemble à un volcan en permanente ébullition. Au Katanga, la ville de Lubumbashi est un brûlot continuel. Au Maniema, au Nord-Kivu et au Sud, les « forces négatives » congolaises et étrangères tiennent tout le monde en otage.

A l’Equateur, Mbandaka, Budjala, Ikela ainsi que dans toutes les contrées ayant connu la présence des insurgés Enyele vivent dans la psychose de violences préélectorales. Au Bas-Congo, le feu couve à Kasangulu, Kimvula, Luozi, Seke-Banza, Tshela, Lukula, etc. L’on en veut pour preuve les attaques au vitriol auxquelles se livrent certains leaders sur le net comme dans les médias. Les « Ne Kongo », comme on les appelle, sont chauffés à blanc par ceux-là mêmes qui prétendent apporter un changement qualitatif à leur vécu quotidien, alors que certains sont passés à côté de la plaque entre 2006 et 2011.

L’intolérance politique a déjà causé plusieurs morts et des dégâts matériels considérables à travers la République. Le pays vit une situation inquiétante marquée par la montée des milices au service de différents candidats aux mandats électifs, prêtes à s’affronter à la machette, au couteau, à la caillasse, au gourdin, au burin… et autres armes blanches. Il suffit, pour cela, qu’un signal parte de Kinshasa. L’homme politique congolais est devenu un loup pour son semblable.
Les candidats propriétaires de petites stations de radios et de télévisions dans les territoires, secteurs et villes des provinces utilisent ces médias à la fois pour régler des comptes aux hommes et femmes candidats aux mêmes scrutins qu’eux et pour faire passer des messages de haine à l’endroit des voisins en direction de leurs partisans. Les effets dévastateurs de ces campagnes du type « Radio des Milles Collines » ne sont plus à démontrer.
Interrogés au sujet de l’installation de la culture de la violence au sein de l’électorat congolais, certains candidats à la députation nationale affirment, pince sans rire, qu’il s’agit là, pour eux, une autre manière d’exister politiquement. Il semble que le terrorisme préélectoral serait la recette appropriée pour faire face aux candidats ayant des bases sociologiques sûres et donc difficiles à déstabiliser.

En cette période préélectorale, tous les moyens sont bons pour soit s’attirer la sympathie de l’électorat, ou, à défaut, le placer dans l’impossibilité d’exprimer, le moment venu, son vote dans l’urne. La politique de la terre brûlée est en marche. Le 28 novembre 2011, de nombreux électeurs et électrices risquent de ne pas sortir de leurs maisons pour les bureaux de vote, si des mesures efficaces de leur protection ne sont pas prises par les autorités congolaises et les partenaires extérieurs de la République Démocratique du Congo. Le climat préélectoral est tellement pourri que l’idéal des élections libres, indépendantes, transparentes et apaisées risque d’être un leurre. Kimp

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