La CENCO lance la campagne d’éducation civique et électorale

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Dans le cadre de sa contribution au changement de mentalité et à l’amélioration de l’implication de la population dans la gestion citoyenne de la cité, susciter la réflexion des citoyens et citoyennes sur leur engagement actif non violent, responsable et généreux, pour participer à la cohésion et au développement du pays, et forger la
conscience du peuple à édifier un Etat de droit et s’impliquer dans le processus démocratique en cours avec une conscience chrétienne bien avisée, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), a procédé hier mercredi 15 juin 2016, à la Gombe, au lancement de la campagne sur l’engagement citoyen à travers son projet d’éducation civique et
électorale.

Cette campagne qui sera menée jusqu’au mois de novembre 2016 sur
toute l’étendue de la République, consiste à sensibiliser des millions
de femmes et d’hommes, de jeunes et de moins jeunes, de toutes les
tendances religieuses et politiques, habitant nos villages et
quartiers.
La CENCO mettra en œuvre ce projet à travers son vaste réseau
constitué de 47 diocèses, plus de 1300 paroisses, des mouvements
apostoliques de femmes et de jeunes, des commissions, des écoles…
Au niveau local, le projet établira des liens avec les autres
confessions religieuses et associations de la société civile actives
pour un travail en synergie.
Prévu pour une durée de trois ans et demi, le projet d’éducation
civique et électorale de la CENCO va mener des actions avant, pendant
et après les élections, a indiqué le président de la CENCO, Mgr
Nicolas  Djomo, et d’ajouter qu’avant les élections, la CENCO mettra
en œuvre trois campagnes d’éducation civique et électorale, la
formation et le déploiement de 10.000 animateurs locaux pour chacune
des campagnes dont 40% de femmes, 30% de jeunes et la production et la
diffusion des émissions de radio d’éducation civique.
Pendant les élections, a-t-il poursuivi, il y aura également la
formation et le déploiement de 10.000 observateurs et observatrices
indépendants lors des élections et compilation des observations,
tandis qu’après les élections, il y aura l’élaboration de matériel
pédagogique et didactique sur les valeurs de démocratie, d’égalité des
droits des hommes et des femmes, de non violence et de paix pour les
élèves des écoles primaires et secondaires et pour les jeunes non
scolarisées et ceux qui ont abandonné l’école. Il y aura aussi la
promotion du dialogue entre élus et citoyens et citoyennes au niveau
local, et le renforcement du leadership des femmes élues, a-t-il
indiqué, au cours de cette cérémonie de lancement.
Le numéro un de la CENCO a remercié le gouvernement canadien pour son
appui financier et le gouvernement congolais pour la mise en œuvre de
ce projet. Il a rappelé la vision de l’Episcopat congolais et précisé
les objectifs et les harmoniques de ce projet dans les différentes
étapes de la réalisation.
Pour sa part,  le secrétaire général de la CENCO, l’abbé Léonard
Santedi, a rappelé que l’éducation est pour les évêques de la CENCO,
un laboratoire d’humanisation. Eduquer, c’est bâtir des personnalités,
forger des tempéraments, construire une structure d’esprit, un socle,
des piliers et des leviers qui permettent aux membres d’une communauté
d’être ensemble, de vivre ensemble, d’agir ensemble et d’espérer
ensemble, à partir des repères qu’ils considèrent comme les fondements
et les principes de leur être au monde.
Il a relevé que le projet d’éducation civique et électorale visera
aussi  la formation intégrale de l’homme congolais, la formation de la
conscience morale, l’acquisition des valeurs auxquelles la société
s’identifie et qui orientent son avenir en particulier pour la
réussite du processus électoral.
Après la présentation du contenu et stratégie de la première campagne
par André Bekambo, coordonnateur du projet d’éducation civique et
électorale, Mme l’Ambassadeur du Canada, Ginette Martin  a soutenu que
la RDC a fait face aux nombreux défis qui ont affecté sa population à
des degrés divers. Que ce soit la violence, les guerres, la pauvreté
et la corruption, ces défis n’ont certainement pas contribué à
renforcer les liens entre la population et les institutions étatiques.
Aujourd’hui, la population semble manquer de confiance dans les
institutions démocratiques et une jeune population qui est peut-être
marginalisée et non écoutée. Raison pour laquelle la campagne
d’éducation civique est lancée pour essayer de renforcer les liens
démocratiques entre la population congolaise et son gouvernement.
C’est dans le souci de susciter dans l’ensemble de la population en
particulier chez les jeunes une conscience sociale, un esprit critique
et analytique, leur permettant de devenir des citoyens responsables et
engagés dans le développement de leur société.
Pour le Canada, le projet d’éducation civique et électorale en RDC
répond à trois priorités du gouvernement canadien dans son travail en
développement international, à savoir, la promotion de la démocratie,
de la stabilité et la sécurité ainsi que l’amélioration de l’avenir
des enfants et des jeunes.

Murka