Campagne électorale : la violence s’amplifie à L’Shi

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Les dérives électorales enregistrées le week-end dernier dans la ville de Lubumbashi continuent de faire couler encre et salive. Ces violences sont d’autant interpellatrices qu’elles ont eu pour cadre le chef-lieu du Katanga, une des places fortes de l’intolérance politique et de la haine ethnique dans notre pays. Compte tenu du flou que tentent d’entretenir certaines officines politiques autour de ces incidents qui ont occasionné des blessés graves et mort d’homme, il s’avère impératif d’y revenir.

Selon des sources indépendantes qui se sont confiées au journal « Le Phare », la mèche a été allumée le samedi 05 novembre par les « Zoulous », nom de guerre des miliciens de l’Unafec (Union Nationale des Fédéralistes Congolais). Alors que les combattants de l’UDPS étaient en pleine caravane motorisée à travers les communes de la ville, notamment Lubumbashi et Kamalondo, ils ont été accueillis par une pluie de pierres à leur passage devant le siège de l’Unafec, dans la commune de Kenya. Cela a perturbé le programme du président fédéral Tabu Kalala, qui comptait procéder à la présentation aux combattants des 13 candidats de son parti à la permanence.
La voiture d’un candidat député national de l’UDPS où était installée la sonorisation a été sauvagement caillassée et incendiée. Un combattant surpris dans la colonne des marcheurs a reçu un coup de machette qui lui a fait perdre un doigt. Les assaillants, bien que finalement repoussés, ont blessé 7 personnes dont 2 grièvement. L’un des blessés a succombé à ses blessures dimanche.

Empêcher l’UDPS de battre campagne

Le même dimanche, indique-t-on, les mêmes « Zoulous » sont revenus à la charge, au quartier Gécamines, plus précisément au parking réservé aux motocyclistes. Ils ont enlevé un « Wewa » qu’ils sont allés tabasser à mort non loin de là. Informés de cet enlèvement, les combattants de l’UDPS ont organisé une fouille qui leur a permis de se saisir de quatre inciviques. Une fois maîtrisés, ceux-ci ont été conduits chez le Gouverneur de province qui, malheureusement, était absent. C’est ainsi qu’ils les ont amenés à la Monusco avant de procéder à leur présentation à la « Radiotélévision Lubumbashi Jua » de Jean-Claude Muyambo.
Dans leurs déclarations sur le plateau de ce média, les quatre « Zoulous » ont révélé avoir reçu mission d’empêcher l’UDPS de battre campagne à Lubumbashi. Les opérations de sape des actions du parti d’Etienne Tshisekedi seraient planifiées et sponsorisées par une main noire proche du pouvoir.
Comme pour confirmer les propos de ces « Zoulous », hier lundi, les miliciens de l’Unafec se sont de nouveau déployés à travers les rues de Lubumbashi, dans l’intention manifeste d’aller mettre le feu à la permanence de l’UDPS. Sur leur chemin, ils ont agressé un candidat député de ce parti occupé à coller ses affiches de campagne devant un magasin. Passé à tabac, l’infortuné a vu son véhicule saisi et saboté. Deux mini-bus de passage par là ont subi le même sort.
La situation ayant commencé à tourner au vinaigre, il a fallu l’intervention des forces de l’ordre pour calmer les « insurgés ». Mais la tension ne cessait de monter à travers la capitale du cuivre entre « Zoulous » et combattants de l’UDPS.
Kyungu d’abord !

Dans le souci sans doute de faire le ménage au sein de sa juridiction, le gouverneur Moïse Katumbi Chapwe a adressé des invitations aux responsables fédéraux de l’Unafec et de l’UDPS, pour ce mardi dans son bureau de travail, en vue d’un dialogue franc et apaisé autour d’une même table. Tout en souscrivant au principe du dialogue, Tabu Kalala et ses collaborateurs ont exigé la présence physique de Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président national de l’Unafec, à cette réunion.
Ils ont justifié ce préalable par le fait que ce leader politique passe pour le principal incitateur des « Zoulous » à la violence, à l’intolérance politique, au mépris des candidats non-originaires du Katanga. Sans la participation de Kyungu, pensent-ils, une quelconque médiation entre l’UDPS et l’Unafec serait sans objet. L’on en était donc là hier. Ainsi, le feu couve à Lubumbashi. Il appartient à qui de droit de tout faire pour désamorcer la bombe avant qu’elle n’éclate et fasse peut-être des dégâts irréparables.
Il y a lieu de signaler que pendant le dernier week-end, la ville de Kindu a connu aussi son lot de violences. Celles-ci se sont traduites par la mise à sac des bureaux du ministre Thambwe Mwamba des Affaires Etrangères et du nommé Adolphe Ndokili.
Des hommes ont également fait état du pillage, à Mbandaka, du matériel de campagne du gouverneur de l’Equateur, Jean-Claude Baende. Kimp

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