Ceni : l’exclusion de la Société Civile, un mauvais signal

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La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) se réjouit de l’adoption  vendredi 07 mai 2010, de la loi portant création, organisation des élections et fonctionnement de la Commission Electorale Nationale et Indépendante (CENI) par I’Assemblée Nationale de la RDCongo.

Cependant, la VSV est, au demeurant, très préoccupée quant aux divergences profondes apparues lors des travaux de la Commission paritaire entre les deux chambres, le Sénat et l’Assemblée Nationale.

Cette dernière a exclu la Société Civile de la composition de la CENI en maintenant à sept (7) l’effectif de membres de cette institution d’appui à la démocratie.

Personne n’ignore le rôle combien important joué par la Société Civile dans la lutte en faveur de la démocratie et de I’avènement d’un Etat de droit en RDCongo.

Son exclusion de ta CENI est la conséquence logique de la politisation de la « Société Civile » par la classe politique à des fins partisanes. Et ce, aux risques d’engendrer de graves conséquences, notamment le manque d’indépendance, de neutralité ou d’impartialité dans l’exercice de sa mission, et, ainsi, favoriser la tricherie ou la fraude aux élections prochaines,

La VSV s’insurge contre la création par la classe politique d’une Société Civile colorée, utilisée abusivement, ces dernières années, pour le besoin de la cause, afin de desservir, discréditer et d’exclure «  intelligemment » la Vraie Société Civile, fidèle aux idéaux universels positifs aux côtés de la population RDCongolaise, longtemps assoiffée de la démocratie, de la bonne gouvernance, bref d’un Etat de droit.

Beaucoup d’observateurs constatent, non sans étonnement, le paradoxe anachronique de la survivance de la Commission Electorale Indépendante (CEI) à quelques mois d’élections prévues en 2011, alors que cette institution, mise en place par la loi no04/009/du 05 juin 2004, en application de la Constitution de la Transition, aujourd’hui abrogée, continue de gérer sans assise légale et par défi le processus électoral, jusqu’à ce jour, avec, entre autres, les opérations de révision du fichier électoral en violation de la Constitution de la république, actuellement en vigueur.

En plus, des allégations de mauvaise gestion et d’indélicatesses financières qui pèseraient sur la CEI, et sont à la base de la paralysie administrative, opérationnelle et la crise observées au sommet de cette institution sont de nature à conduire à la compromission et à l’entrave sans précédent de l’avenir de la démocratie en RDCongo.

La VSV craint que I’exclusion de la Société Civile de la CENI ne soit une manoeuvre visant à maintenir une mainmise des hommes politiques pour le contrôle de l’appareil électoral et, partant, de tout le processus politique en RDCongo afin de conserver à tout prix le pouvoir et de ravaler davantage la population dans la misère et la pauvreté.

Vu les dangers et risques, la VSV lance un vibrant appel à l’opinion nationale et la Communauté internationale afin d’exercer de fortes pressions sur le pouvoir actuellement en place en RDCongo, dans le but d’obtenir du président de la République une nouvelle lecture du texte de loi en vue de l’implication effective et salvatrice de la Vraie Société Civile et l’harmonisation des divergences, non encore aplanies, entre les deux chambres du Parlement sur la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI en RDCongo. 

Fait à Kinshasa, le 07 mai 2010.

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