Cambisme : Masangu dit non à la confusion des rôles

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933 FC le dollar au parallèle, et 921 FC le dollar pour le taux nominal de la BCC, tels sont les principaux éléments relevés le vendredi 28 janvier dernier, sur les tableaux d’affichage du marché de changes à Kinshasa. Même si des légères disparités ont été relevées, le constat général est qu’après les deux interventions majeures de la BCC, le marché de changes n’a pas enregistré, une appréciation notable de la monnaie locale. Face à cette réalité,  certains cambistes ont pensé que la solution au problème se situerait au niveau de la non-implication directe de leur secteur dans les stratégies arrêtées par la BCC. Ils ont posé directement la question à Masangu Mulongo, voulant par là être traités sur le même pied d’égalté que les banques privées. En clair, ils demandent à la BCC de leur vendre les devises.

    A cette question relayée par un journaliste, le gouverneur Jean-Claude Masangu a répondu que la BCC ne traite pas directement avec le secteur de l’informel, mais avec les banques commerciales. Aux changeurs de monnaie intéressés par les opérations d’adjudication, il a recommandé de détenir avant tout des documents officiels le autorisant d’exercer cette activité financière. Ensuite, ils doivent disposer d’un compte bancaire en devises. Et exprimer leurs besoins en devises auprès de leurs banquiers qui eux, les canaliseront vers la BCC.  C’est donc sur base de tous ces besoins que l’Institut d’émission peut entrevoir dans quelle mesure, intervenir de nouveau sur le marché de changes.
Le risque de travailler avec le secteur de l’informel, a-t-il fait remarquer, est que des cambistes dépourvus d’un bureau de change identifiable et structuré, se déplacent souvent partout sans laisser des traces. Ce qui rend difficile leur contrôle, ainsi que le suivi de leurs activités.

La politique monétaire en 2010 a été évaluée positivement

Quant au bilan de la politique monétaire et de change en 2010, Jean-Claude Masangu la qualifie de globalement positif. Quelques paramètres attestent cette évaluation des résultats de l’année dernière. Tel est le cas du taux d’inflation. Projeté à 15 % à fin de l’année, il a été revu à la baisse à 9,9 %. Aujourd’hui, il se situe à 9,4 %.
Sur le plan des réserves en devises, le patron de la BCC note une augmentation qui les situe à 1,3 milliard de dollars à fin 2010.  C’est une bonne performance. 
De la rétrospective de 2010, il a épinglé trois principales sous-périodes. De janvier à février, on a connu une perturbation notoire. Le mois de mars a été celui de la stabilité avec un bon comportement de la politique monétaire et budgétaire. En fin période, de grandes perturbations ont été enregistrées.
    Et l’année dernière a été terminée avec des résultats probants. Début janvier, on démarre l’année nouvelle avec une certaine volatilité du FC par rapport au dollar américain. C’est saisonnier, a-t-il fait savoir, avant d’ajouter que cette situation a poussé la BCC à intervenir pour contrer la volatilité de la monnaie locale.
    La BCC qui dispose suffisamment de « munitions », a procédé à une première vente de 25 millions de dollars.  L’Institut d’émission a enregistré une pause pour pouvoir examiner le comportement du marché de changes.
    C’est sur base de l’évolution des principaux paramètres que la BCC était amenée à procéder à une seconde intervention de 25 millions de dollars. Nous nous sommes accordé une pause, un temps d’observation avant de réagir.
    Et la BCC a recouru à un autre instrument de politique monétaire et de change, le BTR. Une ponction de 20,4 milliards de FC a pu être opérée au 26 janvier 2011, grâce aux interventions précitées et de l’action de la réserve obligatoire.
Au regard de tous ces indicateurs, la BCC  a décidé relever son taux directeur qui passe de 22 % à 29,5 % l’an. Le coefficient de réserve obligatoire reste maintenu à 7 %, a conclu Jean-Claude Masangu sur ce chapitre.   
    A l’issue de cette réunion, le Comité de politique monétaire  a formulé deux recommandations à l’endroit de l’exécutif. Il s’agit de l’exécution des opérations financières de l’Etat dans les limites du plan de trésorerie. Et ce, en vue de préserver la stabilité macro-économique et de réaliser les critères et repères quantitatifs du Programme économique du gouvernement.

J.R.T. 

 

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