Ceni – députés provinciaux : dialogue des sourds

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Ceni_1Une quarantaine d’élus de la ville province de Kinshasa ont passé toute la journée d’hier mardi 8 juillet 2014 à la Maison des élections, dans la commune de Gombe. Rencontre organisée par Commission Electorale Nationale Indépendante dans le cadre de concertation entre la Ceni et institutions politico-administratives, cette dernière avait pour objectif de vulgariser le calendrier des élections municipales, locales et urbaines publié au mois de mai.

 Ouverte par le rapporteur de la Ceni, Kalamba Mulamba et Roger Nsingi, président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa, cette matinée a permis aux élus de Kinshasa d’être au parfum des différents enjeux électoraux auxquels la République Démocratique du Congo doit faire face.

Dans son allocution d’ouverture, le rapporteur adjoint a indiqué que cette matinée d’échanges avait pour objectif spécifique d’éclairer les députés provinciaux sur les options proposées par la Ceni pour le calendrier électoral.

Prenant la parole à son tour, Roger Nsingi, président de l’Assemblée provinciale, a déclaré que la tenue de cette matinée tombait à pic, étant donné que les députés provinciaux n’étaient pas d’accord avec ledit calendrier. Le rejet des propositions de la Ceni concerne plus le mode du scrutin qu’elle propose pour les élections de députés provinciaux, à savoir le suffrage indirect.

Les députés veulent un suffrage direct

Après les différentes allocutions d’ouverture, les députés ont suivi l’exposé de Corneille Nanga, Secrétaire exécutif  national adjoint de la CENI, au cours duquel il a expliqué le déroulement et les modes du suffrage à appliquer.  Corneille Nanga a, en outre, parlé de l’harmonisation, de la stabilisation et de la fiabilisations du fichier électoral. Il a terminé son adresse en donnant les exigences, les défis majeurs à relever ainsi que l’apport de chaque partie prenante dans ce cycle électoral.

Pour mettre fin aux arriérés des deux précédents cycles de 2006 et 2011, la Ceni a décidé d’organiser les différents scrutins dont certains, selon les différentes options, devront à tout prix être indirects notamment : les élections des députés provinciaux, des sénateurs, des gouverneurs et des vice-gouverneurs qui devront être élus par les conseillers des communes, secteurs, chefferies.

Sur ce point, les députés s’en sont pris à la Ceni. Pour eux comme l’a déclaré Roger Nsingi ainsi que d’autres députés, en organisant les scrutins au suffrage indirect : la Commission Electorale Nationale Indépendante cherche à violer les droits de vote de la population, alors que le pays est en plein processus démocratique.

Les élus de Kinshasa ont martelé que les options présentées par Ceni voudraient donner un coup de pousse aux élus de la majorité et à ceux qui auront beaucoup d’argents pour remporter le plus de voix. Pour résoudre cette équation, ils ont suggéré à la Ceni l’organisation d’un scrutin où les élections provinciales seront couplées avec une autre même les urbaines.

Répondant aux préoccupations des députés, les délégués de la Ceni ont déclaré tout haut que c’est sans intérêt, ni mauvaise intention que ces propositions ont été faites. C’est suite à une analyse claire et nette des réalités congolaises que  ces options ont été suggérées.

Quant à l’accouplement, la Ceni a déclaré que techniquement, cela n’est pas possible pour plusieurs raisons notamment, les candidats et circonscriptions électoraux totalement différents, le déploiement des kits électoraux, les fonds non disponibles, etc.

Dorcas NSOMUE    

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