Camp Luka : une source pour arrêter le calvaire des ménagères

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« Nous faisons des travaux de fouille et de curage pour reconstituer l’ancienne construction ensevelie par le sable suite au manque d’entretien et conformément au programme d’action convenu de commun accord avec la communauté. Ensuite, nous allons la démolir afin d’aménager un autre ouvrage, » a déclaré le lundi 20 septembre 2010 au journal Le Phare, l’ingénieur Edouard Kionga, superviseur des travaux pour la réhabilitation de la source du quartier Lonzo au camp Luka, dans la commune de Ngaliema. Cette source est totalement encerclée par des ravins. 

            L’équipe du Centre d’Actions pour le Développement des Communautés Défavorisées (Cadecod) travaille sur un site envahi par des femmes et des jeunes filles. Elle a en vain sollicité le concours de la municipalité pour travailler en toute sérénité. Cette source approvisionne en eau plus de 7.800 personnes. Les femmes viennent s’y laver et faire la lessive. Cela la rend impropre à la consommation. 

            Le premier ouvrage englouti dans le sable a été construit grâce à un financement de la Banque mondiale en 2004. « Nous n’étions pas contents du premier ouvrage parce qu’on avait construit de petits caniveaux incapables de contenir les eaux de pluie provenant des quartiers 5 et 6 du camp Luka. Dès qu’il pleuvait, tout disparaissait », a dit Jean Ngiwu Salambu, le chef de la rue Luyi au quartier Lonzo. 

            « Nous allons construire un autre ouvrage en tenant compte des eaux de ruissellement lors de grandes pluies et des érosions. En d’autres termes, nous allons le redimensionner », a souligné le superviseur des travaux. Le chef de la rue Luyi craint que l’on arrive aux mêmes résultats. Présent lors de l’entretien, l’ingénieur Maurice Lakula, co-chef de chantier, a expliqué que l’ouvrage aura un fossé de garde en amont de la source pour contenir les eaux de pluie provenant des quartiers 5 et 6.

            En outre, a souligné le co-chef de chantier Lakula, il n’y avait pas d’entretien du premier ouvrage, il y avait la casse et le vol des barres de fer. Enfin, il n’y avait pas un comité d’eau organisé à la hauteur de la tâche. Dans le cadre des villages assainis, il y a tout un processus à suivre. Tout a commencé par le pas zéro c’est-à-dire l’information livrée à la communauté sur le programme « Village assaini » et ses avantages par le bureau central de la zone de santé.  

Accès à la source : un vrai problème 

            Un problème est d’avoir de l’eau et un autre est celui de l’accès à cette source. Pour y accéder les femmes et les jeunes filles doivent descendre à pied les différents ravins ou remonter un petit cours d’eau. Une rude épreuve surtout pour les femmes enceintes. « Cela fait sept ans que je puise de l’eau à cet endroit. Comme mon mari a voyagé et que je n’ai personne pour m’aider, je dois venir toute seule chercher de l’eau», s’est plaint Niclette Mbaya. Elle avait entre ses mains deux bidons de cinq litres chacun. Elle attend beaucoup de travaux en cours : « Si l’Etat se soucie de notre souffrance, il doit nous aider à avoir des tuyaux d’eau à côté de nos maisons. Venir ici chaque jour avec des bidons à la main a provoqué de nombreux avortements auprès de plusieurs femmes, dont moi- même », a ajouté cette femme d’une trentaine d’années.

            Ayant pu remonter un ravin avec un bidon de 20 litres à la tête et un sceau de 10 litres à la main, une écolière de 15 ans, Marianne Mayeko nous a déclaré : « Je suis souvent essoufflée en rentrant à la maison avec cette charge d’eau à la tête. Le mieux serait que l’on aménage des tuyaux à côté de nos maisons. C’est l’unique façon de mettre un terme à cette corvée. Deux de mes amies se sont fracturées les jambes en tombant de ce ravin ». En effet, les eaux qui s’échappent de sceaux et bidons rendent le sol glissant et difficile à arpenter.

            Agée de 9 ans, Mamie Ifwa remontait le cours d’eau avec un sceau de 10 litres sur la tête et un bidon de 5 litres en main. « Ma grande sœur m’a envoyée puiser de l’eau pour laver les habits de son bébé », a-t-elle expliqué.

            Amener de l’eau par des tuyaux serait la fin de tous ces problèmes. Mais  l’enveloppe pour les travaux en cours,  ne permet pas d’amener de l’eau avec des tuyaux au-delà de ces ravins, a déclaré Maurice Lakula, le co-chef de chantier. Il y a un projet dans ce sens, mais il demande beaucoup plus de fonds que ceux qui seront utilisés pour l’ouvrage en construction.

            La population de camp Luka est en majorité pauvre. Elle attend de pied ferme la fin des travaux lancés le vendredi 10 septembre 2010 et dont la durée est d’un mois. 

Jean- René Bompolonga  

 

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