Des cambistes accusent l’Anglo-libanais Adib Milad Salamoun Milad d’escroquerie

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L’affaire fait grand bruit dans la ville haute, car la personne accusée serait millionnaire. Adib Milad Salamoun Milad, c’est de lui qu’il s’agit, propriétaire de la société Bingo Sprl et actuellement candidat aux élections municipales de sa ville au Liban, est poursuivi par un groupe de commerçants congolais pour escroquerie à l’échelle internationale.

A en croire Me Nicaise Mulenda Ilunga, avocat des plaignants, une plainte avait été déposée auprès du procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa Gombe, depuis le 8 septembre 2014. Il rappelle que des changeurs des monnaies (cambistes) habitant  Kinshasa réunis le 21 mai 2011 par Anglo-libanais Adib Milad Salamoun Milad  et Marwan Haddad, l’un de nationalité anglo-libanaise et l’autre de nationalité libanaise, exerçant les fonctions d’associé majoritaire et de  gérant de jeu de loterie Bingo Sprl à Kinshasa. Au cours de cette réunion à laquelle étaient conviés Deroi Bikue, Kinenge Kifagio, Philémon Yombo et Saleh, tous cambistes, il leur fut demandé par  Adib et sous sa garantie personnelle, un emprunt d’argent dans le but de faciliter son implantation et le développement de ses activités à travers la ville.

Adib qui se présentait comme propriétaire d’une banque au Liban, s’engageait à rembourser l’argent à partir de Beyrouth  dans un délai de deux mois au maximum. Convaincus des profits qu’ils pouvaient tirer de l’opération, tous s’exécutèrent sans hésiter le moins du monde. C’est ainsi qu’une somme de l’ordre de 1.500.000 USD fut réunie et remise par tranche à la société. « Le fait que cet argent ne leur a pas été remboursé dans les délais, a conduit certains cambistes à la faillite et à la cessation de leurs activités. C’est ainsi que sans
baisser les bras, les victimes ont formé une délégation qui s’est rendu à Beyrouth, capitale du Liban, aux fins de rencontrer Adib Milad Salamoun Milad. Mais, celui-ci a refusé catégoriquement de recevoir les commerçants RD Congolais », a martelé l’avocat. La délégation a dû son salut grâce à Marwan qui avait pris en charge tous les frais de séjour, transport et autres frais.

Au retour à Kinshasa, en compagnie du gérant de la société Bingo SPRL, ils auront la désagréable surprise de voir les services judiciaires congolais procéder à l’arrestation de Marwan Haddad sur base d’une plainte déposée par Adib contre lui à Kinshasa. Il a été acquitté.

Après sa libération, les cambistes vont accentuer la pression pour l’amener à  restituer l’argent en lieu et place de l’associé majoritaire. C’est ainsi que Marwan Haddad va se battre corps et âme jusqu’à réussir le remboursement d’une partie de la dette aux commerçants RD congolais. Ne pouvant rien faire en l’absence de son associé, celui-ci préféra se déplacer de nouveau au Liban en vue de trouver une solution acceptable à ce problème.

Pendant son séjour à Beyrouth, avons-nous appris, Marwan Haddad a continué à rembourser les cambistes et à essayer de résoudre ce problème autant que possible.

Escroquerie à l’échelle internationale

Face à ce comportement scandaleux d’Adib Milad Salamoun Milad, Me
Nicaise Ilunga fait observer dans sa lettre qu’il s’agit ici d’un cas
constitutif de l’infraction d’escroquerie à l’échelle internationale
prévue par le Livre II  du  Code pénal congolais en son article 98.
Pour cette raison, il demande au Procureur général de la République
d’user des pouvoirs lui reconnus par la loi en mettant en mouvement
les instruments légaux à sa disposition afin que le présumé escroc en
question soit mis hors d’état de nuire et que les intéressés soient
rétablis dans leurs droits.
Par ailleurs, saisi par l’avocat des victimes, le ministère congolais
des Affaires étrangères a, à son tour, écrit le 14 octobre 2015 à
l’ambassade du Liban à Kinshasa afin qu’elle assure l’expédition des
exploits –des plaintes- auprès des autorités judiciaires libanaises en
rapport avec  ce litigequi a pris trop de temps.
Suite à cette plainte contre le millionnaire qui a pris ses quartiers
à Beyrouth, souligne Me Mulenda Ilunga, le procureur général de la RDC
a vite transmis le dossier au Parquet général de la République qui, à
son tour, écrira au ministre des  Affaires étrangères pour la
composition de la Commission rogatoire devant entendre
l’Anglo-libanais Adib Milad Salamoun Milad, alias Adib Millet sur PV
et aboutir à une instruction judiciaire. « A ce jour, l’on attend du
côté libanais, la conclusion de cette affaire. En clair, les
commerçants congolais ne demandent qu’une chose: la restitution de
leur argent escroqué par l’Anglo-libanais Adib Milad Salamoun Milad »,
a-t-il martelé. Dans le cas contraire, leur avocat déposera par les
voies autorisées une plainte auprès de la justice  libanaise contre
l’intéressé qui a abusé de la bonne foi des commerçants RD congolais.
«Pourtant, ce n’est pas l’argent qui manque à cet homme. Ayant la
double nationalité anglaise et libanaise, il est connu en
Grande-Bretagne sous le nom d’Adip Millet tandis qu’au Liban, on
l’appelle Adib Milad Salamoun Milad. Il travaille comme vice-président
de la Sal du conseil d’administration de la banque de Beyrouth où il
est actionnaire. Il est aussi l’ancien directeur de l’industrie
textile. Il a également été président du conseil des directeurs de la
Banque E.a/Transorient s.a.l. jusqu’en novembre 1998. Actuellement, il
est président du Gimble LTD  et Frobisher LTD London en Angleterre. Il
détient des parts sociales dans la Mtayleb Country Club (MCC) ainsi
que dans les Piques Blancs, Faraya. Comment une personne qui possède
des parts sociales dans une banque au Liban, peut-elle en même temps
détenir des parts dans une société de jeux du hasard? Est-ce possible
au Liban? », s’est interrogée une des victimes. Dossier à suivre.
Tshieke Bukasa