Caddy Adzuba : « Les violences sexuelles s’urbanisent et se domestiquent aujourd’hui… »

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journaliste-congoJournaliste-reporter de Radio Okapi, Caddy Adzuba, primée au mois d’octobre lauréate du prix “Prince des Asturies de la Concorde”, dans la catégorie «violence faite aux femmes», en Espagne, a été honorée, hier mardi 25 novembre 2014, par l’ambassade de cet État d’Europe à Kinshasa. Elle a indiqué que ce prix représente une reconnaissance de la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes dans l’Est de la RDC ainsi que la lutte contre la pauvreté. « J’appelle la société civile, la communauté internationale, les autorités nationales à prêter main forte à la société civile congolaise dans cette dynamique de la lutte contre les violences sexuelles», a indiqué la journaliste.

Présidente de l’Association des femmes des médias du Sud KIvu (Afem/Sk), elle a parfois au péril de sa vie, dénoncé les violences sexuelles dans la partie orientale du pays et  promu la défense de la dignité, ternie de la Congolaise après des temps forts de guerre. «Notre organisation a été à la Cour pénale internationale pour parler des violences sexuelles et que l’on puisse incriminer ceux qui sont déjà aux arrêts pour des crimes sur les abus sexuels.  Nous avons été au Sénat américain pour parler des violences sexuelles. Ici, nous avons dénoncé la participation des multinationales dans les guerres à répétition en RDC, puis l’Espagne (…). Dans notre travail, nous ne demandons pas une reconnaissance, mais plutôt un changement ».

 

Convaincue que son micro est sa seule arme pour crier chaque fois qu’une femme est violée, la journaliste a interpellé l’assistance sur l’urbanisation et la domestication des violences sexuelles. « Aujourd’hui, nous avons crée cette association pour dire non à tout ce que les femmes vivent injustement avec comme but de dénoncer les violences sexuelles. Car, aujourd’hui, les violences s’urbanisent, se domestiquent et touchent même les enfants de moins d’une année », a-t-elle ajouté, avant de s’appuyer sur son micro. Car, pour elle et ses collaboratrices, le temps de pleurer est réellement révolu.

L’ambassadeur espagnol, Javier Hergueta, lui a, pour sa part, assuré de toute sa disponibilité à l’accompagner. Car, dit-il : « Nous sommes intéressés et voilà pourquoi on a organisé cette rencontre, et je trouve très courageux le travail qu’elle réalise avec son association ».

Présente parmi l’assistance, l’envoyée spéciale du Chef de l’État dans la lutte contre les violences sexuelles, Jeaninne Mabunda, a fait noter que son mandat n’est pas quelque chose de personnel. « C’est un état d’esprit… et je pense que si l’on regarde ce qui s’est passé  du mois d’août jusqu’à la condamnation à Masisi des militaires qui ont  commis des viols sur des mineurs ; dix condamnations à Rutshuru pour des militaires et des policiers, la condamnation du n0 2 à Kananga pour viol sur une jeune fille,… je pense que c’est le résultat que l’on voulait. On nous disait avant que les militaires sont impunis, on préférait se plaindre auprès des Ong internationales,… mais aujourd’hui, la justice congolaise a démontré par sa mobilisation  et son engagement par la suite du message  de protection des femmes qui a été lancé par la nation congolaise, cette administration congolaise, ses acteurs au côté des Ong ont démontré que l’on peut croire qu’il est possible aujourd’hui de protéger la femme congolaise. Les femmes congolaises ne pleureront plus. Elles sont débout,… ».

Tshieke Bukasa

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