La CENI sensibilise les chefs des confessions religieuses

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Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI
Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI

En prélude au lancement imminent de l’opération de la Révision du fichier électoral dans la ville province de Kinshasa ce dimanche 28 mai 2017, le Vice-président de la Ceni, Norbert Basengezi Kakintima, a échangé hier mercredi 24 mai au siège de cette institution d’appui à la démocratie,   avec la Commission d’Intégrité et de Médiation électorale composée des chefs des confessions religieuses.  L’objectif était de solliciter l’implication  des églises pour la réussite totale du processus sur toute l’étendue de la capitale, tout en respectant
scrupuleusement les orientations de la Ceni. Cette dernière a jugé bon d’échanger avec cette catégorie de la population en raison de la forte implantation des églises dans différentes communes de la capitale.

Ce haut cadre de la CENI a invité les églises à apporter leur soutien
total à la CENI car, dit-il, si la sensibilisation a réussi dans
d’autres provinces avec les retombés en termes d’électeurs enrôlés qui
ont dépassé 100%, pourquoi pas à Kinshasa ? s’est-il interrogé.
D’après lui, le rôle des Eglises est aussi d’initier des lettres
pastorales, inviter les différents acteurs politiques et de la société
civile à mettre entre parenthèse les querelles byzantines ainsi que
leurs divergences confusionnistes et politiques pour que tout le monde
participe à la réussite de cette opération.  C’est sur base du nombre
des enrôlés, a-t-il assuré,  que Kinshasa aura la chance de récupérer
les 7 sièges perdus à l’occasion de l’enrôlement de 2011.
Il a aussi invité ses hôtes à sensibiliser les jeunes majeurs, les
femmes et aussi à mobiliser les personnes vulnérables. Il a confié que
la CENI va appuyer les églises  en mettant à leur disposition du
matériel de sensibilisation ainsi que ses points focaux présents dans
les six antennes de Kinshasa.

4.413.038 électeurs attendus

Par ailleurs, le vice-président de la Ceni a invité les Kinoises et
Kinois des 24 communes de la capitale à une mobilisation massive en
vue d’atteindre les estimations de la Centrale électorale qui sont
évaluées à plus de 4 millions d’enrôlés avec les projections suivantes
dans chacune de six antennes de Kinshasa. Gombe : 358.324 électeurs ;
N’djili : 1.143.088 ; Limete : 1.107.680 ; Kalamu : 827.347 ; N’sele :
270.298 et Ngaliema : 106.301. Ainsi donc, plus de 1.295 kits seront
déployés à travers la ville de Kinshasa pour le bon déroulement de
cette opération.

Conditions pour l’octroi de la carte d’électeur

Ce haut cadre de la Ceni en charge de la sensibilisation a fait
savoir que la procédure pour l’octroi de la carte d’électeur demeure
la même. Le requérant doit se munir au moins d’un des éléments
suivants : Acte de naissance, permis de conduire, carte d’élève ou
d’étudiant, un document  de l’INSS qui donne la sécurité sociale, une
ordonnance présidentielle pour ceux qui se sont naturalisés congolais,
un passeport mais surtout sa carte d’électeur de 2011.
Au cas où l’on ne détient aucune de ces pièces, il est recommandé de
se présenter avec trois témoins déjà enrôlés et également le chef du
quartier ou de l’avenue qui pourra témoigner de votre présence à
l’adresse donnée.

Les défis et difficultés de la CENI

Depuis le lancement des opérations d’enrôlement en juillet 2016, la
CENI affirme avoir fait face à plusieurs défis et difficultés que son
vice-président a groupé en trois axes : la logistique et le
déploiement des matériels, le financement du processus via le fonds de
décaissement de l’Etat mais de problèmes de liquidité pour faire
parvenir les moyens à tous les agents repartis sur le territoire
national et enfin, le défi sécuritaire dans l’espace Kasaï, deux
territoires de Lomami ainsi que les vols des kits et le décès brutal
de 17 agents  de la CENI.
Le vice-président de la Ceni a martelé la ferme décision de son
institution à ne pas aller aux élections sans l’enrôlement des
populations dans l’espace Kasaï. La Ceni attend également la
promulgation de trois textes majeurs, à savoir  la loi qui permettra
d’assurer un budget conséquent pour le respect du calendrier à
publier, la loi électorale à amender et enfin, la loi sur la
répartition des sièges.
Perside Diawaku
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Rubrique : Société
L’antre des loups du Pont Kasa-Vubu garde ses mystères
Dans la cartographie des refuges de malfaiteurs de la ville de
Kinshasa les plus célèbres, « l’antre des loups » du Pont Kasa-Vubu
est l’un de ces coins coupe-gorges toujours très actifs. Un fait
insolite, une extorsion à main armée, survenue le samedi 20 mai 2017,
vers 1 H 45’, a exhumé pour les quelques témoins de cette scène de
violence, les souvenirs traumatisants des attaques de bandits et
ravivé la peur panique.
Après une soirée passée dans une terrasse de Matonge en compagnie
d’une meute de filles de joie, où la bière et les flacons de whiskies
ont été ingurgités sans modération, trois jeunes hommes grisés par
l’alcool, taillant bavette, longeaient cette nuit-là, l’avenue
Kasa-Vubu, sur le trottoir. En route pour Barumbu, leur commune de
résidence.

Sortis de nulle part, cinq délinquants, armes blanches dissimulées
sous leurs habits, le pas pressé, les talonnaient, comme décidés à les
rejoindre. Ce qui fut fait, au moment où les trois viveurs, Alain, Ben
et Roxy,  atteignaient l’entrée du terrain de volley-ball du Stade des
Martyrs. L’attaque surprise a débuté par l’encerclement des victimes à
qui les marginaux brandissaient des machettes, des barres de fer et
autres tessons de bouteilles.
Pour Ben, il était temps de réciter une petite prière, peut-être que
la mort était proche. Mais comment prier quand les bandits démarraient
la fouille des poches. Moins de quelques minutes plus tard, un butin
était arraché. Il comprenait cinq téléphones androïd, des billets de
banque, deux montres-bracelets, trois chaînettes en or, ainsi que
quelques documents importants.

Roxy, l’une de victimes, a été tabassé copieusement, pour avoir
sollicité la restitution de ses trois téléphones aux répertoires
garnis d’adresses.
Tremblotant comme des feuilles mortes, ses deux copains, incapables
de réagir, compatissaient à cette bastonnade qui s’est vite arrêtée
quand une voiture a braqué les lumières de ses phares à halogène sur
le groupe.
Aussitôt dévoilés, les cinq malfaiteurs ont détalé en toute vitesse en
dévalant un passage, avant de disparaître dans le grand caniveau, leur
antre. Cette extorsion rappelle curieusement la série des agressions
enregistrées à l’époque au Pont Kasa-Vubu. D’autres piétons révoltés
par la scène ont tenté de pourchasser les délinquants sans parvenir à
les sortir de leur refuge.

J.R.T.