Centre Recherche Géologique et Minière (RGM) : les érosions de la ville de Kinshasa à l’étude

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« Le Centre de recherche géologique et minière (CRGM) travaille en amont pour prévenir la parution des érosions. Le travail du CRGM est plus préventif que curatif. Le CRGM cherche à comprendre le phénomène pour qu’il ne reproduise pas », nous ont déclaré dans un entretien jeudi 19 août 2010 au CRGM, Mavungu-Ma- Mpadi, ingénieur géologue et maître es sciences géologiques et minéralogiques et chef local du sous- projet de géologie urbaine, et le jeune chercheur Ntombi Akheem. 

            C’est pour savoir où en était ce centre public de recherche dans son sous- projet consistant à étudier la géologie urbaine de Kinshasa, et plus particulièrement son volet relatif à la géomorphologie et télédétection que nous nous y sommes rendu. Ce sous- projet fait partie de trois projets impliquant le CRGM et le Musée royal d’Afrique centrale de Tervuren, en Belgique.

    Au départ, ont- ils dit, il y a eu le constat de la présence des érosions dans la ville de Kinshasa. Le centre décida alors de faire un éventaire et l’identification pour connaître exactement ce qui se passait réellement. Il y a eu alors plusieurs descentes de terrain à Kinshasa pour localiser tous les grands ravins à travers la ville et on y a associé des images satellitaires, des photographies aériennes et un support numérique pour comparer la situation de terrain et la situation de la banque des données. 

Résultats 

            Le CRGM vient de produire une carte des ravins de Kinshasa. La carte a été établie sur base d’une image satellitaire de type SPOT à une résolution (précision) de 5 mètres.

            Il a établi aussi le nouvel Atlas de Kinshasa qui comprend 115 feuilles (morceaux) et chaque feuille comprenant une partie de la capitale a été traitée. « Le nouveau modèle numérique de terrain est une carte des risques basée sur une carte de pente de Kinshasa et la carte de répartition des ravins de la capitale », a tenu à préciser Ntombi Akheem.

    La plupart des ravins sont dans les sites collinaires, essentiellement dans la ville basse , notamment à Mont- Ngafula, Ngaliema, Lemba, Kisenso, Selembao et Bumbu. Au mois de mai dernier, les géologues étaient à Kikwit, où ils ont pu observer que le contexte de cette ville de la province de Bandundu était différent de celui de Kinshasa.

    A chaque endroit où il y avait présence des ravins, des échantillons de sable ont été prélevés. Ces échantillons ont été traités et analysés au laboratoire mécanique des sols à l’Université libre de Bruxelles. Le traitement et l’analyse de ces sables ont indiqué que la nature du sol présentait certaines caractéristiques qui expliquaient son manque de résistance par rapport à l’activité hydrologique.

    Une carte de 1957, ont dit Mavungu-Ma- Mpadi et Ntombi Akheem, indique qu’il n’y avait pas d’érosion dans la ville de Kinshasa.

            Pourquoi il y a eu alors création de ce phénomène ? Par leurs observations, les géologues congolais et belges prenant part à ce projet ont relevé l’occupation des sols. Le plus gros problème est l’urbanisation anarchique de la ville. Ils ont relevé aussi le fait que les infrastructures de canalisation des eaux n’ont pas suivi l’urbanisation anarchique et l’explosion démographique.

    Pour prévenir cette situation, les géologues ont des préoccupations techniques à soumettre au gouvernement et aussi aux habitants de Kinshasa à la fin de ce projet qui a démarré en 2008 et se poursuit jusqu’en 2012. Ces préoccupations ont trait essentiellement à la gestion des eaux avant leur ruissellement. Ils préconisent, en premier lieu, la rétention des eaux dans les parcelles. En plantant par exemple la pelouse, c’est une technique qui permet à la population de réduire la force de ruissellement, mais pas de l’arrêter.

            Ils pensent aussi aux caniveaux. Ces derniers ont été construits pour un million d’habitants. N’étant pas entretenus, ils arrivent à céder facilement. Donc, il faut penser à la construction des caniveaux ici et là à travers la ville.

            Ils préconisent aussi des sanctions pour ceux qui vont lotir dans endroits à risques. 

Pourquoi ce projet ? 

    Rappelons que le sous projet avec la Belgique en rapport avec la géologie urbaine de la ville de Kinshasa vise, d’abord, le renforcement des capacités de CRGM en matière de recherche géomorphologique et de la géologie environnementale dans la ville de Kinshasa. Cela se fait en travers deux volets. Le premier a trait aux matériaux didactiques, notamment par la livraison de certains matériels au CRGM. Le second a trait aux constructions éducatives, notamment par l’organisation des stages groupés ou individuel en Rd Congo ou en Belgique ; et aussi la coproduction d’étude à une université belge.

     Ce projet vise aussi à fournir des informations et recommandations aux autorités compétentes pour l’aménagement et le développement socio-économique de la large région de Kinshasa. La motivation de ce projet est consécutive à l’extension de la ville de Kinshasa. Avec le changement de la morphologie de la ville, l’augmentation de la population, l’urbanisation anarchique, il s’imposait la fabrication d’une nouvelle carte topographique qui forme toute la base de recherche.

    Signalons, cependant, que n’eût été l’implication financière de la Belgique, les recherches menées actuellement par le CRGM n’auraient pas eu lieu. Outre les deux chercheurs congolais cités, il convient d’ajouter aussi Christophe Tumwaka. Du côté belge, il y a Jan Moeyersons, chef du projet ; Philippe Trefois, superviseur et maître de stage ; et Ine Vandecasteele, membre de la sous section géomorphologique au musée royal. 

Jean- René Bompolonga

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