Cerefo : une nouvelle extension pour sourds- muets, albinos et filles-mères

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La création dans la commune de Kasa-Vubu de la nouvelle extension du Centre de récupération et de formation pour la réinsertion des orphelins et des filles-mères, a été accueillie comme une bouée de sauvetage pour la jeunesse congolaise, aujourd’hui déboussolée et sans repères. Souvent délaissés par des membres de famille irresponsables et moins généreux, stigmatisés par la société pour leurs conditions physiologiques particulières et abandonnés par tous pour avoir eu précocement des enfants, les orphelins, sourds-muets, albinos et filles-mères de la ville de Kinshasa, peuvent aujourd’hui à juste titre, pousser un ouf de soulagement, avec cette extension située sur l’avenue de l’Enseignement, derrière la station d’essence Engen, au Pont Kasa-Vubu. 

            En effet, le Cerefo qui avait démarré en 2002, la formation en coiffure professionnelle avec un effectif de moins d’une vingtaine d’apprenants, est débordé.   Au départ, consacrée exclusivement aux orphelins et filles-mères, la formation fut élargie aux Shegués, ces enfants de la rue, sans domiciles fixes, qui squattent le centre-ville et se livrent à la petite criminalité. Après le centre a ensuite ouvert ses portes aux sourds-muets, cette catégorie des personnes qui éprouvaient de sérieuses difficultés de communication, parce que privées à la fois de leur faculté de s’exprimer par la parole et  l’ouïe.

            L’ambassade du Canada en RDC, touchée par l’action de formation et d’encadrement des orphelins et des sourds-muets de deux sexes, avait alors apporté son appui à ce centre dont les locaux du siège central de la Gombe, étaient ravagés par la moisissure et une décrépitude généralisée à la suite du suintement régulier des eaux de pluies.

            L’histoire de ce centre retiendra que quelques personnes de bonne volonté et quelques rares entreprises de la place que contribuèrent à fournir quelques matériels didactiques de qualité qui ont pu servir aux exercices pratiques de la coiffure, de manucure et pédicure, donnant un coup de pouce à cette formation technique spécialisée. 

Des jeunes sauvés de la débauche, 

             Au terme de plus de cinq promotions, le bilan, est globalement positif. Car, à en croire le fondateur et président de cette Ong, Ibrahim Bourama Dieme, de nombreux finalistes du Cerefo ont été engagés dans plusieurs salons de coiffure à travers la ville de Kinshasa et dans les autres provinces du pays. D’autres sont allés à l’étranger avec leurs parents où ils font la fierté de la formation.    

Mais au-delà du parchemin leur décerné, dans les milieux des associations d’encadrement de la jeunesse désoeuvrée, on se réjouit de voir que ces finalistes possèdent toute la technicité des soins de cheveux, de la coiffure par la création des modèles, et qui en plus, excellent dans la manucure et la pédicure. Et qu’en outre, ils sont aujourd’hui en mesure de se prendre en charge et d’assurer la survie de leurs familles et de leurs enfants. Alors qu’en étant abandonnées à leur triste sort, un grand nombre d’entre elles non encadrées et non formées, avait sombré dans le désespoir et basculé dans la débauche.         

   J.R.T.

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