Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa : le KVS a partagé sa vision de travail avec les Congolais

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Le programme des activités de la 2ème Plateforme des arts de la scène à Kinshasa tient bien sa route. Le 15 juillet dernier, le KVS, Théâtre Royal Flamand, initiateur de la Plateforme, a partagé sa vision de travail avec les artistes congolais au sein de la Bibliothèque de la Wallonie-Bruxelles. Une joviale rencontre et pleine de symboles à ce moment où les politiques se divisent tant au niveau des deux Etats tout comme au niveau des communautés en Belgique. Tout simplement, la culture unit dans la diversité des pensées! 

            En effet, le KVS a planché sur l’évolution de son espace culturel à Bruxelles la capitale, son ouverture à d’autres sensibilités et sa présence en RDC.

Abordant le point relatif à l’évolution du KVS à Bruxelles, son directeur artistique, Jan Goossens, a expliqué : « Dans les années 1980 à 1990, le KVS était compris comme uniquement le théâtre s’adressant à la communauté de langue néerlandaise.  Evidement, avec le temps, la communauté flamande était devenue minoritaire (15%) par rapport aux Wallons (50%) et le reste composé d’une population neutre. Nous étions, donc, une minorité très protégée avec notre vie culturelle et des moyens de plus en plus forts. Mais, entretemps, le paysage théâtral a beaucoup changé entre les années 1990 et 2000. Nous venons de prendre la direction du KVS qui a dû déménager en 1991 vers Molenbeck, un quartier très défavorisé avec une population à majorité d’origine étrangère. Il leur était difficile de s’identifier à notre théâtre. Il n’y avait pas de flamand et le KVS y était très isolé. Notre public vivait en majorité en dehors de Bruxelles. »

            Dans cette transition, les nouveaux responsables du KVS ont commencé à réfléchir : « Que faire ? Une question difficile ! Devrons-nous abandonner, relancer avec une compagnie indépendante de toute sensibilité communautaire ou réinventer le projet avec une nouvelle mission ? »

            Pour la dramaturge flamande, HILDEGARD : « Il était important de comprendre que le Théâtre royal flamand était une institution officielle et il fallait trouver vite les solutions. Son nouveau conseil administratif était composé de jeunes artistes très dévoués qui ont eu l’idée principale de s’ouvrir vers les autres cultures. Les connections  étaient vite établies avec les différentes communautés de Molenbeck et autres de Bruxelles. Il n’était plus question de travailler uniquement avec les flamands. Plus question d’exclusivité. Nous avons fait table rase des histoires en copie conforme venant de Londres et ailleurs. Notre répertoire des histoires à raconter s’est agrandi en partageant avec les cultures africaines et autres. D’où le succès de « Gembloux », une pièce de théâtre mettant en exergue un tirailleur marocain pendant la 2ème guerre mondiale. D’autres pièces inédites ont créées et des décisions salutaires prises en consensus par une équipe soudée pour faire éclore le KVS. »

            Bref, la transformation de KVS était bien en place avec des théâtres produits et sous titrés en trois langues (néerlandais, français et anglais). Désormais, le KVS est fréquenté par des jeunes dont à 50%  du public vient de Bruxelles, 20% des francophones dont 30% à moins de trente ans. 65% du public fréquentent une ou deux fois par an le KVS. De cette suite logique de travail structuré en profondeur, le KVS est allé au rendez-vous avec la RDC en 2005.

            A ce propos, M. Paul Kerstens, coordinateur du Programme en Afrique a souligné : « Nous avons eu l’initiative de réaliser des projets en partenariat avec les artistes de deux peuples. Les artistes ont défini  principaux axes. Nous avons eu à produire « Léopold II, un texte qui parle de l’histoire coloniale belge sous une forme artistique. Par devoir de mémoire, il fallait que la jeunesse ne puisse ignorer les tristes réalités de l’histoire. Il a été question aussi de créer le pont entre la communauté africaine de Bruxelles qui n’avait aucun contact avec la vie culturelle en Belgique. D’où le contact avec les jeunes artistes d’origine africaine ou belge d’origine africaine sur les possibilités des rencontres et des résidences de créations. Des contacts se sont poursuivis avec les artistes résidents en Afrique et particulièrement en RDC. A Kinshasa, nous avons constaté un engouement sans précédent pour le théâtre, la musique, les arts plastiques… »

            Aujourd’hui, le KVS a investi dans un partenariat gagnant-gagnant qui a donné lieu à des résidences en Flandre des artistes congolais tels Sammy Baloji du Katanga, Faustin Liyenkula du Studio Kabako de Kisangani et Papy Bwiti de l’espace Béjarts de Kinshasa… Mais, aussi à des collaborations avec les espaces culturels  tels que le Centre culturel congolais le Zoo qui a été réhabilité ou encore cette grande plate-forme en partenariat avec le Ministère congolais de la culture et les centres culturels étrangers à Kinshasa…

Eddy Kabeya

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