Casseurs des pierres à Kingabwa

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Il n’y a pas de carrière à Kingabwa. Pourtant, pour quiconque fréquente pour la première fois le périmètre compris entre la 17me rue et le pont Matete, le long de la route des Poids Lourds, la méprise est grande. Une sorte de carrière « artificielle » s’est en effet greffée sur l’entrepôt de vente des caillasses d’une firme industrielle de la place exploitant une carrière à Kasangulu, dans le Bas-Congo.

Dès le lever du jour et ce, jusqu’au coucher du soleil, des personnes des deux sexes, parmi lesquelles se recrutent des jeunes, des vieux et même des enfants, passent leurs journées à marteler de grosses pierres, pour les tailler en caillasses, destinées à un commerce très florissant. Les grosses pierres proviennent des chantiers de la voirie urbaine. Il s’agit en fait des pierres jugées hors d’usage par les différents entrepreneurs chargés du réaménagement des routes, que les casseurs s’empressent de récupérer en vue de leur reconditionnement en caillasses.

A en croire quelques casseurs des pierres rencontrés par Le Phare, leur groupe compterait environ cent cinquante membres, dirigés par un « chef ». Le travail s’effectue sous la forme d’une chaîne. Il y a des personnes chargées exclusivement de la taille des pierres, d’autres de la recherche des acheteurs, et d’autres encore de la location des véhicules pour l’évacuation des produits après qu’un marché ait été conclu.

Pour le moment, un chariot se négocie autour de 7.500 francs congolais. En ce qui concerne les frais de transports, un camion de 10 tonnes est taxé à 150.000 francs.

Bien que le travail soit fort pénible, il nourrit bien son homme. Un père de famille, qui y opère depuis des décennies, a révélé s’être acheté sa propre parcelle grâce au fruit de la vente des caillasses. Un jeune garçon était tout fier de citer, parmi ses acquisitions, une belle voiture.

Les casseurs des pierres ont affirmé payer des taxes à la commune de Limete. Cependant, ils sont souvent l’objet des tracasseries de la part des policiers et de divers services de l’administration urbaine.

                        Aimée Kupa (Stg/Ifasic)

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