Campagne internationale contre les violences sexuelles en RDC

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La campagne internationale pour mettre fin au viol et à la violence sexuelle en situation de conflit  a été lancée le vendredi 11 mai 2012 simultanément à Kinshasa et à Bukavu. A Kinshasa, le coup d’envoi a été donné par la Coordinatrice nationale de cette campagne, Julienne Lusenge, présidente de l’ONG SOFEPADI, en présence de coordinatrice internationale, Yee Hun, et du Prix Nobel de la Paix Mairead. C’était au siège du Centre Carter à Ngaliema.

Signalons que cette campagne internationale est une initiative des femmes Prix Nobel et se déroulera pendant cinq ans dans quatre pays, à savoir la RD Congo, le Kenya, la Birmanie et la Colombie. « En solidarité avec toutes les femmes victimes des viols et des violences sexuelles, avec celles qui sont mortes, avec les petites filles, avec toutes les femmes âgées, handicapées et celles qui ont des problèmes de fistule, pour dire non aux violences sexuelles. Arrêtons ces violences au Congo », a dit Julienne Lusenge.

Auparavant, la Coordinatrice internationale avait déclaré que « Les femmes avec les femmes Prix Nobel et plusieurs organisations internationales se sont tenues debout pour dire « C’est assez ». Nous ne voulons pas des slogans, mais surtout des actions à travers le monde. Désormais, on va travailler à la prévention. Des hommes qui ont commis ces actes  seront traduits en justice. Pour les hommes qui écoutent ce message, ils doivent apprendre qu’ils doivent traiter autrement les femmes. Il ne suffit pas que le Gouvernement ait des lois pour protéger les femmes, mais qu’il y ait aussi des actions ».

Elle a terminé son mot en invitant le gouvernement à traduire en justice les militaires, les policiers et toute autre personne ayant commis des viols et des violences sexuelles et à dédommager les victimes.
Le Prix Nobel de Paix, l’Irlandaise Mairead a déclaré que « ce moment était capital, car le monde devra apprendre que la RDC, un pays fertile en viols, est transformée en un havre de paix où il y a le respect de vies humaines. Nous devons nous considérer comme une famille où les droits de l’homme sont observés ».

Elle a poursuivi en ces termes : « Nous sommes venues pour la campagne, mais au cœur, il y a des victimes et des survivants des viols. Nous lançons un appel au gouvernement pour traduire en justice des auteurs de ces crimes et à penser à dédommager les survivantes pour qu’elles puissent mener une vie normale. C’est possible de mettre fin aux viols, à la guerre. Cela n’est possible que si chacun joue son rôle. Le gouvernement doit jouer son rôle de leadership pour instaurer la paix ».
L’assistance a suivi les témoignages de deux dames qui encadrent les victimes des viols à l’Est du pays, ainsi que d’une des 52 femmes victimes des viols entre le 31 décembre 2010 et le 1er janvier 2011 à l’Est. Elles ont gagné le procès, mais le gouvernement ne les a pas encore dédommagées. Elin Baramoto, chef de division au ministère de Genre et Marie Onivua, chef de l’unité de violences sexuelles à la Monusco étaient présentes dans la salle.

Jean-René Bompolonga

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