La Cenco appelle  aux élections inclusives et apaisées

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1 Convaincus que seules les élections crédibles, transparentes et
inclusives sont la solution à la crise actuelle en RDC, les Evêques
membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), en
leur qualité de garants de l’Accord de la Saint-Sylvestre, veilleurs
et éveilleurs des consciences, en vertu de leur mission prophétique,
encouragent et suivent de très près le processus électoral en cours.
2. A cette étape décisive du déroulement du calendrier électoral, à
savoir le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle et aux
élections législatives, la CENCO félicite la CENI, les autorités du
pays et les acteurs politiques pour les efforts fournis jusqu’à ce
niveau. Elle souhaite que le processus électoral se poursuive en
conformité avec la constitution et l’Accord de la Saint Sylvestre et
soit ouvert à tous les candidats qui en remplissent les conditions et
se clôture dans la paix.
3. Cependant, la CENCO est vivement préoccupée par la volonté affichée
par’ ceux qui sont au pouvoir d’exclure certains candidats à la
Présidence de la République. A ce propos, la CENCO est très peinée par
le sort inacceptable réservé à Monsieur Moïse Katumbi, sujet
congolais, à qui les autorités refusent l’entrée dans notre pays, en
l’obligeant de rester à l’étranger.
4. Dans la perspective de l’application de l’Accord Politique Global
et Inclusif du Centre Interdiocésain, un tel traitement
ségrégationniste ne se justifie point et peut inutilement entraîner
des conséquences fâcheuses qu’il faut absolument éviter. A cet effet,
il est de notre devoir de pasteurs de prévenir à temps les
responsables de notre pays.
5. Il sied de rappeler que l’appartenance à une nation dont on se
reconnaît est un droit naturel reconnu les êtres humains partout au
monde et particulièrement dans notre Constitution qui stipule: «Aucun
congolais ne peut être ni expulsé du territoire de la République, ni
être contraint à l’exil, ni être forcé à habiter hors de sa résidence
habituelle» (Article 30, Alinéa 2). Elle ne saurait, de ce fait, être
violée, aliénée arbitrairement, refusée à un individu sous aucun
prétexte. Un tel refus ressemble, à plusieurs égards, à un déni
identitaire, qu’aucune société humaine ne peut aujourd’hui tolérer.
6.      La CENCO exhorte vivement les autorités congolaises à revenir sur
leur décision en laissant notre compatriote Moise Katumbi entrer au
pays et déposer sa candidature comme tous les autres candidats. Nous
estimons que la vraie bataille, pour l’instant, doit être électorale,
dans le respect des droits de tous et de chaque individu, dans la paix
et l’égalité des chances. La crédibilité des scrutins est à ce prix.
En vraie Démocratie on ne se choisit pas les adversaires politiques.
C’est à la CENI qu’il revient de statuer sur la validité ou non d’une
candidature. Maintenir une telle décision est un grand recul pour la
démocratie.
7.      Aussi la CENCO déplore et condamne-t-elle la violence, avec mort
d’hommes et d’énormes dégâts matériels, ayant prévalu ces jours-ci au
poste, frontalier de Kasumbalesa. Elle exhorte vivement les autorités
congolaises à faire preuve de retenue et de haut sens de
responsabilité, en veillant à la sécurité et à la protection de tous,
sans discrimination aucune. Les élections que le Peuple congolais
attend doivent être crédibles, transparentes et inclusives.
8.      Que Dieu, qui nous a donné un pays merveilleux, veille sur notre
Peuple et lui accorde la paix par l’intercession de nos Bienheureux
Marie-Clémentine Nengapeta et Isidore Bakanja.
Fait à Kinshasa,
le 06 août 2018
Marcel Utembi Tapa
Président de la CENCO
Fridolon Ambongo
Besungu
Vice-Président de la CENCO