CALENDRIER ELECTORAL : Messieurs, laissez le jeu démocratique se dérouler normalement

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Avec la publication du calendrier électoral de 2018, il ne s’agit plus de savoir s’il est convenable ou consensuel, s’il est réaliste ou conjuré, car les enjeux politiques et les tendances des issues se sont précisés. Il s’agit de tirer profit de l’organisation des élections
dans le sens de la conservation démocratique du pouvoir ou de pourvoir à une alternance démocratique en faveur de l’opposition.

Les enjeux politiques sont nettement ceux liés à la capacité des Acteurs de la majorité présidentielle à légitimer le projet de prolongation de tous les mandats électifs actuels ayant pris fin depuis décembre 2016 ou de les remodeler aux vues démocratiques d’une
part et d’autre part ceux relatifs à la mobilisation de forces politiques et sociales de l’opposition pour imposer l’alternance politiques lors de prochaines échéances électorales.
D’un côté. Il est évident que le camp de la majorité présidentielle a
fondé toute sa stratégie sur l’opacité dans la gestion de tout le
processus électoral, en vue d’obtenir la prolongation de droit et de
fait du pouvoir en place en termes d’un long report des échéances
électorales. Mais, les nombreux faux pas et sa maladresse stratégique
ont fini par irriter à la fois la population et la communauté
internationale.
De l’autre côté, l’opposition connaît une grande fracture en son
sein, à cause de la mauvaise gestion des ambitions entre les
fractions, les partis ou  les regroupements politiques, ainsi qu’entre
les anciens vétérans de l’opposition politique et les nouveaux
opposants, dont nombreux d’entre-eux sont issus de l’actuelle majorité
présidentielle, certains ayant même occupé des positions stratégiques
au sein de l’appareil de l’Etat.
A ces deux enjeux se greffent une grande équation ayant toujours
marqué l’enclenchement des crises de légitimité au niveau des
institutions en République Démocratique du Congo.
Il s’agit de l’équation posée pour la sortie de la crise de
légitimité à la suite de la contestation de la légitimité des
institutions, laquelle  a traversé les trois régimes en RDC sur fond
soit d’irrégularité des élections présidentielle et législatives soit
celui de la volonté de la conservation du pouvoir en dehors du mandat
électif par les Dirigeants en place ou le couronnement de la
contestation de la légimité institutionnelle pour l’avantage de
l’alternance politique positive.
Dès les premières élections générales, au niveau présidentiel et au
niveau législatif en 1960, la victoire écrasante du camp des
nationalistes a donné lieu à la grande contestation par les forces
pro-libérales sur fond des déséquilibres politiques et sociaux
internes, mais certes instrumentalisés par l’ancienne puissance
coloniale et ses alliés occidentaux. Ceux-ci ont occasionné le premier
coup d’Etat organisé par l’Armée de Mobutu, ainsi que l’élimination
physique du Premier Ministre Patrice Emery Lumumba et ses proches
collaborateurs au profit du Camp de Binza constitué de forces
politiques pro-libérales ayant perdu les élections.
En effet, les prises de positions de Lumumba ont fait craindre un
virage à gauche du nouveau pouvoir, à un moment où les blocs
communistes et capitalistes se disputaient les zones d’influence à
travers le Monde et particulièrement dans le Tiers Monde, dont le
Congo, par ses grandes richesses, constituait un grand enjeu politique
et stratégique en Afrique.
Ce renversement d’un pouvoir démocratiquement élu et l’installation
au pouvoir des forces politiques pro-libérales, ainsi que la
dissolution en 1962 du Parlement à majorité nationaliste ont été
autant d’indications pour générer une crise de légitimité. Ce qui a
donné lieu à la première grande rébellion à travers le Pays en 1962,
laquelle fut cristallisée par la formation d’un gouvernement
nationaliste dirigé par Gizenga à Stanleyville (Kisangani). Le Pouvoir
Central n’en est arrivé à y mettre fin en 1964 que grâce à
l’intervention militaire de l’OTAN.
La fin de la République Populaire du Congo n’a pas vidé la crise de
légitimité du Gouvernement Central de Kinshasa. Celui-ci sera bien
obligé d’élargir son alliance aux anciens leaders sécessionnistes du
Sud Katanga (Moïse Tshombe) et du Sud-Kasai (Albert Kalonji).
A l’issue de longues négociations, un gouvernement de Salut Public
fut formé par le Premier Ministre, qui s’est taille près de 60% de
postes ministériels, au grand dam du camp de Binza de Kasa-Vubu. Les
élections générales seront organisées dans un climat de tensions entre
le nouveau parti CONACO créé par le Premier Ministre Moise Tshombe et
le regroupement des partis politiques du camp de Binza dirigé par le
Président Joseph Kasavubu.
Ce dernier accusa la CONACO de collusion avec l’étranger et protesta
contre le mauvais partage de postes ministériels, auxquels s’est
ajouté le refus du Premier Ministre de céder avant les élections
générales de 1965, le poste du ministère de l’Intérieur à Nendaka, un
proche de Kasa-Vubu.
Les élections législatives organisées en 1965 vont donner la victoire
à une majorité hétéroclite sous le leadership de Moise Tshombe au
détriment du Camp Binza sous le leadership de Joseph Kasa-Vubu . Et à
la prochaine élection présidentielle prévue en juin 1965, il se
profilait la victoire du premier. Dans cette nouvelle configuration
politique, le camp des nationalistes était pratiquement effacé et la
nouvelle épreuve de deux camps politiques en présence n’augurait pas
une sortie de crise de la légitimité des institutions.
En effet, malgré la tenue bien que régulière des élections
législatives de 1965, la personnalité de l’ancien leader
sécessionniste, Monsieur Moïse Tshombé ne rassurait ni le camp Binza
ni le camp de nationalistes mis hors-jeu. Et ce seul fait en soi
entretenait la crise de légitimité même après les élections
législatives jugées trop expéditives (trois mois) et non exhaustives,
parce que nombreuses zones d’insécurité n’y ont pas pris part.
En tout état de cause, la victoire de Tshombe à la prochaine élection
présidentielle de 1965  se profilait à l’horizon, malgré l’incertitude
qui se dessinait aussi bien dans les anciens bastions des mouvements
insurrectionnels contrôlés par les nationalistes à l’Est qu’à l’Ouest
où prédominaient les fiefs de ses plus grands opposants.
Il s’agit notamment de  Kasa-Vubu au Bas-Congo, de Gizenga , Kiwewa
et Kamitatu au Bandundu, de Bomboko, Ileo, Adoula et Anany à
l’Equateur, de Ngbenye, Nendaka, Mozagba  à l’Uele et de Manzikala à
l’Ituri, de Weregemere et Mahamba au Kivu, ainsi que de tout le Nord
Katanga sous contrôle du parti pro-lumumbiste dénommé  Balubakat.
Mais, il y a aussi lieu de noter qu’hormis le Sankuru et le Lomami, la
CONACO s’est trouvée des alliés solides au Kasai Oriental avec les
jeunes Kalonjistes comme Etienne Tshisekedi et Makanda , ainsi qu’au
Kasai Occidental avec d’anciens leaders de Lulua Frères d’obédience
nationaliste comme Lubaya et Ndala.
Pour empêcher l’organisation de l’élection présidentielle où il se
savait déjà perdant, le Président Joseph Kasa-Vubu décida le limogeage
de son premier Ministre Tshombe le 30 juin 1965, à la grande surprise
de ce dernier, qui, selon les accords, devait diriger le Gouvernement
de Transition jusqu’à la fin des élections générales. Ce limogeage
intervint malgré qu’il dispose d’une majorité confortable au Parlement
et plus étonnant encore son remplacement par Monsieur Evariste Kimba,
issu de l’opposition parlementaire.
Et comme la popularité de Tshombe gagnait certains fiefs de l’Ouest
et particulièrement Kinshasa, Matadi, le Président Kasavubu décida le
report de l’élection présidentielle au début de l’année 1966, pour
geler les effets d’entraînement des élections législatives.
Le Président Kasavubu a cru fonder sa légitimité politique au seul
fait d’avoir été un des grands leaders indépendantistes ayant conduit
à la libération du Pays et il devait en tirait valablement sa
légitimité politique. Mais toute légitimité institutionnelle ne peut
s’expliquer que par la validation d’un mandat électif, dont le mode
électoral est déterminé par la Constitution et quels que soient les
mérites et les vertus de tenants du pouvoir.
Ainsi, la volonté de reporter les échéances électorales prévues
constitutionnellement est restée la principale cause de la crise de
légitimité des institutions de la première République.
C’est dans ces entrefaites qu’interviendra le deuxième coup d’Etat de
Mobutu, qui se donnera les moyens de neutraliser les forces politiques
de deux camps, tout en accordant avantage au camp de Binza. Il sera
installé alors une des plus grandes dictatures militaires en Afrique
avec le double objectif de personnalisation et de pérennisation du
pouvoir issu du coup d’Etat.
Ainsi, la crise de légitimité s’est institutionnalisée aux années 70
avec l’imposition du parti unique, le Mouvement Populaire de la
Révolution, ainsi qu’avec la fusion du Parti unique et l’Etat jusqu’à
la première amorce de libéralisation politique aux années 90, après
tant d’échecs économiques et diplomatiques, particulièrement celui
survenu à la suite de la zaïrianisation et de la rétrocession
anarchiques des années 80.
La Conférence Nationale Souveraine convoquée par le pouvoir en 1990
pour trouver solution à la crise de légitimité par la mise en place
d’un nouvel ordre constitutionnel et par l’organisation des élections
générales par un gouvernement de transition a débouché au dédoublement
des institutions gouvernementales et législatives jusqu’en juillet
1994. A cette date, il fut mis en place un Gouvernement de Transition
dirigé par le Premier Ministre Kengo wa Dondo et un Parlement de
Transition sous l’appellation de Haut Conseil de la République
Parlement de la Transition.
La transition de Kengo n’a pas vidé la crise de légitimité, puisque
ses principaux animateurs persistaient à l’idée de rester au pouvoir
en refusant de donner un calendrier électoral après cinq ans de
transition c’est-à-dire depuis la fin du mandat électif en 1990.
Le Président Mobutu trouva l’inspiration de prolonger son mandat par
des modes de scrutin fort controversés allant du vote à mains levées
ou sans urnes, dans l’intention de priver les citoyens de leurs
libertés de choix entre les candidats proposés par le pouvoir suivant
les listes fermées jusqu’au bourrage des urnes accordant 99,9 % du
suffrage au Candidat unique à l’élection présidentielle.
L’instrumentalisation de l’Assemblée a conduit le régime à la
constipation de cette institution capitale à la vie démocratique au
point de polluer toute la scène politique.
Et c’est au sein de cette Institution législative caporalisée  qu’il
lui est venu la première opposition avec la lettre ouverte de l’UDPS
en 1980 réclamant le retour à l’Etat de droit , après autant d’années
de parti unique et parti-Etat, MPR,  malgré les récupérations  et le
débauchage de certains membres de l’UDPS.
Et à la sixième année après le dernier mandat électif, un mouvement
insurrectionnel venu de l’Est, dénommé AFDL et appuyé par tous les
voisins de l’ex-Zaïre (RDC) a vite embrasé le Pays et en moins d’une
année, le régime fut renversé en mai 1997, heureusement sans grande
effusion de sang.
Les leçons tirées de la fin du régime Mobutu ne furent pas bien
assimilée par le régime de l’AFDL, car les mêmes erreurs ayant conduit
à l’illégitimité du régime précédent ont été reproduites à dessein
pour personnaliser et pérenniser le pouvoir.
La première erreur du nouveau régime est d’avoir institué un ordre
constitutionnel par la seule volonté de l’AFDL et sans consultation
préalable de la population et sans participation des formations
politiques ayant existé sur terrain.
La deuxième erreur est corollaire à la première, celle de la mise en
place d’un Parlement de la Transition, sans compétence législative et
sans prérogative d’une Assemblée constituante. Le pouvoir a cru bien
faire que de reléguer ce « machin » à Lubumbashi et totalement à sa
merci.

Prédécesseur de l’AFDL

La présence de Sakombi Inongo, ancien grand thuriféraire de Mobutu
dans le sillage proche de Kabila ne faisait aucun doute sur le
duplicata de la première dictature.
La troisième erreur est celle de l’opacité du processus électoral, en
commençant par celle liée à la publication du Calendrier électoral. Si
c’est le péché mignon des régimes politiques congolais, il a été
démontré que par trois fois leur perte en est passée par là et donc le
péché mignon est celui original de leur dévoiement politique.
La quatrième erreur est celle de confondre la légitimité politique
d’un pouvoir, grâce aux bienfaits accordés à la population et la
légitimité institutionnelle fondée sur la validité du mandat
électoral.
Le Président Laurent Désiré Kabila a confondu comme les deux
précédents régimes, la légitimité politique tirée du renversement de
la longue dictature de Mobutu et la légitimité institutionnelle de son
règne qui exigeait la validation d’un mandat électif par les
élections. De 1997 à 2002, son régime totalise cinq ans de règne, donc
logiquement, les élections générales devaient être organisées.
Et même si l’acte constitutionnel duquel il tire sa légitimité ne
faisait pas allusion à la durée de son mandat, l’entendement du commun
des mortels était qu’il organiserait les élections pour un mandat
électif confirmant la légitimité institutionnelle du régime. En
dépassant ce délai équivalent à un mandat électif de cinq ans et en
refusant de publier le calendrier électoral, le régime s’est inscrit
dans un schéma d’illégitimité et se retrouva dans le registre
d’inconstitutionnalité.
Le Président Joseph Kabila court le même risque de plonger son régime
dans l’illégitimité, malgré le grand mérite d’avoir organisé deux
premiers cycles d’élections démocratiques depuis l’indépendance de la
RDC.
La suite de la crise de légitimité actuelle du régime en place et son
issue heureuse ou malheureuse dépendront de la volonté et la capacité
du pouvoir en place à ne pas confondre la légitimité politique et la
légitimité institutionnelle.
Personne ne peut renier les grandes avancées initiées par le pouvoir
en place dans plusieurs domaines, aussi bien pour les efforts
consentis dans la pacification du Pays, dans la stabilisation
économique bien que précaire que dans l’esquisse des équilibres
diplomatiques pour le maintien de la souveraineté nationale au niveau
régional et international entre les puissances en présence.
Mais l’issue heureuse de la crise actuelle de légitimité ne sera
rassurée que lorsque les prescrits de la Constitution seront respectés
aussi bien en matière de libertés et des droits fondamentaux de
citoyens, qu’en matière de l’alternance démocratique dans les délais
des mandats électifs ou dans les limites acceptées par tous les
acteurs politiques et la population.
Monter un calendrier électoral pour la personnalisation et la
pérennisation du pouvoir ne peut conduire qu’à une issue malheureuse
au profit de forces politiques parfois invisibles sur le terrain
d’épreuves.
En tirant des leçons des expériences passées, on peut noter que le
Président Kasa-Vubu ne pouvait avoir à l’esprit l’aventure d’un coup
d’Etat monté par un de ses favoris et proches collaborateurs, en
l’occurrence son propre Chef d’Etat-Major, qu’il venait de nommer au
grade de Lieutenant Général.
Le Président Mobutu dans sa toute puissance militaire ne pouvait
imaginer être renversé par un maquisard perdu dans les zones
retranchées de Fizi et en perte de vitesse sur le terrain. Il en a
fait les frais.
Le Président Kabila ne pouvait soupçonner que de lugubres assaillants
l’atteignent dans son bunker résidentiel.
Aussi, la faiblesse actuelle de l’opposition politique, la réduction
du potentiel de l’opposition armée, l’usure des populations pour un
éventuel soulèvement de rues et la passivité de la communauté
internationale ne peuvent signifier un empêchement catégorique du
surgissement d’une force occulte insoupçonnée pour plonger le pays
dans des issues non souhaitées par les uns et les autres.
Après la publication du calendrier électoral, qu’on y prenne garde
dans le sens de laisser le jeu démocratique se dérouler normalement
pour ne pas soumettre la République Démocratique du Congo à des aléas
politiques incertains boutiqués dans des officines extérieurs inconnus
par les Congolais. Car pour ces derniers, aucune impasse politique
dans les Pays du Tiers Monde n’est insoluble et quel qu’en soit le
prix à payer.

Par Jean Marie Nkashama Nkoy

Rubrique : Politique
Opposé au calendrier publié par la CENI : Sindika Dokolo lance
l’opération « Trompette de Jéricho »
Initiateur du mouvement citoyen « Congolais débout », Sindika Dokolo
qui s’en remet au respect de la Constitution et de l’Accord de la
saint Sylvestre, vient de rallonger la liste de ceux qui rejettent le
calendrier électoral publié le dimanche 5 novembre dernier par la
Ceni. Pour lui, la Commission électorale nationale indépendante joue
aux manœuvres dilatoires pour octroyer une année de plus à Joseph
Kabila dont le deuxième et dernier mandat légal a pris fin le 19
décembre 2016.

Face à la situation, il appelle les Congolais à la résistance et les
invite à ne plus laisser le temps à une nouvelle dictature de
s’installer en RDC. Pour cela, il leur demande de s’en tenir fermement
à la date du  31 décembre 2017, celle consacrée dans l’Accord de la
Saint Sylvestre que le régime de Kinshasa n’a pas vouou, appliquer.
Voilà pourquoi, dans un message fait en français et en lingala, il
invite le peuple congolais à manifester son opposition à toute
prolongation des institutions en place par des moyens pacifiques et
démocratiques. Pour ce faire, il recommande à ses compatriotes de
procéder tous les samedis dans la nuit par un concert des casseroles,
des sifflets, des klaxons et autres vuvuzelas en vue de signifier au
régime en place que le peuple n’en veut plus. C’est ce qu’il appelle
opération «Trompette de Jéricho», en référence à l’histoire biblique
du peuple juif en route vers la terre promise, en l’occurrence Canaan,
après des années de souffrance endurée en Egypte. Le rêve de Sindika
Dokolo est de lier l’histoire du peuple congolais majoritairement
chrétien à celle du peuple juif.
On rappelle que depuis le lancement en août 2017, à Paris, du
mouvement citoyen « Congolais debout », Sindika Dokolo ne cesse de
multiplier des appels à la résistance au peuple congolais, pour
reconquérir le pouvoir que tente de lui confisquer le régime en place
à Kinshasa qu’il accuse de vouloir instaurer une nouvelle dictature.
Son message va de la désobéissance civile à la mobilisation générale
de toute la population congolaise à l’échéance du 31 décembre 2017,
date prévue pour la tenue d’élections aux termes de l’Accord politique
du 31 décembre 2016.
S’inspirant de durs sacrifices consentis par le peuple hébreux, en
route vers la Terre promise, Sindika Dokolo lance l’opération
«Trompette de Jéricho». Celle-ci consiste à amener tous les Congolais
sur l’ensemble du territoire national, à manifester par des voies
pacifiques leur indignation, leur colère, à travers un grand concert
des casseroles, des klaxons, des applaudissements, sifflets et
vuvuzelas jusqu’à faire tomber les murs de la dictature qui semble à
nouveau s’installer au pays.
« L’heure est grave, très grave », déclare-t-il avant de poursuivre
dans des termes plus tranchants : «Comme nous venons de l’apprendre de
la bouche de Monsieur Nangaa, et comme nous nous en doutions déjà
depuis un bon moment, Monsieur Kabila a décidé de se maintenir par la
force et en violation de la Constitution pour encore une année ».
Face à la situation, la position du mouvement citoyen « Congolais
Debout » se veut claire et nette « Nous n’aurons plus à partir du 31
décembre 2017, les institutions actuelles car elles autont apuisé
toute la légalité supplémentaire que leur avait conféré l’Accord de la
Saint Sylvestre. Et tout logiquement leurs animateurs  ayant  humilié
notre pays, affaibli notre République, détruit notre démocratie, ne
mériteront plus d’être obéis par notre peuple».

Nangaa fait le jeu de
la majorité

Concernant le calendrier électoral publié par la Ceni qu’il rejette à
l’instar d’autres leaders aussi bien membres de l’opposition politique
que de la société civile, il pointe un doigt accusateur à l’endroit du
président de cette institution d’appui à la démocratie Corneille
Nangaa.
Sindika Dokolo est d’avis que le président de la Ceni agit sous la
dictée de la majorité au pouvoir. Il voit, à travers le calendrier
publié le dimanche 5 novembre 2017, une main noire de la majorité au
pouvoir pour rallonger davantage le mandat hors terme du président
Kabila.
Par cette façon d’agir, estime-t-il, Corneille Nangaa minimise la
portée de l’organe qu’il est appelé à animer, dont la mission reste
technique. Il préfère se faire dicter des orientations à prendre en
passant à côté de la plaque. « Pour nous, c’est une question d’un
organe technique».
En outre, il estime qu’en instrumentalisant un organe technique
qu’est la Ceni, la majorité est en train d’amener son Autorité morale
à renier le serment qu’il avait prêté devant le peuple congolais, et
pas Corneille Nangaa qui n’a pas été élu par le peuple.
« Dès lors, nous au niveau de Congolais Debout, toujours dans nos
convictions avec nos valeurs de mener des actions dans le respect de
l’intégrité des biens et des personnes, de manière pacifique, nous
allons participer à toutes les manifestations organisées par les
forces sociales et politiques de résistance, afin que monsieur Kabila
entende la voix de la raison ». Telle est l’option levée après le
constat malheureux selon lequel l’actuel chef de l’Etat ne veut
quitter le pouvoir. « Le problème du Congo, c’est notre avenir »,
soutient-il, tout en excluant entretemps tout recours à la force pour
faire triompher la démocratie.
Il promet ainsi de mener sa lutte pour l’alternance démocratique de
manière pacifique jusqu’au triomphe de la volonté populaire.
La misère dans laquelle croupit la majorité des Congolais vient
renforcer davantage son combat, surtout face au paradoxe d’ « un pays
potentiellement riche, mais le peuple  croupit dans une misère
indescriptible ».
L’initiateur de « Congolais Debout » trouve l’explication à ce
paradoxe dans la mauvaise gestion de la gouvernance du pays par ceux
qui sont aux affaires. « Nous sommes un pays riche, mais nous sommes
dirigés malheureusement par des gens qui n’ont pas pris conscience de
l’importance de leur tâche et nous ont amenés avec tout le pays au
bord du précipice où il se trouve aujourd’hui ».

Au peuple de reprendre ses responsabilités

Après l’analyse, Sindika Dokolo se dit convaincu que seul le peuple
peut sauver le pays. Il croit en la capacité du peuple congolais à
dresser son front pour bâtir un pays plus beau qu’avant, tel
qu’inscrit dans l’hymne national. Ainsi pour Sindika Dokolo : le temps
est donc arrivé pour que le peuple congolais se lève comme un seul
homme pour donner un nouvel élan à ce pays qui se meurt.
Comme on peut le constater, à une cinquantaine de jours de la fin de
l’année 2017, les tensions ne font que monter sur la scène politique.
La fin de l’année promet d’être très mouvementée. Et l’après décembre
2017 s’annonce tout aussi agité.
L’union fait la force, dit un vieil adage. Pour parvenir au résultat,
Sindika Dokolo dit s’associer ou porter son soutien à toutes les
actions des forces sociales et politiques acquises au changement.
Parce que, explicite-t-il, l’opération « Trompette de Jéricho » vise à
éveiller la conscience nationale, en vue d’obtenir l’alternance
démocratique tant souhaitée par le peuple.

Dom