Le CALCC indique une voie de sortie de crise : la repentance et le pardon

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1. Réunis à Luanda, les chefs d’Etats de la sous-région des grands lacs, ayant « pris note avec satisfaction des mesures prises jusqu’à présent par le Gouvernement pour renforcer la confiance; ont engagé ce dernier, ainsi que les autres parties prenantes, à prendre de nouvelles mesures en ce sens ».
 
2. Cette recommandation confirme la pertinence de la position de l’Eglise qui, à travers la Conférence épiscopale nationale du Congo, CENCO en sigle, conseille « aux parties de se retrouver dans un cadre à convenir en vue d’aplanir les divergences pour l’intérêt supérieur de la Nation ».
 
3. En effet, après la signature de l’accord politique à la Cité de l’Union africaine, il s’observe que la classe politique est toujours divisée. Au sein de la population, une bonne frange de citoyens ne se sent pas concernée par l’accord de la Cité de l’Union africaine.
 
4.       Etait-ce pour renforcer les frustrations et les divisions au sein de la classe politique et du peuple que le Président de la République avait accédé à l’idée d’organiser le Dialogue ? Est-il possible d’organiser des élections apaisées, libres et transparentes dans un environnement de méfiance renforcée ?
 
5. Le CALCC saisit cette opportunité pour dire haut et fort que le préalable à la tenue des élections apaisées et au respect de la Constitution ne se trouve pas dans un accord politique. Il gît dans la capacité et l’aptitude de reconnaitre ses torts, de prendre l’engagement sincère d’y renoncer. Car, il n’est possible d’appliquer des mesures de confiance que si les acteurs savent et peuvent reconnaitre le tort qu’ils causent à autrui et à la Nation à travers certains de leurs actes. Sans ce préalable d’ordre spirituel et moral, les tensions et les divisions ne feront que croître.
 
6. Devant apporter sa contribution à la mise en œuvre de ce projet d’engager la Nation sur la voie du pardon qui engendre la réconciliation, le CALCC envisage l’organisation dans les tout prochains jours d’une journée de méditation et de réflexion à l’intention des acteurs politiques sur le thème : « le visage de la miséricorde divine en politique ». 
 
7. Nous devons mobiliser les forces de paix pour la repentance, le pardon et la justice en vue de la réconciliation nationale. A travers ce processus, la Nation prendra l’engagement de signer un acte irrévocable interdisant toute vengeance et les poursuites de tous genres à l’endroit du Chef de l’Etat et de tous ceux qui lui sont chers. Cet acte induira la levée des menaces contre les opposants et bien entendu l’engagement du Président de la République de respecter l’interdit constitutionnel d’exercer le pouvoir d’Etat au-delà de la limite prescrite. Car, ainsi parle l’Eternel, « lèves-toi fils d’homme, dis de ma part que le chef de l’Etat n’a pas le droit de tenir la nation en haleine au-delà du 1ernovembre ».
 
Crispin NLANDA
 IBANDA
Président