Ce vendredi, sur fond du cas « Yves Kisombe » : Marche de colère contre les agressions des journalistes

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Les journalistes de tous les organes de presse de Kinshasa se sont donné rendez-vous ce vendredi à midi au croisement des avenues colonel Ebeya et Huileries pour effectuer à l’appel de leur organisation professionnelle une «marche de colère» afin de dénoncer les violences physiques ou verbales à leur encontre.

Cette manifestation s’achèvera au Palais du peuple, où les marcheurs remettront au président de l’Assemblée nationale, Evariste Boshab, un «mémorandum appelant à la déchéance de Yves Kisombe, député de la Majorité présidentielle, coupable d’injures cruelles et de menaces ouvertes à l’endroit de la journaliste, Eugénie Ntumba de la RTVS1».
Révoltées par cet outrage, les organisations professionnelles des journalistes ont décidé depuis mardi dernier de « décréter un embargo total de six mois contre l’honorable Kisombe sur tous les médias congolais et de former une chaîne de solidarité autour la journaliste concernée, rédactrice en chef à la chaîne privée RTVS1 ». A cette sanction, il faut ajouter la plainte au pénal déposée auprès du Procureur général de la République.
Entre-temps, la corporation journalistique a lancé un vibrant appel de solidarité aux journalistes et aux défenseurs des droits de l’homme afin d’exprimer tout haut cette colère.

Pour de nombreux observateurs, cette agression témoigne de la «multiplication des actes d’intolérance» envers les journalistes, à l’aube de la présidentielle prévue, comme les législatives, le 28 novembre. Pareillement à la période préélectorale des élections de 2006 qui a vu les journalistes perdre des confrères comme Bapuwa Mwamba, Franck Ngyke, Serge Maheshe, Didace Numujimbo etc., celle de 2011 annonce aussi ses couleurs avec des menaces sur des journalistes. A titre exemplatif, le week end dernier déjà un cameraman de la RTGA a été «violemment agressé» à Kinshasa pour avoir filmé les gradins vides du stade où s’ouvrait le congrès du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).

Par ailleurs, en fin juin dernier, Witness-Patchelly Kambale, 32 ans, travaillant à la Radio communautaire Lubero Sud, à Kirumba, dans la province du Nord-Kivu (est) avait été tué près de son domicile «par des hommes armés qui lui ont tiré trois balles à bout portant dans la poitrine».
Autant que le souhaitent les partenaires de la RDC, la communauté nationale tient à aller aux urnes à la fin de cette année dans la sérénité. Les journalistes, chevaliers de la plume et du micro, otages des faits, seront d’une grande utilité pour l’atteinte de cette aspiration. La balle est donc dans le camp des autorités pour les sécuriser…On signale par ailleurs qu’en ce qui concerne le CSAC (Conseil supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication), les organisations de défense de la liberté de presse et de la déontologie ne sont pas les seules à se plaindre. L’Association nationale des Parents d’Elèves du Congo y est représentée, elle aussi, par un membre sorti d’une structure non compétente.

Tshieke Bukasa

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