La CENCO pleure avec ceux qui pleurent

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Des évêques congolais membres de la Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des évêques congolais membres de la  Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des évêques congolais membres de la Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

1. Dans ses différentes prises de position, en particulier dans son message du 24 novembre 2015, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a attiré l’attention des Congolaises et Congolais sur les tribulations qui, à cause des crises socio-politiques récurrentes, ont semé le désarroi dans la population et entraîné la mort des millions de fils et filles de notre pays. En son temps, elle a impérativement demandé que l’on arrête de faire couler le sang.
2. Hélas ! Il est bien triste et regrettable de constater que ce 19 septembre 2016, le sang des Congolaises et Congolais a encore coulé. L’on déplore des pertes en vies humaines, des casses dans plusieurs coins de la ville de Kinshasa et de la disparition des personnes dont
deux prêtres. La situation est d’autant plus grave que cette nuit quelques sièges des partis politiques ont été saccagés par des inconnus.
3. La CENCO tient à rappeler que la vie humaine est sacrée et inviolable. Aussi l’Ecriture Sainte consacre-t-elle cette inviolabilité en interdisant à l’homme de porter la main sur son
semblable : « Tu ne tueras pas » (Dt 5.17).
4. Partageant les peines et les souffrances du Peuple congolais, la CENCO pleure avec ceux qui pleurent : elle présente ses condoléances les plus chrétiennes à toutes les familles endeuillées et les assure de sa proximité spirituelle. En même temps, elle implore sur les victimes la bonté miséricordieuse de Dieu pour qu’elles reposent en paix. Pour ce, les fidèles et les hommes de bonne volonté sont conviés à une célébration eucharistique à la Cathédrale Notre Dame du Congo, ce mercredi 21 septembre 2016 à 16h00.
5. Devant la gravité de la situation, la CENCO dénonce et condamne fermement la violence d’où qu’elle vienne. Elle rappelle aux uns et aux autres qu’ils ne sont pas des ennemis mais des frères et des compatriotes d’un Etat qu’ils doivent construire ensemble et non pas
détruire. Elle recommande qu’une enquête indépendante soit menée afin d’établir les responsabilités.
6. Cette tragédie coïncide malheureusement avec la tenue du dialogue national dont la finalité est d’éviter le chaos à notre pays et favoriser un aboutissement paisible et heureux du processus électoral. Cette coïncidence donne à méditer et à réfléchir. Le sang de nos
frères et sœurs innocents versé pour le respect de la Constitution nous interpelle et ne doit pas nous laisser indifférents. Il constate pour nous un signe des temps. Par respect pour eux, dans un élan de solidarité avec les familles éprouvées et le Peuple congolais tout entier, la CENCO estime judicieux suspendre sa participation au dialogue national pour faire le deuil et rechercher un consensus plus large.
7. Tout en suspendant sa participation au dialogue en cours, la CENCO tient à rappeler que par respect du cadre constitutionnel, tout accord politique à convenir devrait tenir compte des fondamentaux suivants :
1° Il devra être clairement établi et stipulé que l’actuel Président
de la République ne sera pas candidat à la prochaine élection
présidentielle à organiser le plus tôt possible.
2° Les dates des élections devront être fixées dans ledit accord.
3° Le plan de décaissement des fonds doit être clairement défini dans l’accord.
4° La composition du Comité de mise en œuvre de cet accord ainsi que son planning de travail devront être mentionnés dans cet accord.
5° Dieu de miséricorde, regarde où nous risquons d’aller ; répands sur notre pays et sur notre peuple ton Esprit d’amour et de paix. Très Sainte Vierge Marie, Reine de la paix, intercède pour nous.
Kinshasa, le 20 septembre 2016

Marcel UTEMBI TAPA
Archevêque de Kisangani
Président de la CENCO