CENI : montée des enchères…

0
39

Il semble que la candidature du pasteur Ngoie Mulunda à la présidence du Bureau de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) pourrait souffrir d’une sérieuse concurrence. Le nom le plus cité pour le sprint final serait celui de Flavien Misoni, présentement Directeur des Opérations à la CEI (Commission Electorale Indépendante) en sursis. Ce qui est curieux est que les deux protagonistes appartiennent à l’Alliance de la Majorité Présidentielle. 

            Les pro Misoni le plébiscite en raison de sa profonde connaissance des rouages du pouvoir organisateur des élections et de sa parfaite maîtrise des dossiers relatifs au processus électoral. D’aucuns pensent que sa désignation éviterait à la CENI un round d’observation et forcément de tâtonnement, préjudiciable à la course contre la montre que le pays vient d’engager contre lui-même.

            Les anti-Ngoie Mulunda se demandent si ce dernier aura suffisance de courage pour se débarrasser de sa casquette de « Kabiliste » pur sang et se mettre au service de la collectivité nationale. L’autre argument avancé concerné le travail controversé qu’il a mené à travers le pays pour le ramassage des armes contre l’argent : 100 dollars contre une arme à Kinshasa et 50 dollars contre une arme en provinces.

            Il n’est pas évident, indique-t-on, qu’il ait réussi le désarmement des milices et groupes armés, plus que jamais actifs dans la partie Est du pays. L’insécurité y bat son plein, ainsi que le trafic d’armes. Après le passage du Parec, disent certains, égale avant le passage du Parec, en termes de circulation d’armes et d’entretien des foyers d’insécurité dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema, la Province Orientale, l’Equateur.

            Lorsque l’on pense à l’insurrection des Enyele dans la province de l’Equateur entre septembre 2009 et avril 2010 et au tout récent assassinat de trois éléments des FARDC au Camp Ebeya, dans la ville de Kikwit, on a des raisons de douter de l’opération menée par le pasteur Ngoie Mulunda.

            On raconte qu’à Kinshasa, où une somme de 100 dollars était remise à quiconque remettrait une arme au Parec, nombre de militaires et d’officiers s’étaient permis de piller des magasins d’armement, pour se faire un peu d’argent.

            Au chapitre de l’insécurité, rien n’a changé. La preuve ? L’inspecteur provincial de la police, ville de Kinshasa, a donné de la voix lundi dernier pour dénoncer les éléments en uniforme qui participent aux actes de braquage et pillages des biens de paisibles citoyens.

            D’où l’on se demande si quelqu’un qui a conduit le processus de désarmement volontaire des détenteurs d’armes avec les résultats mi-figue mi-raisin que l’on connaît serait à même de réussir dans l’arène politique. 

                                                                                  Kimp.

LEAVE A REPLY

*