Calendrier électoral : l’ECC et la CIME applaudissent alors que  l’Opposition se montre très critique

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Ceni_1 (1)Mgr Milenge Mwenelwata, vice-président de l’Eglise du Christ au Congo, a animé un point de presse le samedi 14 février au siège de l’ECC à Gombe pour sensibiliser la population autour du calendrier électoral. L’objectif poursuivi  est d’obtenir l’implication de celle-ci dans la mise en œuvre des différentes étapes électorales et de déboucher ainsi sur des élections apaisées, libres, crédibles et transparentes.
Tout en reconnaissant les multiples critiques dont avait fait l’objet le calendrier partiel proposé par la CENI en février 2014, Mgr Milenge a affirmé que le présent document, avec pour point de mire l’installation du président élu dans le délai constitutionnel, ne doit en principe plus susciter des débats, d’autant plus qu’il répond aux attentes de la population. « Ce calendrier global est conforme et en harmonie avec la Constitution de la République. C’est maintenant à notre tour de donner le meilleur de nous-mêmes pour la réussite de ce projet »,  a-t-il lâché.
Il a estimé que ce calendrier mérite le soutien de toute la communauté parce qu’il a également pris en considération  les observations tant de l’opposition politique, de la Majorité présidentielle, des confessions religieuses, de la  société civile ainsi que la communauté internationale.
Cet ouvrage, poursuit-il, est entièrement le produit de l’imagination des congolais, qui l’ont élaboré sans accompagnement de la communauté internationale, comme ce fut le cas en 2011.
Mgr Milenge a  par ailleurs exhorté la presse, en tant que quatrième pouvoir, d’exercer son travail en toute objectivité  afin d’atteindre les résultats escomptés.
En conclusion, le vice-président de l’ECC a rappelé à l’opinion tant nationale qu’internationale que les élections ne sont pas en elles-mêmes, un objectif ultime pour la RDC, mais plutôt un moyen par lequel le peuple congolais parviendra à porter  son dévolu sur ses dirigeants.

« Le gouvernement peut financer les élections »

Concernant la contrainte liée au budget, soulevée par la CENI pour la tenue des élections, Mgr Milenge a estimé que le gouvernement est en mesure de les financer comme c’était le cas en 2011. C’est un problème de volonté politique.
Selui lui, la communauté internationale ne peut  venir en appui que si le gouvernement le lui demande. Déjà, la volonté manifestée par les Etats-Unis est déjà un pas, a-t-il fait savoir.
D’où, il a invité la majorité, l’opposition et la société civile à soutenir les efforts déjà réalisés par la CENI, pour arriver aux élections. Au cas où il y aurait divergence de vues, le vice-président de l’ECC estime que l’unique moyen pacifique d’en sortir n’est que le dialogue et non la violence. «Notre pays continue à souffrir du non respect d’un quelconque cycle électoral. Comme la CENI est dans le bon cette fois-ci avec le calendrier qu’il vient de publier, travaillons ensemble pour que les élections se tiennent  dans le délai  constitutionnel », a-t-il conclu.

La CIME exige le respect des principes établis

Au moment où le vice-président de l’ECC s’exprimait au siège de cette institution, la CIME (Commission d’Intégrité et de Médiation Electorale) dont fait partie l’ECC et qui a connu la défection de l’Eglise catholique qui en assumait la présidence, faisait entendre également sa voix à son siège située dans la commune de Kintambo. C’est le Révérend Elebe Kapalay Delphin qui a parlé en son nom  pour formuler des recommandations pouvant permettre la tenue des élections apaisées en RDC.
Monsieur Elebe Kapalay a ainsi encouragé la Commission Electorale Nationale Indépendance à
multiplier des réunions de concertation et de sensibilisation avec la population en vue de l’appropriation du calendrier électoral global.  Au gouvernement, d’apporter dans le délai les réponses appropriées aux différentes contraintes logistiques et financières dudit calendrier et de renforcer la collaboration avec la CENI pour relever les différents défis.
A la communauté internationale, la CIME a recommandé d’évaluer pour sa part, son apport technique, logistique et financier afin de mieux accompagner les échéances qui s’annoncent. Aux parties prenantes au processus électoral de se préparer pour affronter dans la paix les échéances électorales et à privilégier des échanges francs. Enfin, la CIME a convié à tout le peuple de Dieu de s’investir dans la prière pour que le processus déclenché aboutisse de manière pacifique.
Ces recommandations s’inscrivent dans le cadre de la mission assignée à la CIME. Il s’agit de contribuer à la prévention et la gestion des conflits électoraux non seulement  de manière légitime mais aussi  équitable: de promouvoir la vérité des urnes et l’intégrité des élections ainsi que la culture de recours aux mécanismes juridictionnels ou  non juridictionnels de résolution des conflits électoraux par les parties prenantes. Ceci, en vue de contribuer à l’émergence en République Démocratique du Congo, d’une culture démocratique qui privilégie les élections libres, équitables et transparentes comme la seule voie pour conquérir le pouvoir.
Par ailleurs, il faut signaler que la création de la CIME s’inscrit dans la dynamique d’engagement des confessions religieuses interpellées par diverses évaluations et recommandations relatives au processus électoral en République Démocratique du Congo qui appellent tout Congolais à contribuer à la tenue des élections libres, démocratiques et transparentes.  Car, pour la CIME, en tant que Eglise, elle doit peser de tout son poids pour éviter à la RDC les malheureux incidents vécus après les élections non seulement de 2006 mais aussi de 2011.
Perside Diawaku
& Yves Kadima