Candidat commun de l’Opposition : Bemba et le MLC face au fâcheux précédent de 2011

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L’idée de l’organisation d’une « table ronde » à l’attention des candidats de l’opposition à la présidentielle, en vue de la désignation d’un candidat commun ou unique, fait du chemin depuis un certain temps. Le week-end dernier, le député national Jean-Claude Vuemba a révélé avoir reçu du sénateur Jean-Pierre Bemba, président national du MLC (Mouvement de Libération du Congo), la mission de rassembler tous les présidentiables de cette famille politique afin qu’ils puissent plébisciter, par consensus, l’un d’entre eux qu’ils estiment le plus apte à porter l’emblème de l’Opposition à la présidentielle de décembre 2018.

Pas plus tard que le lundi 20 août, la députée nationale Eve Bazaiba,
Secrétaire générale du parti de Bemba, a fait savoir que cette
rencontre, dont la tenue était initialement envisagée à Bruxelles,
lieu de résidence actuelle du Chairman, va plutôt avoir comme site
d’accueil la ville de Kinshasa, dans les tout prochains jours. Et
Jean-Pierre Bemba, a-t-elle assuré, pourrait y participer
personnellement, en dépit de tout ce qui se raconte autour de la
prétendue disqualification de sa candidature au niveau de la Ceni
(Commission Electorale Nationale Indépendante).
Bien que l’idée semble faire l’unanimité dans le cercle des
présidentiables, notamment Jean-Pierre Bemba, Vital Kamerhe, Adolphe
Muzito, Freddy Matungulu, Martin Fayulu, Félix Tshisekedi et autres,
qui ont déjà eu à en discuter à travers divers huis clos, des sons
discordants sont entendus ça et là, et plus précisément du côté de la
11me rue, à Limete, siège de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le
Progrès). Tout en reconnaissant le bien-fondé d’une candidature
commune en vue d’éviter la dispersion des voix des candidats de
l’Opposition à la présidentielle, cadres et militants de ce parti
n’ont jamais digéré le fâcheux précédent de 2011.
Ils rappellent, à cet effet, le non respect, par les « partenaires »
politique d’Etienne Tshisekedi de l’époque, de leur engagement à se
retirer de la course à la présidentielle afin d’empêcher la majorité
au pouvoir de prendre prétexte de la multitude des candidatures de
l’Opposition pour opérer son hold up électoral. Compte tenu de ce coup
fourré des opposants à la double carapace, la grande bataille à mener
par les avocats de la « candidature commune » de l’Opposition va être
de convaincre l’UDPS que les « traitres » d’hier ne vont pas rééditer
leur exploit de 2011 ou que de nouveaux traitres ne vont pas surgir
des rangs d’une opposition abonnée au « bal des chauves ».
Témoin vivant de ce qui était arrivé à son défunt père en 2011,
victime d’une coalition des hommes au pouvoir et de leurs « taupes »
ayant infiltré l’Opposition, mais aussi du dernier « bal des chauves »
intervenu après la signature de l’Accord du 31 décembre 2016, Félix
Tshisekedi connaît fort bien les sentiments qui animent la « base » de
l’UDPS face à l’idée d’un candidat commun. Il sait, mieux que
quiconque, que personne, au sein de son parti, ne partage une option
qui ressemble à un projet de suicide collectif.
D’où, à Limete comme dans les cercles des forces réellement acquise
au changement, on pense que le véritable enjeu de l’alternance au
pouvoir réside dans le blocage de la Ceni dans sa volonté d’imposer au
peuple congolais la machine à voter et un fichier électoral pollué
avec 10 millions d’électeurs fictifs. Si toutes les conditions de
transparence des élections sont réunies, le choix d’un candidat commun
de l’Opposition devient sans objet. Si la machine à voter et le
fichier électoral bourré d’électeurs fantômes ne sont pas neutralisés,
les fraudes électorales sont certaines et la défaite de l’Opposition
inévitable, avec ou sans candidat commun.
Par conséquent, l’heure doit être à la grande vigilance au sein de
l’Opposition, face aux sujets divers de distraction en provenance
aussi bien de ses propres « laboratoires à idées » que de ceux de la
Majorité Présidentielle.
Kimp