La Ceni trahie par la machine à voter

1
1261

Très critiquée au sein des états-majors politiques, aussi bien de la Majorité Présidentielle que de l’Opposition, à cause de sa propension à tripatouiller la vérité des urnes, la machine à voter a de nouveau montré ses limites le vendredi 1er décembre 2017, au Palais du Peuple, à l’occasion d’un test de fiabilité exigé par la Commission Politique, Administrative et Juridique de l’Assemblée Nationale. C’était en marge du toilettage du Projet de Loi Electorale, avant son examen en plénière.

Un crime n’étant jamais parfait, les experts de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) venues faire la démonstration de la haute technicité de la machine à voter étaient désemparés face à une panne qui a hypothéqué leur séance didactique. En dépit de toutes les tentatives amorcées pour la faire fonctionner, elle a « refusé »
d’obéir à ses maîtres.
D’aucuns pensent que la CENI a été trahie dans son projet d’imposer
un outil de travail incontrôlé et incontrôlable dans le processus
d’enregistrement et de comptage des voix des électeurs.
La leçon à tirer de cette innovation est qu’elle s’avère très
dangereuse pour le processus électoral congolais. Par conséquent, il
faut s’en méfier comme la peste. Au vu de ce qui s’est produit au
Palais du Peuple, plus aucun doute n’est permis quant à
l’impossibilité d’obtenir des scrutins transparents avec des machines
à voter qui ne rassurent personne.
Vendredi, c’était une panne dans un outil de travail que l’on suppose
avoir été suffisamment conditionné pour ne pas connaître le moindre
couac. Si la CENI n’a pu garantir aux députés nationaux membres de la
PAJ un vote transparent et incontestable en circuit fermé, qu’attendre
des machines à voter au niveaux des bureaux de vote dans les grandes
villes, les territoires, secteurs et villages du pays ? N’est-ce pas
que les électeurs congolais s’acheminent vers des scrutins où leurs
voix seraient manipulées à leur guise par les planificateurs des
fraudes électorales ? A cet égard, il y a lieu de craindre que le
fameux seuil de représentativité des candidats, partis et
regroupements politiques soit non pas le reflet des résultats des
urnes, mais plutôt le produit d’une « panne ».
Si les responsables de la CENI peuvent tirer les conséquences des
caprices de la fameuse machine à voter expérimentée vendredi au siège
du Parlement national, la moindre des choses serait de renoncer à leur
nouveauté et de revenir au traditionnel vote manuel, en dépit des
dégâts qu’il a déjà causés aux processus électoraux de 2006 et 2011,
avec l’assassine formule de la compilation des résultats.
Kimp

1 COMMENT

Comments are closed.