La CENCO soutient les femmes politiques

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Des évêques membres de la CENCO lors de l’ouverture du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 08/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des évêques membres de la CENCO lors de l’ouverture du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 08/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

La Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a organisé, le mardi 7 février 2017, une tribune d’expression populaire sur « Le respect des droits de la femme congolaise pour la construction d’une démocratie inclusive ». Cette activité, initiée en partenariat avec
l’USAID et l’UKAID, entrait dans le cadre de la journée internationale de la femme.

L’objectif de cet échange qui a réuni des femmes de la Majorité, de l’Opposition, de  la Société civile, des organisations féminines ainsi que des étudiants, était de réfléchir sur les voies et moyens susceptibles de permettre à la femme congolaise d’émerger sur la scène
politique et de contribuer activement à la consolidation de la démocratie. D’après le Secrétaire général de la CENCO, l’abbé Donatien NShole, malgré l’existence de la disposition constitutionnelle fixant un quota de 30 % à la femme dans les institutions de la République,
les femmes ne sont pas toujours suffisamment représentées au sein des instances de prise des décisions.
D’après Solange Masumbuko, la représentativité de la femme au sein des
instances décisionnelles nécessite au préalable une préparation. «
Aujourd’hui, nous sommes censés voir les femmes mieux s’adapter en
électronique, dans les nouvelles technologies de l’information et de
la communication, bref, nous devons entrainer les femmes dès le
bas-âge dans toutes les filières de la vie professionnelle pour les
pousser à s’adapter facilement dans le monde du travail », a-t-elle
souligné.
Elle a également indiqué que l’effectivité de la parité homme-femme
est aussi tributaire de la volonté politique, notamment l’implication
personnelle du Chef de l’Etat pour la mise en application de toutes
les lois relatives à cette problématique.
Pour la présidente de l’action pour le développement et
l’autonomisation des communautés africaines, Solange Masumbko, il est
nécessaire d’adopter des mesures incitatives devant favoriser une
bonne représentativité de la femme dans les instances décisionnelles à
l’instar d’autres pays du continent, dont le Sénégal et la Tunisie.
Malheureusement, en République Démocratique du Congo, le constat est
que  les femmes sont  représentées à  moins de 10 %  au sein du
parlement. Elle a par ailleurs plaidé pour la lutte contre toute forme
de discrimination à l’égard de la femme dans tous les domaines de la
vie.
La députée nationale Geneviève Inagosi, quant à elle, a exposé sur «
Les stratégies pour l’émergence politique de la femme en République
Démocratique du Congo à l’ère de la parité ». L’ancienne ministre du
Genre a préconisé l’adoption des mesures contraignantes dans les lois
consacrant la parité en RDC afin de permettre à la femme d’émerger sur
la scène politique. Elle a proposé, à titre d’exemple, des mesures
coercitives dans la loi électorale. Pour elle, les listes des
candidats aux élections qui ne tiennent pas compte de la parité
devraient être rejetées ; une façon de pousser les partis politiques à
favoriser, en interne, la parité homme-femme. Genevieve Inagosi
soutient également l’émergence des compétences féminines, par la
promotion des candidatures féminines à tous les niveaux.
« Il faut aussi impliquer les hommes dans la promotion de la femme
parce que la lutte pour la promotion des droits de la femme ne doit
pas demeurer l’apanage des seules femmes. », a-t-elle avoué.
Muriel Kadima