Cepas : 50 ans de présence en RDC

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La célébration du jubilé d’or du Centre d’Etudes Pour l’Action Sociale(CEPAS) vient de prendre une vitesse de croisière avec l’organisation de la conférence « Spécial Cepas», le vendredi 20 mars 2015 dans la salle père Boka. Autour de deux éminents orateurs, Ferdinand Muhigirwa et Francis Kikassa, l’assistance a réfléchi autour du thème : « Le Cepas : regards interne et externe ».
Premier à prendre la parole, Francis Kikassa Mwanalessa qui a œuvré dans ce centre pendant plus de 4 décennies (1965-2009) a consacré sa communication, «Les hommes dans l’arène : Un regard interne sur le Cepas», à la genèse de ce haut lieu du savoir.
En somme, l’on retient que c’est depuis 1952 que l’idée de fonder à Kinshasa un Centre social jésuite était en l’air. Les pères Segers et Erpicum, rapporte Francis Kikassa, pressentaient l’imminence de profonds changements dans la société congolaise. Envisageant positivement les inévitables évolutions, la Compagnie de Jésus entendait apporter sa contribution au niveau de la réflexion comme au niveau de l’action. « Plusieurs jeunes jésuites étaient orientés vers des études de sciences humaines : économie, sociologie, droit. Les supérieurs leur avaient demandé de constituer une équipe engagée dans le domaine social. Très tôt, ils avaient commencé à rassembler livres et revues pour la future bibliothèque… », a-t-il indiqué.
C’est au fil du temps que l’équipe s’est construite, alors que de janvier 1965 à 2015, 8 directeurs se sont tour à tour succédés à la tête du Centre. Il s’agit des pères Willy de Craemer (1965-1967), Henri de De Decker (1967-1978), Joseph Segers (1978-1985), René Beeckmans (1986-1991), Richard Erpicum (1991-2000), Léon de  Saint Moulin (2001-2004), Muhigirwa Ferdinand (2004-2012) et Metena Simon-Pierre (2012-).
Ayant choisi d’orienter ses activités vers 5 secteurs (la célèbre revue Congo-Afrique, la bibliothèque, l’animation sociopolitique, l’appui au développement et évaluation, et enfin, les éditions et publications), le Cepas se veut un centre de référence en recherches et actions innovantes et transformatrices de la société. «Il promeut un leadership et une culture de gestion économique, sociale et politique, créateurs de richesses et de bien-être pour chaque Congolais», a conclu Francis Kikassa.
Pour sa part, le père Ferdinand Muhigirwa a suggéré 7 défis et perspectives qui, assumés et mis en application, peuvent aider le Cepas à bien assumer l’après Jubilé d’or. Il s’agit, en premier lieu, de cultiver et d’approfondir un regard de foi et d’espérance. «Le CEPAS n’est pas simplement une œuvre humaine. Si le Seigneur ne bâtit le CEPAS, c’est en vain que peinent ses agents. Je présume que c’est avec un regard de foi et d’espérance que le CEPAS inaugure le second jubilé d’or», a-t-il appuyé.
Mais, la foi et l’espérance ne suffisent pas, encore moins la bonne volonté. Il faut une préparation des jésuites et des collaborateurs qualifiés et compétents.
Il préconise aussi le renouvellement du CEPAS, sur base d’une évaluation permanente de ses activités, en fonction de son projet initial ; la promotion d’un marketing professionnel et agressif pour la revue Congo-Afrique et les autres publications du CEPAS ; la mise en place d’une culture du suivi et de l’évaluation des structures et des activités ; la formation et le renforcement des capacités des membres pour réaliser la mission, la vision et rendre opérationnels les projets stratégiques définis en 2011 et reformulés en 2015. « Nous devons repenser les Journées sociales avec un public cible des jésuites et des collaborateurs laïcs qui vont prolonger les recherches-actions du Cepas dans leur milieu de vie », a-t-il conclu.

Tshieke Bukasa