Si les Catholiques désavouaient Kodjo…

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Edem-KodjoL’on n’est pas encore au point de rupture mais les observateurs pensent que le retrait de l’Eglise catholique des travaux du dialogue ne serait plus qu’une affaire de jours. En exigeant la présence à ce forum de « toutes les grandes familles de l’Opposition » mais aussi le respect des « articles verrouillés » de la Constitution relatifs au mandat présidentiel et la libération des prisonniers politiques, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a placé le Facilitateur Edem Kodjo ainsi que la Majorité Présidentielle au pied du mur.
La grande interrogation de l’heure est de savoir si l’un et l’autre, qui semblent avoir levé l’option de conduire un dialogue non inclusif, d’impulser un « glissement » collectif du mandat présidentiel et de ne pas libérer certains prisonniers politiques, vont faire cas des préalables des Evêques Catholiques. Le doute est permis, au regard de leur tendance à banaliser des avertissements venus aussi bien de la communauté internationale que de certains Etats occidentaux ayant réagi négativement contre le déficit d’inclusivité du dialogue, la libération sélective des prisonniers politiques et l’impasse qui continue de planer sur l’élection présidentielle.
Si les Catholiques désavouent Edem Kodjo, après lui avoir accordé toutes les chances de conduire un dialogue inclusif en s’impliquant dans le round de consultations des forces politiques et sociales anti-dialogue, ce serait naturellement un coup dur pour les architectes de ce forum qui épouse, au fil des jours, les contours d’un Congrès ou d’un Conclave de la Majorité Présidentielle, avec l’accompagnement de quelques opposants douteux. Le « Front du refus » d’un dialogue auquel ne se reconnaissent pas l’écrasante majorité de nos compatriotes, qui l’a manifesté à travers le respect strict des mots d’ordre de « ville morte » (mardi 23 août 2016) et d’« école morte » (lundi 5 septembre 2016), ne ferait que s’élargir.
            Représentative de près de 70% de la population congolaise, l’Eglise Catholique est capable, à elle seule, de bloquer l’application des résolutions d’un dialogue non inclusif.
Edem Kodjo est-il suffisamment informé des réalités congolaises pour mesurer le grand risque qu’il continue de prendre en faisant la sourde oreille aux appels à l’inclusivité du dialogue et, plus précisément, à la participation de l’opposition politique regroupée au sein du « Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement » ? A-t-il pensé aux conséquences de la fracture politique et sociale qu’il est en train de provoquer en République Démocratique du Congo, où la dynamique du changement de gouvernance au sommet de l’Etat fait bouger terriblement les lignes parmi les couches sociales déshéritées ?
Il est à espérer que le dernier avertissement de la CENCO n’est pas tombé dans des oreilles de sourds et que des gestes concrets de décrispation politique vont intervenir dans le meilleur délai. Les « faucons » de la Majorité Présidentielle, qui semblent privilégier le schéma du pourrissement de l’environnement politique et social, ont intérêt à bien réfléchir sur les effets négatifs de la politique d’exclusion sur l’avenir immédiat et futur de la Nation.
                                    Kimp