La CENCO persiste et signe : un Dialogue inclusif

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Des évêques congolais membres de la Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des évêques congolais membres de la  Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des évêques congolais membres de la Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Dans une mise au point rendue publique le samedi 1er octobre, les princes de l’Eglise catholique réunis au sein de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, CENCO, ont réaffirmé leur attachement au principe d’un dialogue inclusif  fondé sur le respect de la Constitution, dont ils se disent convaincus qu’il reste le cadre indiqué pour la résolution de la crise née du blocage du processus électoral.

Par la même occasion, ils expliquent également les raisons de la suspension de participation de leur délégué aux travaux du dialogue lancés le 1er septembre 2016, à la Cité de l’Unité Africaine, par le facilitateur togolais Edem Kodjo. Il s’agit du manque d’inclusivité dont le forum continue de souffrir. La Cenco rappelle avoir mené un plaidoyer en vue de l’inclusivité sans laquelle les résolutions qui sortiront de ce forum risquent de rien apporter comme solution à la crise.

            Les événements des 19 et 20 septembre, fait-elle savoir, ont conformé la thèse selon laquelle les résolutions du dialogue qui se tient actuellement ne résoudront pas la crise, aussi longtemps qu’une bonne partie de l’opposition restera en dehors des travaux.

 

Ci-dessous l’intégralité de la mise au point de la CENCO :  

« Pour la RD Congo, je ne me tairai pas » (cf. Is 62,1)

 

Monsieur le Facilitateur,

Messieurs les Membres du Comité de Soutien,

Messieurs les Co- modérateurs,

Chers Compatriotes « dialoguants »,

  1. « La paix soit avec vous de la part de Dieu, notre Père » (cf. 2 Th 1,2). A vous tous s’adressent nos salutations les plus fraternelles. Comme vous le savez, forte de sa conviction selon laquelle seul un dialogue inclusif dans le respect du cadre constitutionnel constitue le cadre indiqué de résolution de la crise née du blocage du processus électoral qui risque d’embraser notre beau pays, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a envoyé son délégué au dialogue en cours à la Cité de l’Union Africaine (UA) dès le début des travaux du Comité Préparatoire.
  2. En même temps, elle n’a cessé d’exhorter l’importante composante de l’opposition qui attendait encore la satisfaction de ses préalables à prendre part à ce dialogue. Ces préalables n’ayant été pris en compte qu’en partie, malgré le plaidoyer de la CENCO, le dialogue continuait à souffrir de l’absence des familles politiques qui ont pu faire adhérer une bonne partie de la population à leurs thèses.
  3. Les tristes événements du 19 et du 20 septembre 2016 que nous avons condamnés à juste titre ont démontré à suffisance qu’une bonne partie de nos concitoyens ne se sentiront pas concernés par le compromis issu de ce dialogue, quelles qu’auront été les résolutions. La crise n’aura donc pas été résolue. Voilà pourquoi, la CENCO a trouvé sage de suspendre sa participation au dialogue, afin de travailler à obtenir un large consensus et les conditions d’un dialogue inclusif garant de la paix escomptée dans notre pays.
  4. Vous l’aurez compris, cette suspension n’est donc pas motivée par un discrédit jeté sur le dialogue en cours, mais plutôt par souci de sauver ce dialogue souhaité par toutes les parties et dont la CENCO a toujours été et reste l’un de grands défenseurs. Pour la RD Congo, la CENCO n’aura jamais de cesse, elle ne se taira jamais jusqu’à ce que la justice dans notre pays brille comme la lumière et la prospérité comme une lampe (cf. Is 62,1).
  5. De l’analyse de la situation actuelle et des contacts eus avec les uns et les autres, il ressort clairement qu’i il y a encore des efforts et sacrifices à faire aussi bien par la Majorité au pouvoir que par le Rassemblement de l’Opposition pour atteindre ce noble objectif. C’est une responsabilité historique que chacun doit assumer en toute lucidité.
  6. Au stade actuel, la CENCO encourage la poursuite des travaux du dialogue en cours et recommande que soient pris en compte les fondamentaux qu’elle a toujours défendus et qui ont été repris dans son dernier communiqué du 20 septembre 2016. Elle demandera au Rassemblement de l’Opposition qui tiendra son Conclave dans quelques jours d’apporter ses propositions d’amendements dans le respect de la Constitution et le souci de construire la paix.
  7. Elle souhaite vivement que soit mis en place, le plus tôt possible, un cadre inclusif qui permettrait de trouver un compromis acceptable par tous. C’est la garantie d’une paix solide et durable dont le pays a besoin.
  8. Pour arriver facilement à cette mise en commun, devant l’urgence et la gravité de la situation, sans consacrer l’impunité et l’injustice, la CENCO exhorte ceux qui en ont le pouvoir de prendre de la hauteur en posant des gestes de grandeur qui débloqueraient la situation actuelle pour le bien supérieur de la Nation congolaise.
  9. Accueillant avec joie l’exhortation judicieuse du Pape François lors de son entretien avec le Chef de l’Etat congolais au Vatican, le 26 septembre 2016, la CENCO continuera à soutenir sans relâche un « dialogue respectueux et inclusif pour la stabilité et la paix » en République Démocratique du Congo. Que la Sainte Vierge Marie, Mère du Prince de la paix, intercède pour notre pays et son peuple.

Kinshasa, le 1er octobre 2016 + Marcel UTEMBI

Archevêque

de Kisangani

Président de la CENCO